Covid-19 : pour ou contre un vaccin obligatoire ? Ce qu’en pensent les politiques – Le Figaro

Spread the love
  • Yum

Le futur vaccin contre le Covid-19 sera-t-il obligatoire ? Alors que les travaux de plusieurs laboratoires semblent toucher à leur fin, le premier ministre Jean Castex a exprimé son inquiétude dans un entretien au Monde ce samedi. «Ma crainte, c’est que les Français ne se fassent pas assez vacciner», a-t-il déclaré. Des doutes qui semblent justifiés, à en croire un récent sondage Odoxa-Dentsu Consulting pour Le Figaro et France Info, révélant qu’un Français sur deux refuserait de s’y soumettre. Selon cette même étude, 60% des Français sont contre l’obligation de se faire vacciner.

À VOIR AUSSI – Vaccin anti-Covid: faut-il le rendre obligatoire?

C’est pourtant la demande formulée par plusieurs membres de la classe politique. À commencer par l’écologiste Yannick Jadot, premier à s’en être fait le défenseur. «Regardez le traumatisme que vivent nos sociétés. On ne peut pas se permettre aujourd’hui d’allonger la période de confinement, la période d’affaiblissement culturel, social, économique de notre pays», avait-il justifié la semaine dernière.

● Ceux qui sont pour le vaccin obligatoire

Si la prise de position de Yannick Jadot est loin de faire l’unanimité au sein de son parti, plusieurs élus de différents bords la partagent. Invité du «Grand Jury» RTL-Le Figaro-LCI ce dimanche, le président LR du Sénat, Gérard Larcher, s’y est dit «favorable, si nécessaire». «Quand on se vaccine, ce n’est pas que pour soi. C’est une forme de chaîne solidarité et de protection de l’ensemble de la société», a-t-il martelé, tout en appelant à «un vote du Parlement» sur le sujet. Même son de cloche pour le secrétaire général des Républicains, Aurélien Pradié selon qui «le vaccin sera la clé de sortie». «La vaccination obligatoire est évidemment une piste à envisager», ajoute le député, tout comme sa «gratuité».

La présidente ex-LR de la région Île-de-France, Valérie Pécresse, partage elle aussi cette ligne. L’élue francilienne veut cependant retarder l’obligation généralisée pour gérer «les doses» disponibles. «Il faut (dans un premier temps) les pister et les flécher vers les personnes les plus fragiles», avant d’entamer une vaccination globale de la population. Une stratégie en deux temps plébiscitée par le patron d’Europe Écologie-Les Verts, Julien Bayou, qui prône d’abord une «vaccination obligatoire des plus fragiles, comme les personnes âgées, en surpoids, qui souffrent d’hypertension ou de diabète.»

Du côté du Parti radical de gauche, un communiqué a été publié pour réclamer un vaccin obligatoire «pour les personnes à risque, les personnels de santé ou d’accompagnement de vie des personnes âgées.» Pas d’obligation pour tous, donc, mais des contraintes pour ceux qui refuseraient de se faire vacciner. Le PRG demande ainsi que les personnes non vaccinées «ne disposent plus des remboursements de soins inhérents à leur choix et prennent en charge les frais de santé des personnes qu’elles contamineront.»

● Ceux qui sont contre le vaccin obligatoire

Certains élus n’hésitent pas non plus à afficher leur opposition. Se revendiquant elle-même comme «vaccin-critique», l’eurodéputée EELV Michèle Rivasi a rapidement réagi aux propos de Yannick Jadot. «Il est irresponsable de parler d’obligation vaccinale sur un vaccin dont on ne connaît rien de l’efficacité et de l’innocuité», a-t-elle publié sur les réseaux sociaux. Si l’écologiste se dit «favorable» à un «vaccin efficace», elle cite également l’exemple de la Suède où «il y a peu de vaccins obligatoires et pourtant les gens respectent les consignes de vaccination.» Et de conclure : «En France, on nous infantilise.»

Marine Le Pen a elle aussi exprimé son désaccord, au motif de la «liberté» des Français. Si un vaccin était prochainement mis sur le marché, «je dirais à nos concitoyens qu’ils sont des citoyens libres», a déclaré la présidente du Rassemblement national sur BFMTV ce dimanche. Avant d’insister : «C’est à eux, dans leur for intérieur, de décider s’ils souhaitent ou pas se vacciner.»

● Ceux qui ne prennent pas position

Enfin, le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, a quant à lui réclamé, dans une lettre adressée à Emmanuel Macron, un «comité de liaison citoyen» permettant «une concertation étendue». «Nous connaissons les réticences de nombre de nos concitoyens face à la vaccination de manière générale (..), une adhésion de la population est essentielle au succès de l’opération», peut-on lire dans ce courrier envoyé mercredi 11 novembre.

Leave a Reply

%d bloggers like this: