Didier Raoult : à quoi correspond la plainte qui le vise, au juste ? – Linternaute.com

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Didier Raoult : à quoi correspond la plainte qui le vise, au juste ? Le professeur Raoult est accusé par des confrères d’avoir enfreint neuf articles du code de déontologie médicale, dont la promotion d’un médicament dont l’efficacité n’est pas prouvée contre le Covid-19.

[Mis à jour le 3 septembre à 16h30] La Société de pathologie infectieuse de langue française (Spilf) a déposé plainte en juillet, auprès du Conseil départemental de l’Ordre des médecins des Bouches-du-Rhône, à l’encontre du professeur Didier Raoult. Selon Le Figaro qui a révélé cette information – qui date donc de plusieurs semaines -, les médecins plaignants ont signalé neuf articles du code de déontologie médical qui auraient été enfreints, selon eux, par le directeur de l’Institut hopitalo-universitaire (IHU) de Marseille. Ces derniers sont tous détaillés dans un argumentaire de six pages, rédigé par les scientifiques de la Spilf.

L’hydroxychloroquine est au coeur de la plainte

L’un des points essentiels de la plainte concerne l’hydroxychloroquine, vantée comme étant le médicament miracle contre le Covid-19, selon Didier Raoult. Elle est prescrite par le médecin depuis le mois de février. “Le professeur Didier Raoult a délibérément prescrit de l’hydroxychloroquine souvent associée à de l’azithromycine à des patients atteints de Covid-19 sans qu’aucune donnée acquise de la science ne soit clairement établie à ce sujet, et en infraction avec les recommandations des autorités de santé” a précisé la Spilf, composée de plus de 500 spécialistes des maladies infectieuses. Les dangers de ce médicament semblent bien réels, puisque entre janvier et mai, près de 150 cas d’atteinte cardiaque ont été recensés à cause de celui-ci. Sept décès ont aussi été comptabilisés d’après l’Agence du médicament.

Les scientifiques à l’origine de la plainte reprochent au microbiologiste d’avoir avancé que cette médicamentation était efficace contre le coronavirus, et que ses effets étaient sans gravité. Selon le code de déontologie des médecins, il est proscrit de présenter comme “salutaire ou sans danger un remède ou un procédé illusoire ou insuffisamment éprouvé”. L’hydroxychloroquine a justement été testée selon les membres de la Spilf dans un cadre illégal. Il n’y avait par exemple pas d’autorisation venant d’un comité d’éthique pour effectuer des tests. L’Agence de sécurité du médicament mène actuellement l’enquête.

D’autres points ont été soulevés par les scientifiques dans leur argumentaire. Le professeur marseillais s’était exprimé plusieurs fois dans les médias en affirmant que l’épidémie avait atteint son terme. Pourtant, les médecins sont uniquement tenus de communiquer auprès du grand public des “données confirmées”. Ils doivent “faire preuve de prudence”, et avoir le “souci des répercussions de ses propos”. Didier Raoult a aussi indiqué maintes fois que l’hydroxychloroquine permettait une “amélioration spectaculaire” de l’état des patients, avant de se rétracter auprès des députés de la commission d’enquête sur la gestion de l’épidémie. Les membres du Spilf se demandent “si ses prises de position très tranchées (…) n’ont pas contribué à nuire au message de prévention et de santé publique et donc à la protection de la population, en décrédibilisant ces mesures de prévention sur des bases scientifiques infondées”.

Le professeur Raoult encourt des sanctions, vraiment ?

Didier Raoult a aussi irrité les auteurs de la plainte d’une autre manière. Le médiatique directeur de l’IHU de Marseille avait déjà traité de “fous” les médecins qui ne prescrivaient pas son traitement. Il avait par la suite laissé sous-entendre que le personnel soignant avait délibérément laissé mourir des patients atteints du virus. “Ici, à Paris, on comptait les morts, moi je comptais les positifs (…) On n’a pas soigné les gens (…) c’est un choix qui a été fait”, a-t-il déclaré à BFMTV le 25 juin dernier. L’évolution de la plainte est toujours à suivre. Selon nos confrères du Figaro, cette dernière devrait mener, certainement, à une proposition de conciliation entre les deux parties. Si l’issue n’est pas favorable, la chambre disciplinaire régionale se saisira du dossier. Cette procédure s’étale en général sur dix mois. Les sanctions encourues par Didier Raoult vont de l’avertissement à la radiation définitive, scénario pour le moment hautement improbable.

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