Des protections hygiéniques gratuites dans les universités à la prochaine rentrée – Le Monde

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Les protections hygiéniques seront gratuites à la rentrée prochaine pour toutes les étudiantes dans les résidences universitaires des Crous et les services de santé universitaires, a annoncé la ministre de l’enseignement supérieur, Frédérique Vidal, mardi 23 février. Cette décision s’inscrit dans le cadre de la lutte contre la précarité des jeunes.

Dans les prochaines semaines, les résidences des Crous et les services de santé universitaires seront équipés en distributeurs de protections hygiéniques, a affirmé Mme Vidal lors d’une rencontre à Poitiers avec des étudiants. « On vise 1 500 distributeurs et une gratuité complète à la rentrée », a-t-elle ajouté. Ces protections seront « respectueuses de l’environnement », précise le ministère.

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La gratuité des protections périodiques dans l’enseignement supérieur a été décidée à la suite d’un travail de concertation entre la ministre et différents acteurs (parlementaires, organisations étudiantes représentatives, ou encore l’association Règles élémentaires), a précisé Mme Vidal. Selon une étude menée par l’Association fédérative des étudiants de Poitiers et l’Association nationale des étudiants sages-femmes en février, un tiers des étudiantes aurait besoin d’aide pour pouvoir acheter des protections périodiques.

Cette annonce intervient alors que la ministre est apparue fragilisée ces derniers jours, en raison de la polémique suscitée par ses déclarations sur « l’islamo-gauchisme ». Semblant pressée de tourner la page, elle répète depuis que, sa « priorité, c’est la question des étudiants ».

« Précarité menstruelle »

Jusqu’à présent, en France, des initiatives existaient mais restaient souvent locales. Début février, l’Ile-de-France avait ainsi annoncé que les facs et les résidences étudiantes de la région seraient bientôt équipées en distributeurs gratuits de protections périodiques bio.

La « précarité menstruelle » affecte les femmes qui n’ont pas les moyens d’acheter des protections hygiéniques ainsi que des médicaments antidouleur. En novembre 2020, l’Ecosse est devenue la première nation à mettre à disposition des protections périodiques dans tous les bâtiments publics.

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Dans un rapport publié en février 2020, les députées Laëtitia Romeiro Dias (La République en marche) et Bénédicte Taurine (La France insoumise) préconisaient l’installation de distributeurs de protections menstruelles dans certains lieux publics, auxquels les femmes sans domicile pourraient avoir accès grâce à des cartes prépayées. Parmi leurs quarante-sept recommandations figurent aussi des mesures pour lutter contre le manque d’information sur le sujet, notamment dans les collèges, ou par des informations claires de la part des industriels sur l’utilisation de certaines protections et le risque de choc toxique.

Cette mesure s’ajoute à celles déjà prises en faveur des jeunes, durement touchés par la crise sanitaire. En janvier, Emmanuel Macron avait ainsi annoncé la création d’un « chèque psy » pour les étudiants et la mise en place de deux repas par jour à un euro dans les restos universitaires. Mais ces annonces restent « insuffisantes » aux yeux d’organisations comme l’Union nationale des étudiants de France (UNEF), qui réclame un plan d’urgence de 1,5 milliard d’euros, en commençant par une hausse immédiate des bourses et de l’aide personnalisée au logement (APL) et la mise en place d’un filet de Sécurité sociale pour l’ensemble des étudiants.

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#RèglesNonDites, le projet

France, Kenya, Inde, Suède, Corée du Sud, Allemagne ou Burkina Faso. Dans une série de reportages, nous avons voulu montrer comment la précarité menstruelle touche les femmes les plus vulnérables dans le monde.

De quoi parle-t-on, combien de femmes sont concernées, quelles politiques publiques sont mises en place alors que ce sujet est depuis peu inscrit à l’agenda politique en France ?

Les règles restent un sujet dont on parle peu dans la sphère publique. Or, mettre des mots sur un tabou permet de réduire les risques, potentiellement dévastateurs, liés à l’ignorance et aux fantasmes.

Le Monde avec AFP

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