Covid-19 : les TGV, des clusters potentiels ? La polémique en 5 points – Le Parisien

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Alerte rouge avant les grands départs en vacances, avec un risque de clusters dans les TGV ? La polémique tombe au plus mauvais moment pour la SNCF, mobilisée sur l’été 2021. Une vaste opération séduction a été lancée il y a quelques semaines, avec 5 millions de billets à 39 euros maximum, pour attirer à nouveau les Français dans les rames. Pas cher peut-être, mais dangereux ? Le Parisien-Aujourd’hui en France fait le point.

SUD-Rail dégoupille une grenade… puis démine la polémique

À la SNCF, c’est le syndicat SUD-Rail qui a mis le feu aux poudres, en exerçant « un droit d’alerte pour danger grave et imminent ». L’inspection du travail du Rhône, qui s’est saisie du sujet, a pointé « un renouvellement d’air insuffisant » dans lesdits trains. Mais depuis… la centrale semble faire machine arrière.

« On ne veut pas faire du catastrophisme, ni vider les TGV », où « il n’y a pas de clusters, pas plus de risques que dans un RER ou un supermarché », a insisté Erik Meyer, le secrétaire fédéral du syndicat. « Le cœur de notre démarche, c’est la santé des salariés à bord », car « la direction ne prend pas les mesures nécessaires de prévention », a-t-il expliqué. Au final, « la polémique a pris une dimension exagérée », confie un agent syndiqué, selon qui « il s’agissait avant tout d’alerter, en interne, sur le manque de moyens pour les personnels ». SUD-Rail réclame notamment des masques FFP2 pour les contrôleurs.

La SNCF dément tout danger spécifique

« L’urgence est de rassurer et d’éteindre cette fausse polémique, insiste un représentant de la compagnie ferroviaire, joint ce samedi par téléphone. Toutes les études disent bien que les transports ne sont pas des lieux où il y a un risque accru de contamination. Hélas, ces sujets créent rapidement des biais de perception pour nos usagers… » La SNCF assure par ailleurs que « l’apport d’air extérieur dans un TGV est permanent et géré par un système de ventilation dédié ». Précisément, ce système renouvelle la totalité de l’air intérieur des rames toutes les neuf minutes environ.

Les experts se veulent rassurants

« Il faut arrêter de se poser trop de questions sinon on ne pourra plus rien faire du tout, tranche l’infectiologue François Bricaire. Sachant qu’on ne peut pas ouvrir les fenêtres dans un TGV pour aérer, il suffit de respecter les gestes barrière et de porter son masque. »

Pour autant, de nouvelles mesures permettraient-elles de rassurer les voyageurs ? Très favorable à l’installation de capteurs de CO2 dans les salles de classe, qui ont permis, selon lui, « de pointer le problème de la qualité de l’air dans les espaces confinés », le professeur de santé environnementale Olivier Blond estime que ces capteurs n’ont pas grand intérêt à l’intérieur des TGV, car on ne peut pas ensuite ouvrir les fenêtres si le capteur montre que « l’air n’est pas assez renouvelé ». Selon ce spécialiste, « l’enjeu pour les trains est d’installer des filtres efficaces dans les gaines d’aération ».

La SNCF se défend en arguant que l’air à l’intérieur des rames est d’ores et déjà de bonne qualité : « Il subit en permanence un traitement qui permet de diminuer le taux de particules virales diffusées par aérosolisation. »

Des voyageurs pas assez masqués ?

Dans son rapport, l’inspection du travail du Rhône pointe « l’absence de traçabilité de la désinfection effectuée à bord » et des voyageurs mauvais élèves qui portent mal ou pas du tout leur masque. La SNCF, de son côté, met en avant que « les gares et les trains ont fait partie des premiers lieux où le port du masque a été rendu obligatoire, depuis le premier déconfinement, le 11 mai 2020 ». Surtout, « les contrôleurs veillent » et les récalcitrants au masque ne seraient pas si nombreux, assure la compagnie, qui rappelle que « le port du masque est respecté par les voyageurs à plus de 95 %, ce qui a fait ses preuves ».

Circulez, y a rien à voir !

Le ministre délégué aux Transports, Jean-Baptiste Djebbari, s’est lui aussi investi pour éteindre l’incendie naissant : « Les chiffres que nous avons sur maintenant plus d’un an et demi montrent que les transports en commun ne sont pas des lieux de propagation prioritaires. » C’est vrai, l’aérien fait encore mieux que le ferroviaire, puisque les avions, contrairement aux TGV, sont équipés de filtres à haute performance. « Mais ces dispositifs ne sont pas liés au Covid, simplement aux contraintes de la pressurisation de la cabine », glisse… un cadre de la SNCF.

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