Covid-19 : “On a une suspicion de variant delta sur une cinquantaine de patients” dans les Landes, précise l’A – franceinfo

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Les personnes qui sont atteintes sont plutôt des personnes jeunes, qui n’étaient pas vaccinées, qui ne font pas de forme grave, qui ne sont pas à l’hôpital et donc pour l’instant cela n’a pas d’impact sur le tissu hospitalier, a affirmé sur franceinfo lundi 7 juin Benoît Elleboode, directeur général de l’Agence régionale de santé (ARS) Nouvelle-Aquitaine et médecin en santé publique. Il a apporté des précisions quant aux suspicions de cas de Covid-19 avec le variant delta, identifié pour la première fois en avril en Inde et désormais dominant au Royaume-Uni.

franceinfo : Le variant delta du virus inquiète particulièrement la région Nouvelle-Aquitaine depuis mercredi. Combien de cas ont été répertoriés ?

Benoît Elleboode : On a aujourd’hui deux cas de variants delta qui ont été séquencés, c’est-à-dire bien identifiés comme variant delta. On a une suspicion de variant delta sur une cinquantaine de patients qui n’ont été que “criblés” en termes biologiques et qui attendent un séquençage en début de semaine. En tout état de cause, il y a une forte probabilité pour que ça soit le variant delta. Ces patients sont dans le département des Landes, qui a aujourd’hui un taux d’incidence autour de 100, un peu au-dessus de la moyenne nationale et de la moyenne régionale, qui est autour de 72.

Faut-il s’en inquiéter ?

Il faut s’en inquiéter dans le sens où selon les dernières études, notamment menées en Angleterre, le variant delta aurait un taux de contamination supérieur de 40% au taux de contamination du variant dit britannique. Il faut s’en inquiéter parce que c’est un virus qui se propage plus. À l’heure où je vous parle, on n’a pas encore d’indication sur sa progression. On l’a détecté la semaine dernière, on a fait du rétro-tracing pour essayer d’identifier le plus en amont possible les patients zéros et du tracing pour identifier toutes les personnes qui auraient pu être contaminées de manière à pouvoir les isoler. Je vais m’entretenir ce matin avec la préfète et nous annoncerons un plan d’action spécifique pour contenir l’épidémie. Les personnes qui sont atteintes sont plutôt des personnes jeunes, qui n’étaient pas vaccinées, qui ne font pas de forme grave, qui ne sont pas à l’hôpital et donc pour l’instant cela n’a pas d’impact sur le tissu hospitalier. Et c’est l’impact sur le tissu hospitalier qui nous fait envisager des mesures contraignantes.

Ce variant delta menace les dernières mesures de déconfinement au Royaume-Uni. En France, ne risque-t-on pas une quatrième vague dans quelques semaines voire quelques mois qui aurait pris racine dans votre région ?

C’est là la grande différence avec la Grande-Bretagne. La Grande-Bretagne avait fait un choix de vacciner toute la population sans priorité. Aujourd’hui, une reprise de l’épidémie en Grande-Bretagne peut toucher des personnes âgées, fragiles, et qui peuvent donc faire des formes graves et saturer les hôpitaux. En France, notre stratégie vaccinale a été de vacciner en priorité les personnes fragiles. Ces personnes fragiles sont massivement vaccinées en France, et notamment en région Nouvelle-Aquitaine. Plus de 80% des plus de 65 ans sont vaccinés. Aujourd’hui, cette stratégie vaccinale en France paye et fait qu’on peut supporter un taux d’incidence plus élevé que d’autres pays, parce que nos personnes fragiles sont protégées et donc on protège nos hôpitaux d’une saturation liée à des formes graves.

La question est la question d’équilibre : d’un côté, on a des mesures de déconfinement et des nouveaux variants qui contaminent plus et qui ont tendance à faire augmenter le taux d’incidence. De l’autre côté, on a une vaccination qui protège les personnes fragiles et qui protège les hôpitaux d’une saturation. Si les deux s’équilibrent, il n’y a pas de problème pour continuer les mesures de déconfinement telles que prévues par le gouvernement. Si pour une raison ou une autre il devait y avoir un déséquilibre, là il faudrait revoir les choses.

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