Deepomatic accompagne l’essor du technicien augmenté des Télécoms

Spread the love
  • Yum

Deepomatic accompagne l'essor du technicien augmenté des Télécoms

Les techniciens de terrain sont souvent les plus éloignés du numérique. Et pour cause, leurs tâches ne s’exécutent ni derrière un ordinateur ni à distance. Deepomatic a choisi de s’adresser à ce marché pour aller plus loin dans le concept du travailleur augmenté.

Six ans en arrière, la start-up française se lançait sur le terrain de la reconnaissance d’image et de l’IA. Dès le départ, Deepomatic s’est placé sur ce segment audacieux pour « démocratiser la reconnaissance d’image auprès des fonctions métier de l’entreprise » a expliqué Augustin Marty, CEO de Deepomatic, à ZDNet. L’ingénieur de formation y voit là une opportunité business pour permettre aux opérationnels, et en particulier dans l’univers des télécommunications, de manipuler des technologies qui favorisent leur efficacité sur le terrain.

Deepomatic met sa plateforme d’IA au service des interventions terrain de trois acteurs majeurs des Télécoms, Bouygues Telecom, Sogetrel, et plus récemment, Swisscom, avec qui la firme a finalisé un accord pluriannuel pour équiper les 1 200 techniciens de l’opérateur suisse de sa solution digitale intelligente.

publicité

Un dialogue s’installe entre l’opérateur et l’IA

Le but poursuivi est de les aider à réaliser un autocontrôle en temps réel des raccordements de fibre optique. En même temps que l’Etat soutient les opérateurs dans le déploiement à grande échelle de la fibre optique dans les logements, les acteurs des télécoms sont soumis à une cadence plus intense, susceptible d’entraîner des risques d’erreurs. « Tous les techniciens qui accèdent à cet outil prennent en photo leur travail à des étapes clés. L’ordinateur les avertit quand ils font des erreurs en temps réel » détaille Augustin Marty.

Parfois la routine ou le manque d’expérience des opérateurs génèrent des erreurs qui rendent l’intervention non conforme et obligent les techniciens à revenir. Or, « il y a toute une génération de techniciens âgés entre 20 et 30 ans qui ne veulent pas perdre la face devant le consommateur final » observe le PDG.

Face à un travail répétitif et technique, le manque de main-d’oeuvre et le turn-over ne sont pas négligeables, ajoute-t-il. « Les techniciens font face à des situations où ils sont démunis », et rencontrent fréquemment des problèmes de qualité ou des erreurs techniques qui font perdre du temps (comme l’inversement de câbles…). Parfois, il arrive aussi que l’IA se trompe et donne de fausses alertes. Le technicien a alors la possibilité de signaler l’erreur sur la plateforme. Et de là, « un dialogue s’installe entre l’IA et le technicien qui paramètre le logiciel ».

Augustin Marty insiste sur la notion de désirabilité. « Ce n’est pas un outil de flicage ! » lance-t-il.

Agréger des informations en temps réel

Si les techniciens sont les premiers à tirer parti des alertes envoyées par l’IA, ils ne sont pas les seuls. La direction opérationnelle profite de la « visibilité » offerte par l’outil qui « agrège des informations en temps réel », pour déterminer « avec quel fournisseur, quel sous-traitant elle a plus de difficulté » cite en exemple le co-fondateur de Deepomatic.

La start-up mise sur le sur-mesure, un « élément clé de différenciation » note Augustin Marty. « La clé du succès pour nous, c’est de donner la main aux opérationnels, afin de leur permettre de déployer la solution sur de nouveau cas d’application. On a conçu la solution pour qu’elle soit utilisée par les opérationnels métiers » explique ce dernier.

Un avenir se dessine par ailleurs pour de nouveaux métiers, tels que les AI managers, qui peuvent être amenés à utiliser la plateforme à des fins prédictives. « Si l’outil est capable de reconnaître deux tiers des défauts du raccordement de fibre à la maison, l’AI manager peut par exemple tenter de voir quels points de contrôle pourraient être réalisés pour augmenter le taux de reconnaissance des défauts signalés », détaille Augustin Marty. Au fond, l’amélioration du service client est toujours dans le viseur.

Aujourd’hui, le nombre d’interventions contrôlées par la plateforme est estimé à « 150 000 par mois », et concerne « environ 8 000 utilisateurs ». Ces bonnes performances, le CEO de Deepomatic les justifie aussi avec des temps d’implémentation raccourcis : « Une fois que l’on a récupéré les images, cela prend désormais quatre semaines pour faire monter en compétence une IA ». Ce temps préparatoire n’est donc « plus le goulot d’étranglement des projets » considère le professionnel.

Des débouchées européennes

La percée dans l’univers des télécommunications représente aujourd’hui le gros du travail de la start-up, et concentre « 70% des efforts commerciaux et produits ». Deepomatic ne perd pas des yeux les métiers de “première ligne”, même s’il a choisi de s’adresser en priorité aux acteurs des télécoms pour des raisons stratégiques. « C’est assez difficile de tout adresser, mais plus simple de se spécialiser » reconnaît Augustin Marty.

Considérant que le périmètre du contrat avec Bouygues Telecom s’est considérablement élargi, le CEO de Deepomatic voit sans commune mesure les atouts de la plateforme : « Près de 80% des problèmes sur la qualité vient du contrôle. Avant, BT contrôlait à la maison sur un échantillonnage des interventions. Cette opération était faite a posteriori, quand le mal était fait ».

Après le premier contrat signé avec Swisscom, la start-up entend poursuivre son ouverture sur le marché européen. Les chiffres pour 2020 sont « très bons » confie Augustin Marty, qui précise que le chiffre d’affaires de l’entreprise qui emploie 35 personnes se compte aujourd’hui en millions d’euros. « Les revenus générés par les produits ont multiplié par trois cette année ». Deepomatic se veut précurseur sur la transformation des métiers par l’IA. « On voulait faire partie de cette révolution, faire partie des pionniers ! » Après avoir coché la case technologie, « le vrai boulot est de masquer la complexité pour la rendre accessible aux professionnels » estime-t-il.

Leave a Reply

%d bloggers like this: