Drones

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Drones

Drones (The Drone en version originale) est un film d’horreur sympathique, mettant en scène un couple de jeunes mariés, qui devient la proie d’un tueur en série. Particularité du tueur en série ? Non seulement il est mort, mais son âme a glissé dans un drone, dont il a pris le contrôle.

Objets maléfiques

Les objets hantés sont une thématique à part entière dans le cinéma d’horreur et pour cause : ils appartiennent à un folklore horrifique bien spécifique, qui précède largement le cinéma. On cite souvent les poupées et les planches de OuiJa — ces dernières sont une catégorie à part — mais on recense également des tableaux, des chaises, des miroirs, des chaussures ou des bijoux. Les planches OuiJa sont généralement classées seules, car elles ne sont pas hantées, mais sont un accessoire pour appeler les esprits, si on suit certaines règles.

Si un objet, qu’il ait une représentation humaine ou non, peut être hanté ou possédé par un esprit, il n’y a pas de raison pour qu’un objet technologique ne fasse pas l’objet d’une possession plus ou moins démoniaque. De prime abord, cela ne paraît pas compatible : du code ne peut pas être hanté. Pourtant, ce paradoxe a déjà été montré : on l’a vu dans Friend Request, dans le remake/reboot de Chucky et maintenant, dans Drones.

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C’est moins une possession démoniaque d’un objet technologique qu’une confrontation entre deux entités : le code — rationnel, binaire, parfait — et les esprits qui ne sont pas palpables ou tangibles. Voir le code se rebeller et aller à l’encontre de ce qui lui a été indiqué n’est pas choquant : on l’a vu avec la saga des Terminator. Le soulèvement des machines reste une hypothèse tout à fait crédible pour certaines personnes. Dans Terminator, les machines gagnent et dans Drones, c’est un banal tueur en série. L’histoire ne dit pas si on peut exorciser un drone comme on le ferait avec une poupée.

Harcèlement

Si nous n’en sommes pas encore au stade où la police va devoir enquêter sur un drone possédé par l’âme d’un tueur en série, l’introduction du film semble bien réelle. Le tueur se sert de son drone pour repérer et filmer ses victimes — à leur insu — dans leur intimité. Il utilise les nouvelles technologies pour repérer, harceler et finalement tuer.

Durant les premières minutes du film, on apprend qu’il n’hésitait pas à pirater les ordinateurs des victimes pour en apprendre plus et se servir de ces éléments pour les tuer. Si le trait est légèrement grossi, on ne peut pas occulter le fait que les internautes ne sont pas nécessairement des gens bien intentionnés.

Cela peut paraître réactionnaire, mais en matière de pédagogie sur les usages numériques, rappeler que tout ce qui est publié sur le Web peut être utilisé contre soi n’est pas une mauvaise approche. C’est le reflet exact de la réalité. Les gens ne sont pas gentils, ils ne sont pas armés de bonnes intentions et c’est être naïf que de penser qu’on ne doit pas faire attention.

Crève saleté de machine

Rachel n’est pas une grande fan de la technologie, contrairement à son mari Chris, qui est fou de tout ce qui s’apparente de près ou de loin à un gadget. Si l’héroïne ne lâche pas le désormais célèbre « crève saleté de machine » qu’on avait pu entendre dans la bouche de Katherine Brewster dans Terminator 3, on n’est pas si éloigné que cela de cette confrontation entre la machine et l’homme.

L’autre clin d’œil est évidemment celui fait en direction de Child’s play : l’âme d’un tueur en série, transposé dans un objet inanimé, on l’avait déjà vu sous forme de poupée. On sent que les réalisateurs se sont fait plaisir à multiplier les références à l’une des plus célèbres sagas horrifiques du cinéma.

Comme dans tout bon film d’horreur, on n’échappe aux scènes qui nous font dire « mais pourquoi tu fais ça ? » ou sa variante « pourquoi tu ne fais pas ça ? ». Fondamentalement, un drone, ça reste un machin qui vole : un bon coup de balai dessus, un démontage dans les règles et c’est terminé. Mais on rigolerait beaucoup moins.

Drone n’est pas le film du siècle. Il ne réalise pas une révolution culturelle dans le cinéma d’horreur. Mais il est honnête, bien tourné, drôle et ça se regarde très bien. Si on met de côté quelques scènes gores, il est parfaitement adapté pour les débutants en film d’horreur qui cherchent un petit frisson qui ne serait pas traumatisant. Le film est disponible sur Google Play, YouTube, Rakuten TV, Orange VoD ainsi qu’en DVD.

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