Crash du Boeing en Iran : comment la piste d’un tir accidentel de missile s’est précisée – Le Monde

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Des secouristes de la Croix-Rouge iranienne sur les lieux du crash de l’avion ukrainien, à  Shahedshahr, près de Téhéran, le 8 janvier.

L’escalade entre les Etats-Unis et l’Iran a fait 176 victimes collatérales, au cours d’une passe d’armes pourtant décrite jusqu’ici comme calibrée. Les passagers et membres d’équipage qui ont péri, mercredi 8 janvier, dans le crash d’un Boeing 737 d’Ukraine International Airlines (UIA), après son décollage de l’aéroport de Téhéran, ont été tués par un tir de missile antiaérien iranien, selon le renseignement américain. L’incident était intervenu quelques heures après une salve de missiles balistiques ordonnée par la République islamique contre des installations militaires américaines, situées en Irak. Des représailles contre l’assassinat, à Bagdad, cinq jours plus tôt, du général iranien Ghassem Soleimani, commandant de la force des gardiens de la révolution, dans une frappe américaine.

La journée de jeudi avait été marquée par la montée des doutes sur le caractère accidentel de la catastrophe. Dans le sillage de Newsweek, les médias américains diffusaient des citations anonymes de responsables du renseignement, tandis que des photos d’impacts extérieurs de shrapnels sur la carlingue, ou de restes d’un missile Tor à proximité du crash, étaient publiées sur les réseaux sociaux. Puis une première confirmation tombait, par l’entremise de Justin Trudeau, le premier ministre du Canada, dont 63 ressortissants, pour beaucoup binationaux, sont morts dans le crash.

« Scientifiquement, il est impossible qu’un missile ait frappé l’avion ukrainien, de telles rumeurs sont illogiques »

« Nous avons des informations de sources multiples, notamment de nos alliés et de nos propres services », montrant que l’avion a été abattu « par un missile sol-air iranien », a ainsi précisé M. Trudeau, lors d’une conférence de presse, avant d’ajouter que l’acte n’avait peut-être pas été intentionnel. Plus tôt, le président américain, Donald Trump, avait exprimé ses nuances sur la thèse d’un problème technique, d’abord mise en avant par Téhéran. « J’ai le sentiment que quelque chose de terrible s’est passé », avait déclaré le président des Etats-Unis, évoquant la possibilité d’une erreur.

Lire aussi Crash d’un Boeing en Iran : le Canada affirme que « l’avion a été abattu par un missile iranien »

A Téhéran, on demeurait sur la défensive après les déclarations du premier ministre canadien. Jeudi, le ministère des affaires étrangères iranien a dénoncé des « mises en scènes douteuses », et appelé Ottawa à partager ses informations avec la commission d’enquête iranienne sur l’incident. « Scientifiquement, il est impossible qu’un missile ait frappé l’avion ukrainien, de telles rumeurs sont illogiques », a affirmé Ali Abedzadeh, responsable de l’organisation de l’aviation civile iranienne, cité par l’agence ISNA.

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