Vendredi, à la veille de l’acte XII des gilets jaunes prévu ce samedi, Emmanuel Macron est longuement cité dans Le Point. Et le président ne prend pas de pincettes pour dire ce qu’il pense du mouvement des gilets jaunes et du traitement médiatique qui l’accompagne.

Influence des réseaux sociaux

Selon les propos du président de la République rapportés par Le Point, les médias sont en partie responsables de la résonance du mouvement dans l’opinion française : “Les quotidiens, quels qu’ils soient, ne font plus l’actualité. Ils suivent les chaînes d’information en continu qui, de plus en plus, suivent les réseaux sociaux. Or, vous pouvez manipuler les débats”, déplore-t-il. 

“Ce qui est en train de fixer ça dans la vie politique du pays, c’est le nombre de vues”, ajoute-t-il. “Or, dans l’affaire Benalla comme celle des Gilets jaunes, la fachosphère, la gauchosphère, la russosphère représentent 90 % des mouvements sur Internet.” “Ce mouvement est fabriqué par des groupes qui manipulent, et deux jours après, ça devient un sujet dans la presse quotidienne nationale et dans les hebdos”.

“Pas les mots d’un gitan”

“Il ne faut pas se tromper. On est d’une naïveté extraordinaire”, dit encore le président, pointant une presse qui ne montre pas assez “l’envers du décor de cette crise”. Pour illustrer son propos, Emmanuel Macron prend l’exemple du boxeur Christophe Dettinger, interpellé pour avoir frappé des policiers lors d’un rassemblement des gilets jaunes à Paris. “Le boxeur, la vidéo qu’il fait avant de se rendre, il a été briefé par un avocat d’extrême gauche. Ça se voit ! Le type, il n’a pas les mots d’un Gitan. Il n’a pas les mots d’un boxeur gitan”, assure le président.

En filigrane, Emmanuel Macron pointe du doigt l’influence de la Russie : “Les gens qui sont surinvestis sur les réseaux sont les deux extrêmes. Et après, ce sont des gens qui achètent des comptes, qui trollent. C’est Russia Today, Spoutnik, etc. Regardez, à partir de décembre, les mouvements sur Internet, ce n’est plus BFM qui est en tête, c’est Russia Today”.

“La question, c’est comment on le déconstruit. Comment on rebâtit des tiers de confiance. Il y a un vrai travail sur ce qu’est la presse, sur ce qu’est la fonction politique, sur ce que sont les syndicats, les partis politiques. Il doit y avoir une capacité à rehiérarchiser les paroles”, conclut le président.