Covid-19. Origine de l’épidémie : de plus en plus de soupçons autour du laboratoire de virologie de … – DNA – Dernières Nouvelles d’Alsace

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Les origines de l’épidémie de Covid-19, qui a fait des millions de morts dans le monde depuis maintenant un an et demi, restent encore méconnues. De nombreuses théories circulent au sein de la communauté scientifique et la mission menée par les experts de l’Organisation mondiale de la Santé a permis de lever certains doutes.

Mais certains aimeraient bien en savoir un peu plus. Mercredi, le Joe Biden a ainsi confié aux services de renseignement américains la délicate mission de trouver l’origine de ce coronavirus. Le président américain leur a demandé de “redoubler d’efforts”, déplorant une fois de plus un manque de transparence et de coopération de la part de la Chine sur cette question.

La veille, plusieurs pays avaient déjà demandé à l’OMS de mener une enquête plus approfondie après que, le 29 mars, les experts ont conclu que la transmission à l’homme par un animal intermédiaire est une hypothèse “probable à très probable”, et affirmé qu’un incident de laboratoire reste “extrêmement improbable”. Mais un jour après, le chef de l’OMS Tedros Adhanom Ghebreyesus, qui avait jusque là été accusé de complaisance envers Pékin, avait durci le ton. Il se disait alors prêt à mandater des experts enquêter sur l’hypothèse d’une fuite d’un laboratoire chinois. Hypothèse que la Chine a toujours réfuté.

Mais depuis plusieurs semaines, cette théorie est revenue sur le devant de la scène, plaçant l’Institut de virologie de Wuhan (WIV) au cœur des soupçons. 

Qu’a-t-on appris de nouveau ?

The Wall Street Journal, référence de la presse américaine, a rapporté dimanche avoir eu accès à des informations inédites des renseignements américains. Selon eux, trois scientifiques exerçant à l’Institut de virologie de Wuhan ont présenté dès novembre 2019 des “symptômes compatibles à la fois avec ceux du Covid-19 et une infection saisonnière”. Ils ont par la suite eu besoin d’être hospitalisés. Ce n’est qu’à la fin du mois de décembre, soit un mois plus tard, que la Chine a révélé à l’OMS l’existence d’un foyer de cas de pneumonies non-identifiées à Wuhan. Après les révélations du Wall Street Journal, Pékin a démenti ces informations “totalement fausses” selon les autorités chinoises.

Mi-mai, de nouveaux éléments avaient déjà semé le doute. Il s’agit d’une thèse de doctorat et deux mémoires de master menés entre 2014 et 2019 à l’Institut de virologie de Wuhan. Ces derniers ont été publiés sur Twitter par le compte d’un scientifique anonyme dénommé The Seeker, rapportait Le Monde.

Les documents soulignaient la possession par le laboratoire d’au moins un génome de coronavirus proche du Covid-19, mais que le laboratoire n’avait pas rentré dans sa base de données. Par ailleurs, le laboratoire a affirmé par le passé détenir huit séquences du génome du RaTG13 – un coronavirus très proche du SARS-CoV-2 (Covid-19) prélevé dans une mine désaffectée. Or, celles-ci n’ont toujours pas été publiées. D’après les informations parues sur Twitter, un autre coronavirus aurait été prélevé en même temps. Comme pour les autres, son existence n’a jamais été révélée par le laboratoire de Wuhan.

Animaux ou laboratoire ? Deux théories “viables”

Plus que la création d’un virus en laboratoire, c’est le manque de transparence de la Chine et du laboratoire de virologie de Wuhan quant à la détention de ces souches qui est questionné par la communauté scientifique mondiale.

Quelques heures après cette publication sur Twitter, une vingtaine d’éminents chercheurs américains publiaient un article dans Science, dans lequel ils appelaient à examiner plus sérieusement la piste d’un incident de laboratoire à Wuhan.

Seules 4 des 313 pages du rapport (de l’OMS) et de ses annexes traitaient de la possibilité d’un accident de laboratoire

Auteurs de l’article dans Science

Aux yeux des scientifiques, cette théorie est viable, tout comme celle d’une contamination par un animal. Mais “il ne leur a pas été donné une considération équitable”, notent-ils. “Il est essentiel de savoir comment le Covid-19 est apparu pour éclairer les stratégies mondiales visant à atténuer le risque d’épidémies futures”, expliquent encore ses auteurs. 

La Chine s’en prend aux États-Unis

Aux États-Unis, l’hypothèse d’une fuite de laboratoire avait jusqu’ici surtout été alimentée par l’administration de Donald Trump, sur fond de guerre commerciale avec la Chine. De nombreux experts restent plus prudents.

Beaucoup d’entre nous pensent qu’il est plus probable qu’il s’agisse d’un événement naturel (…) mais nous n’avons pas de réponse à 100% à cette question. Nous sommes convaincus, tous, que nous devrions continuer l’enquête

Anthony Fauci, immunologue et conseiller de la Maison Blanche. 

Quant au régime chinois, il ne se réjouit pas de la reprise d’une enquête sur les origines du virus. “L’équipe d’enquête conjointe de l’OMS a jugé ‘extrêmement improbable’ la théorie d’une fuite de laboratoire. Il s’agit d’une conclusion officielle, formelle et scientifique”, a estimé jeudi un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères. “Cette fois, les États-Unis tentent d’utiliser les services de renseignement pour mener une soi-disant enquête […] mais l’histoire sombre du renseignement américain est connue depuis longtemps par le monde entier”, a-t-il ajouté.

Selon Scott Gottlieb, ancien patron de l’Agence américaine des médicaments (FDA), il est malheureusement possible que l’origine de la pandémie ne soit jamais vraiment connue. “Dans l’hypothèse où (le virus) est effectivement sorti d’un laboratoire chinois – et je ne dis pas que c’est le cas – on ne le saura jamais sans un lanceur d’alerte ou un changement de régime en Chine”, a-t-il jugé.

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