Délinquance, émeutes, agressions en série : Emmanuel Macron rattrapé par l’insécurité – Le Parisien

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Communication sur la gestion de la crise sanitaire cette semaine, présentation du plan de relance économique dans les prochains jours, l’exécutif ne ménage pas ses efforts pour afficher son volontarisme. Sur tous les fronts… ou presque. Car un autre sujet est en passe de perturber les plans d’Emmanuel Macron et de Jean Castex, celui de l’insécurité qui est revenue sur les devants de l’actualité au gré de faits divers particulièrement tragiques.

« On aurait tort de reléguer cette question au second rang. Notre société vit en ce moment une époque d’une violence inouïe, ne donnons pas le sentiment d’être naïf devant cet enjeu. Sinon, tout pétera. Et on nous reprochera d’en être comptables », s’inquiète un poids lourd de la majorité.

Gérald Darmanin raillé pour ses nombreux déplacements

Début août, c’est un père de famille de 44 ans qui était sauvagement agressé dans une laverie de Seine-Saint-Denis alors qu’il venait de demander à un client de porter le masque. Quelques semaines plutôt, le 10 juillet, c’est un chauffeur de bus qui décédait à Bayonne, tabassé par deux individus bien connus des services de police. Mardi soir encore, c’est un chauffeur RATP qui se faisait tirer les cheveux par-derrière et tombait au sol, avant de recevoir un coup de pied.

Et que dire des agressions sur les maires qui se sont multipliées cet été! Sans parler des scènes de violence qui ont émaillé la fin des deux derniers matchs du PSG et particulièrement choqué l’opinion. « Dire qu’il y a un mois, tout le monde disait que Darmanin en faisait trop quand il parlait d’ensauvagement de la société … » renvoie un député LREM.

Pour l’opposition, le responsable est quand même tout trouvé : Emmanuel Macron, accusé de « laxisme » et « d’impuissance » par ses adversaires. Même d’avoir « un problème avec l’autorité », tance régulièrement la patronne du RN Marine Le Pen. « La sécurité restera l’immense faillite du quinquennat d’Emmanuel Macron », a chargé Xavier Bertrand jeudi dans le Figaro. Dans le viseur également, le nouveau ministre de l’Intérieur, raillé pour la multiplication de ses déplacements, ses coups de mentons et ses déclarations parfois martiales qui ne sont pas sans rappeler celles d’un certain Nicolas Sarkozy.

Mais aussi le garde des Sceaux Éric Dupond-Moretti, très attendu sur la question de l’exécution des peines et du suivi judiciaire. Au sein de l’exécutif, beaucoup pensent que c’est sur ce dernier point que le bât blesse : « L’ordre républicain, ça dépasse la question des moyens donnés à la police. C’est aussi une question de justice. Si les peines ne sont pas exécutées, on affaiblit la place de l’autorité dans le pays », confie le porte-parole Gabriel Attal.

Interrogé sur France Inter mercredi matin, Jean Castex a admis que le service public de la justice fonctionnait « insuffisamment bien », après des mois de juillet et août « pas satisfaisants » en matière de sécurité. Puis dans la foulée, en Conseil des ministres, le chef de l’Etat a mis les pieds dans le plat. D’abord en annonçant que le prochain séminaire gouvernemental, programmé le 9 septembre, portera notamment sur les questions de « l’ordre républicain, de la sécurité et de la justice ». « L’ordre républicain, ce n’est pas qu’un sujet du ministre de l’Intérieur, c’est une continuité de l’école à la justice », a-t-il aussi précisé, manière de mettre l’ensemble de son gouvernement sous pression.

« Des mesures très concrètes » bientôt dévoilées

« Ça fait six semaines que je suis dans ce ministère. Je suis tous les jours au côté des policiers et des gendarmes, car mon bureau c’est le terrain et ma mission la sécurité du quotidien », répond au Parisien le ministre de l’Intérieur face aux critiques qu’il trouve « totalement injustes à l’égard du président » : « La première partie du quinquennat a été très largement consacrée à la lutte contre le terrorisme. Je touche du bois, mais nous n’avons pas eu d’attentats d’ampleur depuis qu’il a été élu. C’est grâce, en partie, à la mise en place de 1900 personnes supplémentaires au renseignement intérieur », rappelle-t-il.

Un conseiller de Beauvau de revenir aussi sur les incidents à Paris survenus en marge de la défaite du PSG dimanche soir : « Nous avons quand même procédé à 150 interpellations, c’est un chiffre totalement historique pour une manifestation pareille. Plus de 400 procès-verbaux ont aussi été dressés pour non-port du masque. Cela veut dire que les policiers ont fait leur boulot, ils n’ont pas reculé. Même si quatre magasins vandalisés et une dizaine de voitures brûlées, c’est encore de trop. » À l’occasion du prochain séminaire gouvernemental, Darmanin devrait ainsi dévoiler sa feuille de route pour les prochains mois, avec des mesures « très concrètes », promet-on. A suivre.

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