Covid-19 : Lyon, Nice… pour qui le prochain tour de vis ? – Le Parisien

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Il y a des départs de feux plus difficiles à éteindre que d’autres. Si l’épidémie en Mayenne a pu être contrôlée cet été, certains départements restent en rouge vif, au total 53 sont au-dessus des seuils d’alerte, définis avec les scientifiques. Nombre de contagions, taux de tests positifs, entrées en réanimation sont scrutés avec la plus grande attention.

Tableaux et prévisions à l’appui, Olivier Véran, le ministre de la Santé, a donc annoncé ce jeudi de nouvelles restrictions lors de sa conférence de presse, conséquence de l’accélération du virus dans l’Hexagone. « Ce qui nous inquiète, c’est la dynamique épidémique dans certains territoires », a-t-il déclaré. Après Marseille et Bordeaux, où des mesures restrictives ont été prises lundi, qui est concerné?

Lyon et Nice en ligne de mire. Dans la capitale des Gaules, le taux d’incidence, c’est-à-dire le nombre d’habitants positifs au coronavirus est désormais de près de 200 pour 100 000 soit quatre fois supérieur au seuil d’alerte, fixé à 50. Le virus y touche de plus en plus les personnes âgées (plus de deux fois le seuil d’alerte chez les plus de 65 ans). Même inquiétude sur la Côte d’Azur où ce taux à Nice frise les 150 et s’approche de 100 pour les plus vulnérables. Face à ces mauvais chiffres, le préfet des Alpes-Maritimes avait anticipé, en obligeant les bars et restaurants à tirer le rideau plus tôt. Cette fois-ci, il faudra durcir un peu plus le ton. A la demande du gouvernement, les élus et les acteurs locaux du Rhône et des Alpes-Maritimes devront, dès samedi, proposer des mesures spécifiques afin d’enrayer la progression du virus.

Puis Rennes ou Paris ? D’autres villes sont également dans le viseur comme Rennes, Paris, Toulouse ou encore Dijon où le taux d’incidence est trois à quatre fois plus élevé que le seuil d’alerte. « Nous serons extrêmement attentifs à l’évolution de la situation dans ces métropoles », a insisté Olivier Véran. « Ces mesures locales permettent de trouver le juste équilibre entre la réalité sanitaire et la situation économique », acquiesce la médecin Anne-Marie Moulin.

Covid-19 : Lyon, Nice... pour qui le prochain tour de vis ?

Personnes âgées, protégez-vous ! On le savait, le nombre de contaminations était en hausse chez les jeunes, cet été et ce taux atteint désormais 140 pour 100 000 chez les 15-40 ans avec 50 % d’asymptomatiques. Le risque ? Que les enfants n’infectent ensuite leurs parents et grands-parents, plus enclins à faire des formes graves de la maladie. Et c’est ce qui est en train de se passer. Depuis plusieurs semaines, les chiffres montrent que la circulation du Covid s’accélère chez les plus de 65 ans. « Depuis août, l’impact est réel et visible », a dit le ministre de la Santé, notamment en réanimation. Alors Olivier Véran a envoyé un message d’alerte à nos aînés, déjà très respectueux des gestes barrière, les exhortant à redoubler d’efforts et de sacrifices. « Vous êtes les plus fragiles face au Covid […], c’est pourquoi je vous demande de vous protéger encore davantage », a insisté le ministre, les invitant à réduire encore un peu plus leurs contacts chaque jour.

Marseille et la Guadeloupe, toujours sous haute surveillance. Fermeture anticipée des bars, limitation des regroupements, annulation des grands évènements… Ces mesures sont déjà en vigueur mais si la situation sanitaire ne s’améliore pas la semaine prochaine et que le nombre d’admissions en réanimation continue de croître, d’autres décisions « encore plus fortes » pourront être prises, a prévenu Olivier Véran. Parmi les possibilités, la fermeture des bars ou l’interdiction des rassemblements publics. « Des études montrent que dans les bars c’est le moment où l’on tombe le masque, où l’on fait moins attention, note Pierre Tattevin, infectiologue au CHU de Rennes. C’est une bonne stratégie d’adapter les mesures en fonction de la circulation du virus. »

De nouveau un impact en réa. Pourquoi cette menace ? En Paca, 139 lits sont actuellement occupés par des malades du Covid sur les 537 de la région soit un taux de 26 %, quasiment deux fois plus qu’au niveau national. Et si ça continue, fin septembre, ce nombre grimpera à 300 malades. Et dans la deuxième quinzaine d’octobre, les capacités totales seront atteintes. « Si nous ne faisons rien, a mis en garde Olivier Véran, nous risquons de ne plus pouvoir prendre en charge tous les patients qui en ont besoin. »

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