Des masques transparents distribués dans les “prochains jours” à certains professeurs – Le HuffPost

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ÉDUCATION – Une rentrée masquée, mais transparente pour certains professeurs. Invité sur France Inter ce jeudi 27 août, Jean-Michel Blanquer a affirmé que certains enseignants recevront “au cours des prochains jours” des masques transparents.

Interrogé par un professeur de grande section et CP sur la difficulté d’inculquer certains apprentissages le visage masqué, le ministre de l’Éducation a répondu que “la parade, c’est que nous allons distribuer pour les professeurs, au cours des prochains jours, quand c’est nécessaire, et c’est vrai aussi par exemple pour les professeurs qui ont en charge des enfants malentendants, des masques transparents qui permettent de voir le mouvement de la bouche”.

Outil du professeur

L’enseignant ayant questionné le ministre s’interrogeait particulièrement sur la découverte de certains sons grâce à la bouche. La problématique du masque se posera aussi, certainement, pour l’enseignement des langues, mais aussi pour les enfants malentendants “qui ont besoin de lire sur les lèvres”, a noté Jean-Michel Blanquer.

“Pas tous, mais certains professeurs”, ainsi que “ceux qui ont en charge des classes Ulis”, devraient ainsi recevoir dans les jours qui viennent des masques plus appropriés à l’apprentissage.

Quoi qu’il en soit, enseigner avec un masque va relever du véritable challenge pour les professeurs. “Le visage d’un enseignant, avec leur corps, est un outil extrêmement important. Avec le masque, ils en sont privés, c’est comme enlever sa truelle au maçon”, affirme Françoise Lantheaume, sociologue et professeure des universités en sciences de l’éducation, contactée par Le HuffPost. “Les outils de travail des enseignants sont multiples. Ce sont des ressources intellectuelles comme les savoirs; matérielles, comme les tableaux, feutres, cahiers. Mais ils ont aussi leur voix, leur regard, et toutes les expressions faciales”, poursuit-elle.

Efforts pour articuler

Les enseignants qui ont déjà pu expérimenter le port du masque avant les vacances d’été témoignaient déjà de certaines difficultés.

“On doit faire des efforts, parler un peu plus fort pour bien articuler et être compris des enfants. Ils me disent qu’ils comprennent bien, mais un matin par exemple, un élève n’avait pas du tout compris la dictée”, relevait par exemple Sandrine, enseignante en CE2 à Tourcoing, contactée par Le HuffPost. Même son de cloche pour Anne, qui enseigne les SVT au collège à Toulouse et tient le blog “Je ne suis pas une super maman”. Le masque rend la communication plus difficile. Cela m’oblige à parler plus fort et plus lentement, à articuler davantage pour être bien comprise”, explique-t-elle au HuffPost.

Pour Katia, qui enseigne en maternelle, toutes sections mélangées, à l’école de Pujet-Théniers, dans l’arrière-pays niçois, le port du masque est supportable en classe sauf lors de deux moments bien précis: “la lecture d’une histoire” et les “travaux de phonologie”. Dans le premier cas, le masque entraîne un essoufflement, dans le deuxième, il est un frein à la bonne écoute des sons et empêche la lecture labiale.

Le masque transparent résoudra peut-être certains problèmes. Comme leurs professeurs, les élèves devront eux aussi porter obligatoirement le masque, dès l’âge de 11 ans, et y compris dans la cour de récréation.

À voir également sur Le HuffPost: Le masque obligatoire pour les élèves ne sera pas fourni par l’État

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