Covid-19 : un vétérinaire alerte les propriétaires de furets, qui sont “de la même famille que les visons” – Franceinfo

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“Je dis aux propriétaires de furets d’être attentifs et de ne pas être trop proches de leur animal”, alerte dimanche 22 novembre sur franceinfo Loïc Dombreval, vétérinaire et député LREM des Alpes-Maritimes, président du groupe “Condition animale” à l’Assemblée nationale. Il réagissait à l’abattage de 1 000 visons dans un élevage d’Eure-et-Loir touché par le Covid-19, après des cas similaires au Danemark. “Le furet fait partie de la même famille que le vison, les mustélidés” et “il y en a un certain nombre de furets en France, c’est un animal de compagnie. Il faut regarder de plus près pour voir si ce furet ne serait pas éventuellement porteur du coronavirus”, insiste Loïc Dombreval. Selon les données de l’Icad (identification des carnivores domestiques), il y a en France près de 60 000 furets de compagnie.

Franceinfo : Abattre tout cet élevage d’Eure-et-Loir est-il judicieux ?

Loïc Dombreval : Je pense exactement comme Julien Denormandie [ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation]. Je pense qu’on n’a pas tellement le choix malheureusement, ça fait beaucoup plus longtemps que je demande la fermeture des élevages de visons. Mais pour des raisons qui tiennent aux conditions dans lesquelles sont élevés ces animaux qui sont indignes. En rajoutant à cela le coronavirus avec ses risques sanitaires de transmission de la maladie du vison à l’homme et de l’homme au vison. Alors je dis : oui, il faut sans tarder fermer ces élevages. On ne peut pas attendre cinq ans tel que c’est programmé aujourd’hui par le ministère la Transition écologique et solidaire. Il faut le faire le plus vite possible. Maintenant, l’année prochaine, au plus tard.

Est-ce que vous pouvez nous expliquer comment le Covid-19 a pu toucher les visons ?

Les visons font partie d’une famille d’animaux qui s’appelle les mustélidés et qui ont une particularité, c’est qu’ils ont un récepteur aux virus respiratoires identique au nôtre, identique à celui de l’espèce humaine. Et donc la transmission du coronavirus en particulier, qui est un virus à tropisme respiratoire, est extrêmement simple, très facile entre l’homme et l’animal et l’animal et l’homme. Ce qui s’est passé au Danemark, où il y a probablement eu une transmission du Covid de l’éleveur vers l’animal. Ces animaux sont entassés dans des conditions qui sont des conditions indignes. Le virus a muté au sein du vison, puis a été retransmis muté à l’homme. Cela pose une vraie question par rapport à la stratégie vaccinale qui est envisagée. Si le virus a muté, cela complique les choses. Depuis l’épisode hollandais, puisque cela a commencé par les Pays-Bas avec 150 élevages qui ont fermé et des visons abattus, puis le Danemark, avec en plus une mutation, j’avais alerté dès le mois de juin en disant il faut qu’en France, on se préoccupe sérieusement de ce problème. Qu’on regarde l’état sanitaire des élevages et qu’on ferme les élevages si nécessaires. C’est le cas aujourd’hui avec cet élevage, on en a effectivement quatre en France. Il faut regarder ça attentivement et prendre les mesures de précaution qui sont absolument indispensables.

Est-ce qu’aujourd’hui, il faut surveiller d’autres espèces? Je pense par exemple aux furets qui ont ces mêmes récepteurs à coronavirus que les visons dont vous nous parlez ?

Le furet fait partie de la même famille que le vison, les mustélidés, c’est exactement la même famille. Il faut regarder la façon avec laquelle le virus se propage dans l’animal. Et donc, je dis aux propriétaires de furets effectivement d’être attentifs et de ne pas être trop proches de leur animal. Il y en a un certain nombre de furets en France, c’est un animal de compagnie. Il faut regarder de plus près pour voir si ce furet ne serait pas éventuellement porteur du coronavirus. Il y a beaucoup de furets aujourd’hui en France et je pense qu’il faut regarder attentivement, sans paniquer . Les chasseurs aussi utilisent le furet, là aussi, prudence.

Vous demandiez il y a quelques semaines, dans une lettre au président de la République Emmanuel Macron, d’intégrer les vétérinaires au sein du Conseil scientifique pour parler du Covid-19. Est-ce que vous avez été entendu ?

Il semblerait qu’il y ait effectivement la volonté, à la fois du président de la République, mais aussi du ministre de l’Agriculture et du ministre de la Santé, d’intégrer un vétérinaire dans le Conseil scientifique. Le coronavirus montre la proximité qui existe entre la santé de l’homme et la santé de l’animal. Tout ça est extrêmement lié. D’autres maladies sont transmissibles de l’animal à l’homme, on appelle ça des zoonoses. L’essentiel des maladies émergentes et qu’on voit apparaître chez les humains ont une source animale. Et donc il est important de mêler les connaissances et les différentes approches sanitaires que peuvent avoir les vétérinaires avec celle des médecins, entre autres. Ce sont des vétérinaires qui ont découvert le premier coronavirus en 1931; Depuis lors, ils ont l’habitude de traiter des épidémies dans des populations importantes, avec des épidémies qui se propagent extrêmement rapidement. Ils ont l’habitude de le faire avec peu de moyens. Ils le font bien, ils protègent quotidiennement beaucoup de gens de maladies transmissibles comme la grippe aviaire, par exemple. Ils ont une vraie expertise. Les vétérinaires ne sont des magiciens mais leur façon d’aborder les problèmes apportera beaucoup au Conseil scientifique.

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