Deliveroo a raté son entrée en bourse, à cause du statut de ses livreurs

Spread the love
  • Yum

Le spécialiste des livraisons de repas britannique peut dire adieu à la réussite fantasmée de son concurrent DoorDash. En bourse, son introduction ne s’est pas passée de la même manière que la société américaine. Deliveroo décrochait de plus de 26 % à la clôture de sa première séance, à Londres.

Dès les premières minutes, la société plongeait de plus de 30 %. Le précédent prix fixé à 3,90 £ l’action plongeait alors à 2,7 £. Au lieu des 10 milliards de dollars de valorisation réévaluée le 21 mars, Deliveroo en perdait 2,7 milliards $ aujourd’hui. L’action a clôturé à 2,87 pounds.

Sous le symbole ROO, le nouveau titre n’a pas été suivi comme attendu. De nombreux investisseurs ont parlé ces derniers jours en évoquant qu’ils ne comptaient pas investir dans la société. En premier plan : le statut des travailleurs (les livreurs) serait la raison principale des doutes.

Or, Deliveroo, jusqu’au 7 avril prochain, ne donne l’accès aux négociations de son titre ROO qu’aux investisseurs institutionnels, ce qui ne l’aidera pas à s’en sortir avant une bonne semaine. Il s’agit d’une procédure rare en bourse, alors que Deliveroo proposait en revanche à ses clients d’investir en pré-IPO pour soutenir l’entreprise avant son introduction boursière.

Deliveroo IPO bourse

Première séance difficile pour Deliveroo en bourse. À Londres, le titre perdait 26 % ce mercredi © CNBC

Le doute sur le statut des livreurs

Les débuts de Deliveroo sur le marché des capitaux rappellent ceux d’Uber. Sur un marché encore instable, aux entreprises qui n’ont pas encore atteint la rentabilité (Deliveroo perdait 311 millions $ en 2020) et à la forte concurrence, difficile de prétendre être un bon dossier.

Pourtant, Deliveroo comme Uber Eats et DoorDash ont eu de quoi profiter de la situation sanitaire pour s’organiser à grande échelle et pas uniquement en travaillant avec les restaurants. Les livraisons de produits de supermarchés et des offres d’abonnements ont vu le jour en conséquence des différents confinements mis en place à travers le monde.

Mais la principale crainte réside encore au sujet du statut des livreurs. En Angleterre comme dans la plupart des pays européens où des services de livraison de repas sont déployés, le même récit : des tensions entre les entreprises et leurs livreurs, et des politiques cherchant à trouver un moyen d’entente ou de pression.

En Espagne, les livreurs à vélo n’ont jamais été aussi proches d’obtenir un statut de salarié. Début mars, un accord entre le gouvernement et les partenaires sociaux a entraîné le vote pour une modification du statut ; vers le versement d’un salaire et des avantages sociaux. En attendant la réponse de chaque entreprise, les livreurs sont sous « présomption de salariat ».

Leave a Reply

%d bloggers like this: