Cyberattaques : “Les hôpitaux doivent faire partie des cibles protégées au premier niveau”, plaide la Fédérati – franceinfo

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Les hôpitaux de Dax et de Villefranche ont été visés par des cyberattaques qui ont paralysé les ordinateurs et la téléphonie. Seul le standard des urgences a continué à fonctionner. “Les hôpitaux doivent faire partie des cibles protégées au premier niveau”, affirme mardi 16 février sur franceinfo Frédéric Valletoux, président de la Fédération hospitalière de France.

franceinfo : Avez-vous des informations sur l’origine de ces attaques ?

Frédéric Valletoux : Non, ce sont des attaques dont on ne connaît pas l’origine. Parfois elles sont assorties, c’est le cas à Dax, de demande de rançon pour débloquer les systèmes. C’est loin d’être la première fois que des hôpitaux ou autres institutions sont attaqués de cette manière. Mais depuis 18 mois, ça s’est accéléré avec l’épidémie, on voit qu’il y a une multiplication de ce type d’attaque contre les hôpitaux.

Pourquoi les hôpitaux ?

On doit estimer que ce sont des proies faciles, qu’ils ont la tête ailleurs, qu’ils sont mobilisés par l’épidémie, la prise en charge des patients, par une activité débordante et que peut-être que l’attention diminue quant aux précautions à avoir en matière de sécurité informatique. Il y en avait eu une spectaculaire fin 2019 au CHU de Rouen.

Que cherchent les personnes qui lancent ces attaques ?

Ce sont des sommes en dizaines de milliers d’euros, parfois en centaines de milliers d’euros qui sont demandées, mais c’est surtout de la perturbation pour les hôpitaux de manière très claire.Il faudrait regarder attaque par attaque jusqu’où on bloque les fichiers. Ce qu’on constate cette année c’est une multiplication des cyberattaques à vocation de malveillance ou de demande de rançon.

Quelles sont les conséquences sur l’hôpital ?

Aujourd’hui tout est numérisé, les échanges d’informations d’un service à l’autre sont numérisés, les examens passent par l’informatique. Donc l’arrêt des serveurs conduit à une paralysie, à une difficulté de prise en charge, à une déprogrammation, parfois à des transferts de patients dans des hôpitaux proches parce qu’il y a des choses que vous ne pouvez plus faire. On est à une époque où le recours aux technologies, au numérique, sert aussi en chirurgie, dans le suivi des patients, les analyses et les actes eux-mêmes. Là, ce sont les systèmes médicaux qui sont bloqués. À Dax, cela fait une semaine que c’est arrivé et l’hôpital n’est toujours pas sorti de cette attaque.

Comment faire pour s’en sortir ?

La solution c’est d’être vigilant, de mieux se protéger, de développer des systèmes qui soient les plus efficaces. Mais on sait qu’à ce jeu-là, c’est le jeu du chat et de la souris. On se protège et puis les hackers, depuis l’étranger la plupart du temps, on un temps d’avance. Il y a des recommandations nationales qui sont données par l’Agence nationale de sécurité des systèmes informatiques. Les hôpitaux doivent faire partie des cibles protégées au premier niveau, c’est une demande que l’on fait déjà depuis un moment au gouvernement. Ils doivent nécessiter de protections supplémentaires et d’un accompagnement supplémentaire.

Une circulaire du ministère de la Santé demande aux hôpitaux de se remobiliser d’ici jeudi en prévision d’une nouvelle vague de l’épidémie. Qu’en pensez-vous ?

Comme si les hôpitaux avaient baissé la garde depuis un an, comme s’ils s’étaient démobilisés avec 26 000 patients qui ont des Covid compliqués. Non, l’hôpital reste mobilisé, il n’a pas du tout baissé de niveau d’attention depuis maintenant près d’un an. Cette circulaire anticipe sans doute l’impact des variants sur la pression hospitalière qui sont de plus en plus présents sur notre territoire. On sait qu’ils vont mécaniquement envoyer plus de monde à l’hôpital parce qu’ils vont toucher plus de Français. On s’attend à avoir un afflux de patients dans les prochaines semaines.

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