Covid : les recommandations du Conseil scientifique en vue d’une seconde vague « hautement probable » – Les Échos

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Face au Covid-19, la France connaît cet été une « situation contrôlée mais fragile », dont elle devrait profiter pour se préparer à la seconde vague épidémique. Ainsi peut-on résumer le dernier avis du Conseil scientifique remis le 27 juillet au gouvernement et rendu public ce mardi.

L’instance composée de 13 experts, mise en place pour guider le gouvernement dans ses choix, constate que le pays, comme l’Italie, a emprunté son scénario le plus favorable , quoique « fragilisé » : une épidémie sous contrôle associée à quelques clusters maîtrisés. Mais « nous pouvons basculer à tout moment dans un scénario moins contrôlé, comme en Espagne », souligne-t-elle. Elle émet donc une série de recommandations pour éviter cette bascule, et surtout pour se préparer à une seconde vague, jugée « hautement probable » à l’automne ou l’hiver prochain. En voici les grandes lignes.

· Mener des campagnes d’information

Pour le Conseil scientifique, la recrudescence actuelle des cas correspond certes « à des mouvements de populations liés aux vacances », mais aussi « à une perte progressive des mesures barrières, du port du masque mais aussi de distanciation physique, en particulier dans la population la plus jeune. »

Il plaide donc pour « des campagnes d’information et de sensibilisation répétées, en particulier en ciblant la population jeune ». Ces campagnes doivent notamment intégrer l’application StopCovid, qui, selon le Conseil, « peut jouer un rôle important dans le contrôle de l’épidémie en cas de reprise » à condition qu’elle soit davantage téléchargée.

« L’obligation du port du masque dans les lieux publics clos est une mesure qui pourrait être étendue à l’ensemble des lieux publics », estime également le Conseil, alors que de plus en plus de collectivités prennent des mesures en ce sens . Ce mardi, c’était au tour de la maire de Paris, Anne Hidalgo, de demander au Préfet de police le port du masque obligatoire dans certains espaces ouverts, comme les marchés, les quais de Seine et les abords des gares.

· Clarifier la politique de tests

Des délais trop longs, des difficultés d’organisation, une stratégie mal définie… La marge d’amélioration de la politique de tests est vaste, selon le Conseil. Et il faut profiter de la période actuelle, « inter-épidémique », pour mettre en place une « vigilance accrue », suggère-t-il.

Quatre stratégies, non déployées actuellement, sont préconisées : le diagnostic précoce des cas présentant des symptômes, en améliorant la fluidité des tests ; une surveillance ciblée « des populations à risque » qui pourraient échapper à ces diagnostics précoces, comme les employés d’abattoirs, les détenus et les migrants ; un dépistage rapide, en moins d’une semaine, des habitants d’une zone qui compte de nombreux clusters, comme cela aurait pu être le cas en Mayenne ; et enfin un dépistage aléatoire de la population, qui permettrait à la fois de suivre l’évolution du virus mais aussi de tester de nouvelles méthodes d’analyse.

· Changer de paradigme dans les Ehpad

Pas question de revivre dans les Ehpad les mêmes difficultés que lors du confinement. « Un équilibre doit être trouvé entre mesures sanitaires et la nécessité de maintenir des relations humaines entre les résidents et leur famille », écrit le Conseil scientifique. Il appelle à « changer de paradigme » en maintenant les visites des familles et en renforçant les tests en cas de découverte d’un cas positif. Des plans « doivent être élaborés dès maintenant afin de pouvoir être déployés avant le retour des résidents et avant le retour du virus », insistent les experts.

· Elaborer un plan pour les grandes métropoles

La France doit se doter d’un plan pour ses grandes métropoles, « plus critiques du fait de leur densité et flux de population », préconise le Conseil. D’autant qu’avec la seconde vague, et des reprises localisées de l’épidémie à prévoir, les territoires auront un rôle plus important à jouer, prédisent les experts.

Eux qui connaissent le tissu associatif et économique local ainsi que les structures de santé devront développer « des messages de santé publique locaux et ciblés, combiné à une gestion ciblée de l’évolution de l’épidémie intégrant le soutien aux personnes vulnérables et la prise en compte des inégalités sociales de santé ». Le tout sous la gouvernance du préfet, souligne le conseil.

· Impliquer les citoyens

La société civile reste peu associée aux décisions pour lutter contre la pandémie, regrette le Conseil scientifique, qui rappelle avoir « réclamé à plusieurs reprises depuis début avril, sans aucun succès, la mise en place d’un ‘comité de liaison citoyenne Covid-19’», Il réitère cette demande, soulignant que les décisions en cas de seconde vague « seront politiques et sociétales, bien plus que sanitaires ».

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