Covid : les anti-vaccins entrent déjà en ébullition – Les Échos

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Publié le 14 nov. 2020 à 12:29

« Le meilleur conseil que je peux vous donner c’est, surtout, ne vous faites pas vacciner »… Le nom de Kim Glow, starlette de téléréalité ne dira sans doute rien aux plus de vingt ans. Mais le 11 novembre, sa vidéo sur Instagram, où elle compte 1 million de fans, pour dénoncer le prochain vaccin contre le Covid-19 n’est pas passée inaperçue.

Sa vidéo est digne des meilleurs scénarios complotistes : le vaccin inoculerait des nanoparticules activées par la 5G, le Covid serait une maladie inventée pour lutter contre la surpopulation mondiale… Elle est aussi le reflet, déformé par les réseaux sociaux, d’une défiance généralisée et croissante en France contre les vaccins ces dernières années, que l’ annonce par Pfizer d’un prochain vaccin efficace à 90 % contre le coronavirus a réveillée.

Les Français sont les moins prêts à se faire vacciner

Plusieurs sondages parus ces derniers jours montrent qu’un Français sur deux n’a pas l’intention de se faire vacciner contre la maladie. Il y a ceux qui souhaitent encore être rassurés sur le vaccin à venir, et ceux qui, structurellement, sont contre les vaccins.

Selon Odoxa, les irréductibles, ceux « refusant systématiquement tout type de vaccin » représentent 15 % des Français. Ils n’étaient que 10 % en 2015. « Les Français remettent plus systématiquement en cause le bien-fondé de certains progrès. C’est vrai pour les médicaments et les vaccins », analyse Céline Bracq, directrice générale d’Odoxa. Selon Ipsos, qui a publié début novembre une étude sur 15 pays, c’est en France que le consentement à se faire vacciner contre le Covid est le plus faible .

Mouvement amplifié par les réseaux sociaux

S’il dépasse la seule sphère complotiste, le mouvement anti-vaccin trouve dans les réseaux sociaux une spectaculaire caisse de résonance. Facebook et Youtube ont certes pris des dispositions pour limiter les contenus anti-vaccins – Facebook a récemment décidé de ne plus autoriser la publicité anti-vaccin -, mais ce ne sont pas les seuls réseaux sociaux. Sur Twitter ou encore Instagram, ceux disposant d’une large audience – les « influenceurs » – jouent également un rôle crucial. « Quand quelqu’un a 1 million d’abonnés, l’impact est clair car ces abonnés ont confiance en lui », note un spécialiste des réseaux sociaux.

« Il y a un écosystème qui permet la promotion des contenus anti-vaccin. Les algorithmes y participent activement en les recommandant des centaines de millions de fois. Les plateformes s’alimentent les unes avec les autres, ce qui crée une répétition de théories infondées. Cette répétition massive arrive à convaincre une partie de la population », analyse le spécialiste des algorithmes Guillaume Chaslot, fondateur d’Algo Transparency et ancien de Youtube.

« Pédagogie et transparence »

Dans ce contexte, la préparation par le gouvernement de la campagne vaccinale contre le coronavirus s’annonce délicate. Déjà critiqué pour sa gestion de la crise , l’exécutif doit préparer cette campagne vaccinale dans un contexte de défiance. Au ministère de la Santé, on promet « pédagogie et transparence » sur le futur vaccin, qui ne sera pas obligatoire .

« On ne distribuera pas un vaccin dont on ne sera pas sûr », promet-on dans l’entourage d’Olivier Véran, le ministre de la Santé. « Le gouvernement ne pourra pas parler tout seul dans cette campagne. Il devra être relayé par des scientifiques, mais aussi des médecins et des associations actives dans la santé », ajoute Céline Bracq. Nécessaire mais sans doute insuffisant pour calmer le mouvement anti-vaccin.

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