Covid : la polémique enfle sur la stratégie de vaccination du gouvernement – Les Échos

Spread the love
  • Yum

Publié le 30 déc. 2020 à 11:25Mis à jour le 30 déc. 2020 à 12:58

Olivier Véran « assume ». Il l’a dit haut et fort mardi soir sur le plateau du « 20 heures » de France 2 : la lenteur du démarrage de la campagne de vaccination dans l’Hexagone est selon lui un atout pour prendre « le temps de la pédagogie » et éviter des erreurs comme celle survenu en Allemagne, où des soignants ont reçu plusieurs doses du vaccin à la fois. « Je ne confonds pas vitesse et précipitation […] Ce qui compte, c’est que d’ici la fin du mois de janvier nous ayons rattrapé le décalage vis-à-vis de tout le monde », a plaidé le ministre des Solidarités et de la Santé, parlant d’un « gage de confiance ».

Mais les critiques commencent à monter, alors que les mutations du virus inquiètent et que le conseil scientifique a dit redouter une « reprise incontrôlée » de l’épidémie après les fêtes. Celles des oppositions, notamment. « L’Allemagne en est déjà à plus de 42.000 vaccinés, le Royaume-Uni à 900.000 et la France a moins de 200 ! Après les masques, les tests et l’isolement, un nouvel échec serait terrible », a épinglé ce mercredi, le chef de file de la droite au Sénat, Bruno Retailleau, demandant au gouvernement de « rendre public le calendrier de vaccination des Ehpad par département ». « La vaccination doit débuter massivement en France », a renchéri le député LR Robin Reda, taclant l’« excès de confiance » d’Olivier Véran. A partir du moment où le vaccin est autorisé, « on pourrait peut-être accélérer un peu » pour « sauver des vies », a glissé sur RMC Jean-Christophe Lagarde, le président de l’UDI.

« Je ne comprends pas »

Valérie Rabault, la présidente du groupe socialiste à l’Assemblée, trouve elle aussi la stratégie de vaccination de l’exécutif « pas assez positive et pas assez offensive ». « Je ne comprends pas trop ce que fait le gouvernement. Et je ne comprends pas non plus que les ministres les plus âgés ne donnent pas l’exemple en se faisant vacciner », explique-t-elle aux « Echos ». Jean-Yves Le Drian (Affaires étrangères), Roselyne Bachelot (Culture) et Jacqueline Gourault (Cohésion des territoires) ont plus de 70 ans. Lors d’un récent déjeuner avec Emmanuel Macron, la députée PS avait cité en exemple un clip réalisé par le gouvernement italien promettant une « renaissance » grâce aux vaccins. Sans convaincre le chef de l’Etat, qui n’avait pas encore appris qu’il était positif au Covid .

Plus problématique pour le gouvernement, la stratégie de vaccination française est aussi critiquée par certains pontes de la médecine. Notamment par Axel Kahn. Le généticien, président de la ligue nationale contre le cancer, l’a jugée ce mercredi, sur Europe 1, « pas adaptée à une situation qui est très périlleuse ». « Ca n’est pas en avançant à tout petit pas, qu’on arrivera à convaincre » tous ces Français qui – sans être parmi les « vaccino-sceptiques » – sont « terriblement hésitants », a-t-il regretté, parlant d’une « très importante erreur stratégique » : « Parfois, quand j’entends la communication sur tous les dangers possibles du vaccin, les précautions, le fait qu’on peut déclarer des d’effets indésirables […] je ne comprends pas ». Les modalités de recueil du consentement dans les Ehpad et la nécessité d’une consultation médicale préalable à la vaccination sont critiquées, avec le risque de réduire la proportion de vaccinés et de rallonger les délais.

Objectif : 1 million de personnes vaccinées d’ici à fin février

L’objectif affiché par les autorités françaises est d’avoir un million de personnes vaccinées d’ici à la fin février, parmi les plus âgés et les plus vulnérables. Les personnes âgées en Ehpad sont les premiers ciblés d’ici la fin janvier. Le personnel médical, les personnes âgées hors Ehpad doivent attendre une deuxième phase, avant l’ouverture de la vaccination à tous (mais sur la base du volontariat) au printemps.

Selon le dernier sondage sur le sujet, réalisé par Ipsos Global Advisor en partenariat avec le Forum économique mondial, seuls 40 % des Français ont l’intention de se faire vacciner (14 points de moins qu’en octobre), ce qui fait de la France la « championne du monde » des pays réfractaires, devant la Russie et l’Afrique du Sud.

Leave a Reply

%d bloggers like this: