Covid: comment les vaccinés vivent cette troisième vague – Le HuffPost

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PASCAL ROSSIGNOL via REUTERS

Un homme reçoit une dose du vaccin Moderna contre le Covid-19 dans un centre de Marcq-en-Baroeul

CORONAVIRUS – “Je suis très disciplinée pour les autres”, assure Chantal. Pour les politiques, c’est l’occasion de montrer l’épaule pour montrer l’exemple. Pour les autres, c’est d’abord un poids en moins alors que l’épidémie de Covid-19 menace à nouveau de submerger le pays. En France, près de 7,8 millions de personnes ont reçu une première dose de vaccin. 2,5 millions ont pu bénéficier des deux doses qui assurent une protection maximale.

Si ses débuts ont été parfois poussifs, la vaccination va s’accélérer au mois d’avril, promet l’exécutif qui, face à la montée en puissance de la troisième vague et du variant britannique, tente de retarder coûte que coûte un éventuel reconfinement. Un conseil de défense est prévu ce mercredi avec, à la clef, de possibles nouvelles restrictions.

Un coup de seringue dans l’eau pour les vaccinés de la première heure? Pas du tout. Chantal, 85 ans, Delphine, 50 ans, Marc, 52 ans, Gaël*, 37 ans, ou encore François*, 62 ans… Tous vivent leur vaccination avec un réel soulagement face à la situation épidémique.

Entre tranquillité… et culpabilité

Marc et François ont reçu en mars une dose d’AstraZeneca alors qu’ils ne faisaient pas partie des publics prioritaires. Le premier a bénéficié “d’une fenêtre” dans un centre de vaccination près d’Annecy où il vit. “Rien n’a radicalement changé dans ma vie, mais je suis soulagé. Je n’ai pas hésité une seule seconde. Je me sens plus à l’aise à l’idée de voir mes parents et beaux-parents qui ont eux des comorbidités”, confie-t-il au HuffPost.

Pour François, sportif mais doté d’un pacemaker -ce qui n’est pas considéré comme une comorbidité- il a suffi de prendre rendez-vous auprès d’un pharmacien de la région parisienne. Une vraie libération en plein milieu d’une situation sanitaire qui s’aggrave de jour en jour. “J’ai vraiment l’esprit plus tranquille même si je n’ai reçu qu’une dose. Je me souviens que cet été, on pouvait rester parfois plusieurs heures à l’intérieur d’un restaurant. A posteriori ça nous inquiétait. Là, j’ai moins de risque de faire une forme grave ou un Covid long qui me faisait aussi très peur, et qui aurait pu me clouer au lit pendant des mois”, détaille-t-il. 

Delphine, 50 ans et francilienne, souffrait de comorbidités. Elle a reçu deux doses du vaccin Pfizer. Si elle a d’abord eu “l’impression de prendre la place de quelqu’un d’autre”, elle reconnaît que sa vaccination a finalement été un soulagement. “C’est sûr qu’on a moins peur de mourir et de le transmettre. Mais ça n’a pas transformé ma vie, ne serait-ce que parce que je vis en famille et que tout le monde autour de moi n’est pas vacciné”, confie-t-elle.

Une gêne que comprend parfaitement Gaël, 37 ans et vivant en région parisienne. Il a déjà été vacciné via son travail qui l’amène à se déplacer régulièrement en maison de retraite. “Je suis extrêmement chanceux et c’est un peu gênant. Quand je me suis fait vacciner, j’ai regardé sur Covid tracker. Normalement il m’aurait fallu deux ans pour recevoir une dose”.  

Gestes barrière, stop ou encore

Si tous se sentent aujourd’hui un peu plus protégés par rapport aux autres, pas question pour autant de baisser la garde dans le contexte de la troisième vague. Et ils le vivent plutôt bien. Chantal, 85 ans, habitante de Vannes, continue de respecter à la lettre les consignes et les gestes barrière. “Je sors avec le masque, je suis de retour à la maison à 19 heures. Certaines de mes amies se moquent un peu par moment mais je suis très disciplinée pour les autres. Ici, peu de gens sont vaccinés et c’est toujours dur d’avoir un rendez-vous”, explique-t-elle. 

Alors que l’épidémie a pris ses quartiers en France depuis un an, la notion d’effort collectif continue de faire force de loi ou d’habitude, même au sein des vaccinés. “Il faut montrer qu’on est engagé dans l’effort collectif et ne pas prêter le flanc. Les distances, c’est aussi une forme de respect des autres”, abonde François qui concède toutefois jouer parfois avec les limitations de distance.

Gaël a lui aussi choisi de son côté l’approche du “un pour tous et tous pour un”. Mais au bout de douze mois, la situation sanitaire commence à lui peser énormément. “Je comprends que les gens pètent un câble mais je ne m’autorise pas de soirée même si je suis vacciné. Je continue à jouer le jeu, à rentrer chez moi après le boulot et à ne pas sortir en douce. Je suis énervé parce que si on avait confiné en février, on n’en serait pas là. Mais si moi je commence à prendre des libertés, alors tout le monde peut se mettre à le faire”, abonde-t-il.

Pour le moment, seule une étude menée sur le vaccin Pfizer semble démontrer un effet stérilisant, indiquant que la transmission du virus est en partie bloquée par le vaccin. Si certains de ces vaccinés rêvent de profiter d’un allègement des restrictions les concernant, pour le moment ,“il n’y a pas assez de personnes vaccinées pour faire des distinctions, estime encore Gaël. Ce que j’aimerais c’est que le couvre-feu soit levé pour ceux qui sont vaccinés”. 

Premiers déconfinés?

À défaut de voir le couvre-feu levé, Gaël confie qu’il a tout de même plus de facilité qu’avant à enlever son masque quand il se retrouve avec des gens qu’il connaît bien. “Cela dépend vraiment des circonstances mais on sent quand même qu’il y a aussi un petit relâchement général”, ajoute-t-il.

Pour Chantal, qui n’a vu personne lors du premier confinement, ce vaccin c’est aussi un remède à la solitude “alors qu’il y a des personnes âgées qui en meurent”. “De me savoir protégée, ça me pose moins de problèmes pour voir mes petits enfants. Au début on disait qu’ils étaient très porteurs, puis plus du tout, et maintenant de nombreuses écoles sont touchées”, s’interroge-t-elle. Deux des filles de Chantal travaillent dans l’Éducation nationale et certains de ses petits-enfants sont encore en primaire. “Aujourd’hui ceux qui m’inquiètent, ce sont surtout les étudiants et mes petits enfants qui sont à Paris et que j’aimerais beaucoup voir”, ajoute-t-elle.

François et Marc songent de leur côté à l’avenir. Si le premier se pose moins de questions pour aller chez le coiffeur par exemple, il rêve cependant “d’aller [se] promener dans le coeur de Paris, dans des endroits avec du monde”. “Mais tant que ma compagne n’est pas vaccinée, ce n’est pas possible parce que c’est trop risqué”, confie-t-il. 

Quant au Savoyard, il anticipe surtout ses prochaines vacances. Avec un vaccin, il a l’assurance de pouvoir partir où il veut. “Je serai libre de me déplacer dans le monde entier quand ils demanderont un passeport vaccinal. On peut être pour ou contre, mais on sait pertinemment que ça n’empêchera personne de le mettre en place”.

*Les prénoms ont été changés

À voir également sur Le HuffPost: Emmanuel Macron estime avoir “eu raison de ne pas reconfiner” fin janvier

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