Des “ministres” dans des restaurants clandestins à Paris : ce que l’on sait – Europe 1

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L’affaire a provoqué une vague d’indignation sur les réseaux sociaux durant le week-end avec un mot d’ordre : “on veut les noms”. Vendredi, un reportage de la chaîne M6 tourné en caméra caché montrait des images de dîners parisiens clandestins, lors desquels participants et serveurs ne portaient pas de masques et ne respectaient pas les gestes barrières. Et l’un des organisateurs de ces agapes, le médiatique collectionneur Pierre-Jean Chalençon, y affirmait même avoir déjeuné avec des ministres. Si ce dernier s’est depuis rétracté sur la présence de membres du gouvernement, l’affaire reste prise au sérieux par les autorités, et les séquences diffusées suffisamment éloquentes pour que le procureur de Paris ouvre dimanche une enquête pénale pour “mise en danger de la vie d’autrui” et “travail dissimulé”. 

Deux lieux de réceptions au cœur de l’enquête 

Il suffit de quelques clics sur internet pour reconnaître ces lieux de réceptions clandestines. Tout d’abord, ce qui semble être le club privé ouvert par le chef ami des stars Christophe Leroy, celui où le menu peut atteindre 490 euros. Pour la deuxième salle de réception, on peut reconnaître celle du Palais Vivienne, propriété du médiatique collectionneur Pierre-Jean Chalençon, qui proposait jeudi encore, sur internet, un dîner “champagne et caviar”, concocté par le même chef Christophe Leroy. Dimanche, certaines de ces invitations et menus en ligne ont subitement disparu, mais des captures d’écran ont déjà été maintes fois reprises par des internautes. 

L’enquête devrait donc se concentrer dans un premier temps sur ces deux endroits, où des repas ont été servis en toute illégalité. Quant aux ministres qui déjeuneraient dans des restaurants clandestins, Pierre-Jean Chalençon, qui l’avait affirmé à M6, pourrait aussi être amené à s’expliquer là-dessus devant les enquêteurs.

L’accusateur des ministres se renie et plaide l’humour

Mais dimanche soir, Pierre-Jean Chalençon a fait machine arrière concernant la présence de ministres. Son avocat a assuré dans la soirée que son client faisait seulement de l'”humour”. “Pierre-Jean Chalençon, grand collectionneur des objets de Napoléon, a toujours apprécié faire de l’humour (…). C’est ainsi que quand celui-ci précise qu’il dîne avec des ministres dans des restaurants clandestins, il manie avec brio le sens de l’absurde…”, a déclaré Me Jean-Luc Chetboun, dans un communiqué à l’AFP.

Dans l’entretien diffusé fin février, Chalençon évoquait ses “amis au gouvernement”, et notamment le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal en assurant: il “doit venir dîner prochainement”. “Gabriel Attal a découvert cet extrait ce soir sur Twitter avec beaucoup d’étonnement. Il ne connaît pas Monsieur Chalençon et n’a évidemment jamais participé à un quelconque dîner ou soirée (…) Il attache la plus grande importance à l’exemplarité des membres du gouvernement dans cette période”, a indiqué l’entourage du porte-parole à l’AFP

Que dit le gouvernement ?

Sans surprise, dimanche, les ministres n’ont pas pu échapper aux questions sur le sujet. Invitée du Grand rendez-vous Europe1/Les Echos/Cnews, la ministre déléguée à la citoyenneté Marlène Schiappa a estimé que “si des ministres ou des députés” ont bien eu leur couvert lors de tels dîners, “il faut qu’ils aient des amendes et qu’ils soient pénalisés comme n’importe quel citoyen”. Plus tard, sur Twitter, elle a approuvé une internaute qui estimait que si c’était avéré, les ministres devaient “dégager fissa” du gouvernement : “Ça va de soi. Avec une amende”, a tweeté la ministre.

Lors du Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro, le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, avait quant à lui assuré que “tous les ministres, sans exception, respectent la règle”. En visite d’un centre de vaccination à Marcq-en-Baroeul, dans le Nord, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a quant à lui précisé que “soit (ces faits) sont faux et il ne faut pas jeter l’opprobre évidemment, soit ils sont vrais et évidemment (…) les personnes doivent pouvoir être poursuivies et, j’imagine, condamnées pour avoir organisé de telles soirées.”

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