l’essentiel
Les enregistrements des conversations entre les contrôleurs aériens et le commandant de bord de l’avion d’Air Ethiopie qui s’est écrasé ont été rendus publics. Elle démontre que l’équipage s’est rapidement aperçu qu’un problème était en cours.
“Break, break, demande retour à la maison !”. Pour la première fois, le contenu des messages du commandant de bord du vol d’Air Ethiopie avec le contrôle aérien ont été dévoilées. A peine trois minutes après le décollage du Boeing 737 MAX 8, la tour de contrôle recevait ces messages inquiets. “Break, break” est une expression utilisée en cas d’urgence pour donner la priorité à un message quand les pilotes ne sont plus maîtres de l’appareil.

Selon le New-York Times, qui a eu accès à l’enregistrement, sans publier d’extrait sonore, le commandant de bord a ajouté à destination de la cour de contrôle : “Demande guidage pour atterrir”. L’appareil accélérait alors à une vitesse anormale. Cinq minutes après le décollage, le contact avec l’avion a été perdu. Au bout de six minutes, l’avion disparaissait des écrans radars. 157 personnes étaient à bord.

Le pilote, Yared Getachew, était pourtant un pilote expérimenté avec 8000 heures de vol à son actif. L’appareil, un Boeing 737 MAX, avait fait l’objet d’une maintenance le 4 février 2019. 

Les boîtes noires analysées en France

Si les boîtes noires ont pu être récupérées, les causes exactes de l’accident ne sont pas encore connues. Les boîtes noires ont été rapatriées en France et l’enquête sur l’origine du crash débute ce vendredi à Paris. Une délégation éthiopienne est arrivée au Bureau français d’enquêtes et d’analyses (BEA). Trois enquêteurs américains – en raison de l’origine américaine de Boeing – sont aussi sur place. Réputé pour ses expertises, le BEA a été saisi par les autorités éthiopiennes.

Cette semaine, de nombreux pays (plusieurs pays d’Europe dont la France, les Etats-Unis, la Chine, etc). ont cloué au sol provisoirement les Boeing 737 MAX en attendant d’en savoir plus.

Le constructeur américain a écarté la possibilité de réduire le rythme de production de ses usines. Il a toutefois annoncé mercredi la suspension des livraisons de sa gamme 737 MAX “jusqu’à ce que nous trouvions une solution”. 370 appareils sont déjà en service.

La faute au système de stabilisation de vol ?

5 mois après l’appareil d’Air Ethiopie, une autre catastrophe aérienne impliquant un Boeing 737 MAX de la compagnie Lion Air s’était produit en mer de Java faisant 189 morts. L’enquête a pour le moment mis en cause un dysfonctionnement sur le système de stabilisation en vol destiné à éviter un décrochage de l’avion, le “MCAS” (Maneuvering Characteristics Augmentation System). Plusieurs pilotes américains ont rapporté avoir été confrontés à un dysfonctionnement de ce dispositif.