LE SCAN POLITIQUE – Le premier ministre a annoncé mardi des mesures pour répondre à l’objectif, exposé mardi par Emmanuel Macron, de reconstruire en cinq ans la cathédrale, en partie détruite lundi dans un incendie.

Après l’exposé de l’objectif, le détail du dispositif. Mardi, Emmanuel Macron a dévoilé à la télévision son ambition de reconstruire «d’ici cinq années» la cathédrale Notre-Dame-de-Paris, en partie ravagée lundi par un incendie. Mercredi, le premier ministre a annoncé une loi et les mesures pour respecter ce délai, jugé intenable par certains spécialistes du patrimoine. «C’est évidemment un défi immense, une responsabilité historique, le chantier de notre génération, pour les générations qui nous succéderont», a expliqué Édouard Philippe, depuis le palais de l’Élysée, à l’issue d’un conseil des ministres «exclusivement dédié» au sort de la cathédrale. À 16 heures, une deuxième réunion présidée par Emmanuel Macron, pour le «lancement de la reconstruction de Notre-Dame de Paris», a rassemblé à l’Élysée le premier ministre et des personnalités.

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● Un projet de loi pour encadrer les dons

Un projet de loi sera présenté lors du prochain conseil des ministres, mercredi prochain, afin de «donner un cadre légal à la souscription nationale» lancée par Emmanuel Macron et préciser «les garanties de transparence» des dons, a expliqué le premier ministre dans son allocution. La «bonne gestion des dons» sera surveillée par un comité, présidé par le premier président de la Cour des comptes, Didier Migaud, et les présidents des Commissions des Finances et de la Culture de l’Assemblée nationale et du Sénat. «Chaque euro versé pour la reconstruction de Notre-Dame servira à cela, pas à autre chose», a insisté Édouard Philippe, sans avancer le montant du chantier, pas encore évalué. Un «Monsieur reconstruction» – le général Jean-Louis Georgelin, ancien chef d’état-major des Armées -, a par ailleurs été nommé.

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● Une réduction fiscale majorée pour les favoriser

Pour encourager les Français à contribuer à la reconstruction, un régime fiscal spécifique sera appliqué aux dons des particuliers qui donnent jusqu’à 1.000 euros: de 66% aujourd’hui, la réduction fiscale sera portée à 75%. Un don de 100 euros ouvrira ainsi droit à une réduction d’impôt de 75 euros. Au-delà de 1.000 euros, la réduction fiscale reste de 66% pour les particuliers – et de 60% pour les entreprises, quel que soit le montant du don. Le premier ministre assure avoir «opté pour un système incitatif, qui s’adresse au plus grand nombre».

● Un portail pour les centraliser

Sans attendre le vote du projet de loi, un portail – www.rebatirnotredame.gouv.fr – a été mis en place afin de «centraliser les dons». Il fédère quatre établissements et fondations d’utilité publique habilités à les collecter: le Centre des monuments nationaux, la Fondation Notre-Dame, la Fondation du patrimoine et la Fondation de France.

● Un concours international d’architectes pour la flèche de Viollet-le-Duc

Elle s’est effondrée lundi soir sous l’assaut des flammes. La flèche de Notre-Dame, achevée en 1859 par l’architecte Eugène Viollet-le-Duc, devrait être remplacée par une nouvelle flèche. Un concours international d’architectes sera lancé, et «permettra de trancher», a indiqué Édouard Philippe: la flèche sera remplacée soit «à l’identique», soit par «une nouvelle flèche adaptée aux techniques et aux enjeux de notre époque».

● «La vie politique reprendra ses droits, très bientôt»

Emmanuel Macron a reporté son allocution prévue lundi soir, pendant que la cathédrale brûlait, et la campagne des élections européennes est à l’arrêt. Mais «la vie politique reprendra ses droits, très bientôt», a assuré le premier ministre, sans s’exprimer sur les annonces présidentielles post-grand débat national, qui ont déjà largement fuité dans la presse. «L’incendie qui a frappé la cathédrale n’est pas un contretemps. C’est une catastrophe nationale», a insisté Édouard Philippe. «Le président de la République, hier soir à la télévision, a expliqué qu’il s’exprimera le moment venu».