Covid-19: quelles différences entre les situations sanitaires de la France et du Royaume-Uni? – BFMTV

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Circulation du variant Delta, nombre de contaminations et de cas graves, part de la population vaccinée… BFMTV.com fait le point sur l’épidémie outre-Manche.

Si la situation sanitaire française inquiète depuis quelques jours, elle est encore loin d’être comparable à celle du Royaume-Uni. Pourtant, ce dimanche, le ministre de la Santé, Olivier Véran, a osé la comparaison:

“En Angleterre, ils sont passés de 2000 cas par jour à près de 25.000 cas par jour en l’espace de 4 à 5 semaines”. [En France], on est à un niveau faible de circulation du virus, on n’a pas complètement écrasé l’épidémie et ça peut repartir assez vite”.

La comparaison est-elle véritablement justifiée? Quelle est la situation au Royaume-Uni ? BFMTV.com fait le point.

Beaucoup plus de cas au Royaume-Uni qu’en France

Depuis le mois de mai, les courbes des contaminations au Royaume-Uni et en France se sont croisées et l’écart ne cesse de se creuser. Alors que la France a récemment atteint son plus bas niveau de contamination depuis l’été 2020, le Royaume-Uni enregistre lui autant de cas actuellement qu’en décembre 2020, quelques semaines avant un pic de contaminations sans précédent.

Notons tout de même que le taux d’incidence français remonte légèrement depuis quelques jours, une première depuis la mi-avril. Cette hausse est principalement portée par les jeunes (10-39 ans, particulièrement les 20-29 ans), exactement comme au Royaume-Uni, où trois contaminations sur quatre concernent des personnes âgées de moins de 40 ans.

Le variant Delta présent dans les deux pays, mais plus implanté au Royaume-Uni

Le variant Delta, initialement apparu en Inde, est en partie responsable de la flambée épidémique que traverse actuellement le Royaume-Uni. Environ 60% plus contagieux que le variant Alpha (anciennement appelé variant britannique), il représenterait plus de 95% des nouveaux cas de Covid-19 outre-Manche.

En France, peu de données sont disponibles à l’heure actuelle sur ce variant. Selon les derniers chiffres publiés par Santé Publique France, au moins 36,4% des tests criblés entre le 25 juin et le 1er juillet présentent la mutation L452R, “portée notamment par le variant Delta”. Un taux encore minoritaire, mais qui augmente à un rythme soutenu: en France, la mutation n’était présente que dans 2% des tests criblés au 6 juin, dans 7% au 16 juin, dans 20% au 26 juin et dans plus de 36% désormais.

Interrogé sur BFMTV-RMC la semaine dernière, l’épidémiologiste et membre du Conseil scientifique Arnaud Fontanet a estimé que le variant représenterait probablement “80 à 90% des contaminations” d’ici la fin août.

Pas de forte hausse des cas graves, ni au Royaume-Uni, ni en France

C’est pour l’instant la seule “bonne nouvelle” que peut tirer le Royaume-Uni de cette vague épidémique: le nombre de cas graves – hospitalisations et décès – ne semblent pas s’envoler comme lors des précédentes vagues. Le GIF ci-dessous, inspiré de ce graphique du Guardian, illustre clairement la différence entre la deuxième vague de l’épidémie, qui a débuté fin août 2020, et celle qui a commencé en mai 2021.

En France non plus, le nombre de cas graves n’augmente pas sensiblement pour le moment. Le nombre de personnes hospitalisées et de morts quotidiens à l’hôpital baisse quotidiennement depuis la fin du mois d’avril et la tendance ne semble pas s’inverser pour le moment.

Plus de personnes vaccinées au Royaume-Uni qu’en France

Si le Royaume-Uni ne connaît pas pour le moment de hausse des cas graves de Covid-19, c’est probablement grâce à sa campagne de vaccination. Au 3 juillet 2021, 66% des Britanniques ont reçu au moins une dose et 49% sont déjà complètement vaccinés, selon ourworldindata.org. Dans l’Hexagone, 51% de la population a reçu au moins une dose et 36% des Françaisj sont complètement vaccinés.

Le nombre de nouvelles injections ralentit cependant dans notre pays, ce qui préoccupe les autorités. En cas de flambée épidémique, qui pourrait par exemple être provoquée par le variant Delta, l’immunité collective serait en effet loin d’être atteinte et le nombre de cas graves pourrait alors augmenter. Pour rappel, la virologue Marie-Paule Kieny, présidente du comité scientifique sur les vaccins anti-Covid-19, estimait fin mai que l’immunité collective serait atteinte si “80% de la population” était complètement vaccinée.

Louis Tanca Journaliste BFMTV

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