De nouveaux sous-marins lanceurs d’engins en 2035 pour la Marine Nationale – Le Figaro

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Florence Parly annonce le lancement de ce programme crucial pour la sécurité de la France vendredi matin. Naval Group et Technic Atom en assureront la maîtrise d’œuvre.

Après trois ans d’études amont, la France engage le renouvellement de sa flotte de Sous-marins lanceurs d’engins de 3ème génération (SNLE 3G) à propulsion nucléaire. Florence Parly donne le coup d’envoi du programme, en confiant un premier contrat de conception d’une durée de cinq ans à Naval Group et à Technic Atom, co-maîtres d’œuvre des bateaux. L’annonce est faite lors d’un déplacement de la ministre des Armées au centre d’essais «techniques et hydrodynamique» de la Direction générale de l’armement (DGA), maître d’ouvrage des SNLE 3G, au Val-de-Reuil.

Soixante ans après la mise en place de la Force de dissuasion nucléaire en février 1960, voulue par le Général de Gaulle, et 53 ans après la mise en service du premier SNLE français, de la classe des Redoutable, en 1967, la France pérennise, avec ce programme, la composante océanique de la force de dissuasion nucléaire.

L’assurance vie de la France

Après les 6 SNLE de la classe des Redoutable et les 4 SNLE de la classe des Triomphant, 4 SNLE 3G prendront le relais à partir de 2035, en sillonnant les mers et les océans en toute discrétion afin de garantir la capacité de frappe en second – en clair en cas d’attaque – de la France, sur ordre du président de la République. «Le SNLE, c’est l’assurance-vie de la France», résume-t-on au cabinet de Florence Parly.

D’ici à 2023, et avant le lancement de la phase de conception définitive, Naval Group procédera à la première découpe de tôle du tout premier exemplaire du SNLE 3G. Puis s’enclenchera la phase d’intégration de plus d’un million de composants, équipements et systèmes et de pose de centaines de KMS de câbles au cœur des bateaux, qui «sont les objets technologiques les plus complexes au monde», souligne le ministère des Armées.

16 missiles balistiques à bord

Ces SNLE 3G d’une discrétion absolue, dotés des technologies de communication et de détection aux plus hauts standards et d’une autonomie améliorée, par rapport aux bateaux actuels, seront en service pour un demi-siècle, jusqu’en 2090. Plus longs – 140 mètres, soit 12 de plus que les Triomphant – et plus imposants – 15 000 tonnes en plongée – que les SNLE 2G, ils embarqueront une centaine de marins, y compris du personnel féminin. Et ils seront conçus pour emporter 16 missiles balistiques, des M-51 qui seront améliorés au fil des années.

Pendant les cinq prochaines années, Naval Group et Technic Atom se concentreront sur «l’affinage des spécifications techniques des SNLE 3G». À l’issue de cette phase, «nous aurons une vision plus claire du coût global du programme», précise l’hôtel de Brienne. Ce coût est toutefois «classifié», ajoute-t-on de même source. La France consacre en moyenne 12,5% de son budget d’investissement militaire (équipements, soutien et masse salariale) à la dissuasion.

3000 personnes engagées sur le programme

Pour Naval Group s’ouvre un chantier hors norme. Le leader européen du naval militaire construira un SNLE 3G tous les cinq ans, une cadence qui permet d’atténuer les risques technologiques et de préserver les compétences jusqu’au lancement de leurs successeurs. Pour construire ces quatre sous-marins, 8 sites de Naval Group seront mobilisés ainsi que 200 entreprises partenaires répartis sur tout le territoire. «Plus de 15 millions d’heures de travail sont nécessaires pour concevoir le SNLE 3G et plus de 20 millions pour construire un exemplaire, soit 3 000 personnes engagées à plein temps», précise Naval Group.

En attendant, reste encore à leur trouver un nom de guerre. Les marins français y réfléchissent déjà…

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