Des milliers de policiers ont manifesté pour appeler à « protéger ceux qui protègent la République » – Le Monde

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Combien étaient-ils, face à la tribune où leurs responsables syndicaux ont successivement pris la parole ? « Plus de 35 000 » comme l’a annoncé un présentateur survolté ?

Qu’importe, au fond. Les principaux syndicats policiers ont réussi leur pari : démontrer leur capacité à mobiliser en un lieu symbolique, à deux pas de l’Assemblée nationale, où une masse compacte hérissée de drapeaux aux couleurs des syndicats a écouté, mercredi après-midi 19 mai, les orateurs dénoncer « l’impunité systématique » supposée des délinquants et appeler « à changer de système, de paradigme » pour « protéger ceux qui protègent la République ».

Un rassemblement chronométré – une heure, pas une minute de plus – et dûment scénographié : écrans géants diffusant des clips vidéo ou l’interview d’un policier grièvement blessé par balle à Herblay (Val-d’Oise) en septembre 2020, brefs passages du comédien et chanteur Gérard Lanvin ou de l’ancien rugbyman, désormais animateur radio, Vincent Moscato, et jusqu’à La Marseillaise finale, entonnée par une jeune soprano, reprise en chœur par la foule.

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Dans l’assistance, peu de citoyens lambda, comme l’avaient espéré les syndicats, mais une photographie nette de la sociologie policière : un public majoritairement jeune, aux origines diverses, volontiers masculin et vêtu de cette manière si singulière qui rend le policier en civil presque aussi reconnaissable qu’un CRS en tenue de campagne – jeans ou pantalons de treillis, fortes chaussures, sweat-shirt à capuche et blouson de cuir ou veste kaki.

Oscillant entre le recueillement – à l’évocation des fonctionnaires morts ou blessés – et le tumulte – sitôt qu’était prononcé le mot « délinquant » –, l’assistance a stoïquement enduré, pendant soixante minutes, les caprices d’une météo versatile, tandis que se succédaient les hommages et les déclarations.

L’émotion a atteint son paroxysme lorsque est apparu, sur l’écran géant, le visage tuméfié de « Jean-Paul », un policier gravement blessé à la tête la semaine passée à Rive-de-Gier (Loire), adressant un message à ses collègues depuis son lit d’hôpital : « La peur doit changer de camp. Si rien n’est fait, demain, ce sera un autre policier, puis encore un autre. »

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Quelques minutes plus tard, « Vincent », jeune policier en poste en Seine-Saint-Denis, a expliqué depuis la tribune comment il avait été blessé de plusieurs coups de couteau. Après « deux mois en chaise roulante », consigné à domicile, il s’indigne « que l’on soit obligé de faire cinquante rappels à la loi à un délinquant, une fois devrait suffire. »

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