Covid : un moindre engouement pour la vaccination qui commence à inquiéter – Les Échos

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Plus de 40 % de la population française a reçu au moins une dose de vaccin contre le Covid-19, et nettement plus de la moitié des adultes. Chaque jour, ce sont en moyenne quelque 570.000 doses de vaccins qui sont injectées. Pourtant, ce rythme soutenu pourrait être remis en cause par un moindre intérêt des non-vaccinés.

« Dans les pays qui ont le plus vacciné, c’est à partir de 50-55 % d’adultes vaccinés que la vaccination fléchit, alerte Aurélien Rousseau, le directeur général de l’Agence régionale de santé (ARS) d’Île-de-France. Comme nous avons dépassé 50 %, il y a un risque, donc nous sommes en veille active pour vérifier qu’il n’y a pas de décrochage. »

Et dans la région capitale, certains voyants d’alerte commencent à s’allumer. L’ARS surveille chaque jour à la même heure combien de créneaux sont disponibles en Ile-de-France. Lundi à midi, c’était 5.000, mardi et mercredi, 13.000, contre 2.400 la semaine dernière. « Les rendez-vous mettent plus longtemps à être pris », observe Aurélien Rousseau.

De son côté, la plateforme de réservation Doctolib confirme que « certains centres ont encore des disponibilités à long terme ». Depuis l’ouverture de la vaccination aux plus de 18 ans, la recherche de créneaux de vaccination est en recul. Le nombre de rendez-vous réservés en moyenne chaque jour est passé de plus de 355.000 le 12 mai à moins de 295.000 actuellement.

Lorsque l’on observe les données, cette baisse des rendez-vous pris s’explique principalement par l’évolution des rendez-vous pris par les moins de 50 ans. Cela se reflète mécaniquement dans le nombre de premières injections réalisées chaque jour. Après un pic à 400.000 injections quotidiennes en moyenne sur sept jours le 20 mai, leur nombre s’est stabilisé légèrement en dessous de 350.000 ces derniers jours.

Selon les prévisions de Doctolib, le nombre de premières injections devrait baisser dans les prochains jours. A la fin du mois, il devrait y avoir moins de 200.000 premières injections en moyenne chaque jour. Le rythme de la vaccination devrait toutefois rester élevé grâce à près de 400.000 injections de deuxièmes doses.

Pas d’alerte

Sachant qu’environ 15 % des Français sont réfractaires à la vaccination, le réservoir de personnes à vacciner est encore profond. Une partie des volontaires ont pu être découragés par une tentative précédente de prise de rendez-vous, voire ne savent pas qu’ils sont éligibles. Le calendrier initial prévoyait en effet l’ouverture de la vaccination au plus de 18 ans le 15 juin.

D’autres repoussent l’heure de leur première injection de peur de devoir recevoir la seconde durant leurs vacances. Pour parer cette difficulté, le ministère de la Santé a promis de la flexibilité , en permettant notamment de se faire vacciner sur son lieu de vacances. Doctolib explique également que le nombre de créneaux ouverts pour l’été reste limité, car certains centres de vaccination manquent encore de visibilité.

En tout cas, il n’y a pas encore d’alerte à l’heure actuelle : « Il n’y a pas de ralentissement, car on consomme toutes les doses et dans les centres de vaccination d’Ile-de-France, on est toujours à 97 % de taux d’utilisation de Pfizer et Moderna », tempère Aurélien Rousseau. Le directeur de l’ARS veut quand même prendre les devants. « On sent qu’on doit davantage susciter la demande, pousser les centres de vaccination à faire des nocturnes et à ouvrir le week-end », conclut-il.

Le gouvernement sait qu’il sera plus difficile de vacciner à très grande échelle à partir de la mi-juillet, avec la fermeture de certains centres de vaccination et beaucoup moins de soignants disponibles pour piquer. L’objectif est donc de vacciner au maximum d’ici-là.

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