Deux policiers blessés par balles dans le Val-d’Oise, leurs armes volées – Le Monde

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Deux policiers en mission de surveillance ont été roués de coups et blessés par balles par des inconnus qui leur ont volé leurs armes, mercredi 7 octobre, dans la soirée, à Herblay (Val-d’Oise).

Membres de la police judiciaire de Cergy-Pontoise, les deux victimes, âgées de 30 et 45 ans, « ont été prises par surprise » alors qu’elles « se trouvaient en surveillance dans une zone industrielle d’Herblay », a précisé le parquet de Pontoise dans un communiqué. Selon des sources proches de l’enquête, trois individus sont recherchés pour cette attaque qui a eu lieu dans une zone commerciale, entre une imprimerie et une entreprise de maintenance.

Une enquête pour « tentative de meurtre sur personne dépositaire de l’autorité publique en bande organisée » a été confiée à la brigade criminelle de la direction régionale de la police judiciaire (DRPJ) de Versailles en collaboration avec la direction centrale de la police judiciaire (DCPJ), rapporte le procureur de Pontoise.

Un policier entre la vie et la mort

Vers 22 h 30, trois personnes sont arrivées aux abords de la voiture des policiers, pensant avoir affaire à « des gens du voyage ». « Ils les ont pris pour des gitans déguisés en flic », selon une source policière. Une fois que les policiers ont décliné leur qualité, présentant même leur carte de service, ils ont été extraits de leur voiture et attaqués.

« Ils ont été sortis de la voiture et roués de coups », a déclaré à l’Agence France-Presse (AFP) Ludovic Collignon, du syndicat de policiers Alliance. Dans la lutte, les agresseurs leur ont dérobé leurs armes de service et ont ouvert le feu sur eux, au moins six fois, détaille le procureur de Pontoise dans un communiqué. Outre les armes, les agresseurs ont également volé une radio de police et un téléphone portable, et dégradé le véhicule de police, selon ces sources.

Le policier le plus gravement atteint, touché par quatre impacts de balles, a été blessé à l’abdomen, à un genou et aux cuisses et souffre d’une fracture du crâne, selon des sources policières. Inconscient, l’homme de 30 ans a été transporté à l’hôpital Beaujon, à Clichy (Hauts-de-Seine). Il se trouve entre la vie et la mort. L’autre, âgé de 45 ans, et atteint par deux balles à la cuisse et à la jambe, a été transporté à l’hôpital de Pontoise. Ses jours ne sont pas en danger.

Les deux policiers ont été « massacrés »

Le ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin, a exprimé jeudi matin son « soutien total à nos deux policiers violemment attaqués cette nuit dans le Val-d’Oise durant leur service ». « Ces actes – des tirs à l’arme à feu sur nos forces de l’ordre – sont d’une violence inouïe. Tout est mis en œuvre pour retrouver leurs auteurs », a-t-il ajouté.

Les deux policiers attaqués ont été « massacrés », avec, « selon toute vraisemblance, la claire intention de tuer », a déclaré, plus tard dans la matinée, M. Darmanin. « Ce sont des actes de grande sauvagerie (…), une sauvagerie qui est devenue quotidienne », a-t-il affirmé devant le commissariat de Cergy-Pontoise auquel étaient rattachés les deux fonctionnaires.

« C’est un drame insupportable. J’espère bien sûr que les coupables seront arrêtés et jugés », a déclaré sur BFM-TV le ministre de la justice, Eric Dupond-Moretti, en adressant son « soutien » aux policiers.

12 853 agents blessés en 2018

Cette agression a suscité de nombreuses condamnations politiques, la présidente de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse, évoquant sur Twitter une « agression ultraviolente qui rappelle à tous ceux qui l’oublient que faire respecter la loi sur le territoire est un engagement au péril de sa vie ! ».

Les Républicains et le Rassemblement national s’en sont pris à Emmanuel Macron et au gouvernement, fustigeant leur « laxisme » face, selon eux, à une violence grandissante.

D’après une étude publiée en novembre 2019 par l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP), la police nationale a recensé 12 853 agents blessés en 2018, en hausse de près de 16 % par rapport à 2017. Plus de 6 000 l’ont été dans le cadre d’une mission de police (+ 16 % par rapport à 2017), soit la plus forte hausse annuelle enregistrée et le niveau le plus élevé depuis 2009.

Dans 11 % des cas (contre 8 % en 2017), les blessures ont été causées par une arme (à feu, blanche ou par destination), c’est-à-dire 666 policiers blessés par arme en mission, contre 418 en 2017, soit une hausse de près de 60 %. Là aussi, il s’agit du niveau le plus élevé depuis 2009.

Le Monde avec AFP

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