Covid-19 : une semaine à haut risque pour l’exécutif – Le Parisien

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Du général de Gaulle à l’écrivain Maurice Genevoix, auteur de « Ceux de 14 » sur les combattants de la Grande guerre, ce début de semaine sera pour Emmanuel Macron celui de l’hommage aux « héros qui ont su tenir dans l’épreuve » (dixit l’Elysée). Des commémorations (NDLR : ce lundi à Colombey pour le 50e anniversaire de la mort du général et mercredi 11 novembre avec l’entrée de Maurice Genevoix au Panthéon) placées sous le thème de « la résilience » soit, comme définie par la présidence, « la capacité des Français à encaisser le tragique de l’histoire, à toujours se relever ». L’allusion aux temps présent est transparente. La jauge de ces cérémonies — trente personnes, comme pour les enterrements — vient, elle, rappeler « le tragique » de l’actualité.

Certes, Olivier Véran a évoqué « une forme de ralentissement de la progression de l’épidémie », ce dimanche sur France Inter. Mais il ne s’agit que d’une diminution de la vitesse de propagation. Or, martèle le ministre de la Santé auprès du Parisien, « il faut que le nombre de cas baisse de la façon la plus importante possible, là on n’y est pas ». Et il faudra encore attendre pour évaluer l’effet des mesures prises par le gouvernement, et donc en savoir plus sur la suite. « On espère atteindre le plateau, mais il n’y a aucune garantie. Le week-end prochain seulement, on verra s’il y a un impact drastique du confinement », explique-t-on à l’Elysée.

Autant dire que les jours à venir seront cruciaux. Il n’y a qu’à entendre ce ministre : « Là, on va être dans le dur du pic. » Un spectre hante les esprits. « Si cette semaine des médecins commencent à trier des malades, on entre dans autre chose… » souffle un conseiller de l’exécutif. Quand un cadre de la majorité ajoute : « Ça va être la semaine de la mort. Notre sujet, ça va être de ne pas avoir des morts dans les couloirs. »

«Si cela repart fort, oui, il y a l’hypothèse d’un tour de vis»

Au programme de la semaine : outre le rendez-vous hebdomadaire des ministres consacré au Covid-19, autour du chef du gouvernement, Jean Castex, une série de réunions sur les tests et vaccins et un Conseil de défense jeudi ou vendredi. Gare, le gouvernement ne peut se permettre de réitérer les couacs et cafouillages des jours passés. Vendredi, une réunion des communicants du gouvernement a notamment rappelé à chacun que la période imposait d’« être solidaires »… D’autant que de consensus politique, il n’y a point.

Au sommet de l’Etat, on se félicite néanmoins que ce confinement soit « globalement ultra-majoritairement respecté ». Mais ouverture des écoles et des services publics obligent, le pays n’est toutefois pas sous cloche comme au printemps. Et les débats sont vifs. Quid des commerces dits non-essentiels ? « On ne peut pas encore le dire. Il est trop pour voir les résultats, même si les chiffres sont encore très hauts », répond-on à l’Elysée. L’exécutif se réserve toutefois la possibilité, en cas d’évolution positive sur le plan sanitaire, « de faire du cas par cas, par type de commerce, par la suite ». Quid d’un resserrement du confinement ? « Si cela repart fort, oui, il y a l’hypothèse d’un tour de vis, admet l’entourage du président. Tout est sur la table : fermer les lycées, revoir la position sur les écoles, les services publics, le télétravail… Il y a toute une palette. En positif, comme en négatif. »

L’incertitude planant sur cette semaine, pour ce qui est de se projeter plus loin encore… « Personne ne sait dire quelle sera la situation à Noël. Tout va dépendre de ce que l’on va observer et de l’impact des mesures », convient Olivier Véran. Même les calculatrices du ministère de l’Economie se préparent à toutes les éventualités. « On ne peut pas exclure un scénario noir. Bercy n’est pas là pour prévoir la durée du confinement, mais l’Etat doit se tenir prêt au pire. Et dans la pire des hypothèses, on se réserve les moyens de financer les aides aux entreprises jusqu’au 31 décembre au cas où le confinement durerait », nous explique le ministre délégué aux Comptes publics, Olivier Dussopt. Question « de prudence », précise-t-il.

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