Covid-19 : le variant “risque d’empêcher” une baisse du nombre de contaminations en France, estime un infectio – franceinfo

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Une première contamination au variant du coronavirus en France a été confirmée par les autorités sanitaires françaises. Ce premier cas a été détecté à Tours, a indiqué vendredi 25 décembre la Direction générale de la Santé. Il s’agit d’un homme de nationalité française résidant en Angleterre. Arrivé de Londres le 19 décembre, il a été détecté positif le 21 décembre. Asymptomatique, il est isolé à son domicile.

“Les estimations montrent que l’augmentation de l’accrochage par la protéine spicule du virus aux cellules permet probablement au virus d’être plus contagieux” a expliqué sur franceinfo Dr Benjamin Davido, infectiologue à l’hôpital Raymond-Poincaré de Garches. L’arrivée de ce variant “risque d’empêcher d’avoir un nombre de contaminations qui va descendre”.

franceinfo : Est-ce qu’il va y avoir d’autres cas de contamination à ce variant ?

Benjamin Davido : C’est une certitude. On est dans le scénario qui ressemble fortement à février dernier où on avait une sorte de frontière morale avec des dépistages des gens qui revenaient de zones spécifiques, d’Asie, puis d’Italie, et on a vu que cet affichage dans le temps ne permettait pas de contrôler la circulation du virus. C’est une maladie qui est souvent silencieuse, asymptomatique et donc on ne va pas réussir à traquer un virus asymptomatique dont le code génétique est différent.

Faut-il s’inquiéter de cette mutation ?

Le mot inquiété n’est peut-être pas le mot juste, mais il est sûr que cela risque de créer de nouveau une tension hospitalière ou du moins d’empêcher d’avoir un nombre de contaminations qui va descendre. Les estimations montrent que l’augmentation de l’accrochage par la protéine spicule du virus aux cellules permet probablement au virus d’être plus contagieux et cela veut dire que le R0 (taux de reproduction du virus) peut monter jusqu’à 0,4 point supplémentaire. C’est cette fameuse valeur qui doit rester en-dessous de 1 pour contrôler la circulation du virus et en France on est autour de 0,96. On voit bien que si ce variant commençait à devenir prépondérant, nous serions très embêtés pour avoir un contrôle durable du virus. En Angleterre, ils réfléchissent à accélérer la campagne de propagation du vaccin pour prendre le pas sur le virus.

Cette mutation pourrait-elle accélérer le calendrier vaccinal en France ?

Je le pense. Cela peut permettre d’avoir une prise de conscience individuelle du fait que notre susceptibilité à ce virus est grande et que nos marges de manœuvre sont relativement faibles. Il a toujours un coup d’avance. On a parlé du fait que les conditions météorologiques hivernales pouvaient augmenter sa propagation. Aujourd’hui, on s’aperçoit qu’une mutation mineure qui n’aura pas d’impact sur le vaccin peut accélérer sa transmission et expliquer pourquoi on n’a pas réussi à obtenir moins de 5 000 contaminations début décembre. Est-ce qu’on veut que le virus prenne le pas avec un risque des augmentations des hospitalisations et des décès et peut-être un reconfinement ou est-ce qu’on veut accélérer le calendrier vaccinal pour que cet été on puisse espérer venir à bout de ce virus ?

Les premières vaccinations débutent dès dimanche en France. Craignez-vous que le vaccin ne soit pas efficace avec cette mutation ?

Je n’ai pas particulièrement d’inquiétude. Mais si on a un ou plusieurs vaccins et qu’on ne se vaccine pas en France on n’obtiendra pas cette immunité collective. Il faut à peu près six mois si on veut vacciner l’ensemble de la population en France. On voit bien qu’on a un devoir d’exemplarité. Si on veut qu’au bout il y ait un bénéfice de vaccination, il faut qu’on ait un nombre suffisant de Français, mais aussi dans le monde de gens vaccinés pour que cette épidémie s’arrête. On a un véritable match et il faut être présent dès le premier janvier.

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