Covid-19 : le variant britannique pourrait nécessiter un nouveau confinement, prévient Olivier Véran – Le Monde

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Une semaine après l’annonce du couvre-feu avancé à 18 heures sur tout le territoire, le ministre de la santé, Olivier Véran, a prévenu, jeudi 21 janvier, qu’un nouveau confinement « deviendrait probablement une nécessité absolue » si la circulation du variant britannique du coronavirus augmentait « de façon sensible » en France.

Auditionné dans le cadre du projet de loi sur la prolongation de l’état d’urgence sanitaire, Olivier Véran a rappelé que « la propagation du variant d’origine anglaise sur le territoire français peut être un élément déterminant dans les stratégies de lutte contre l’épidémie que nous pourrions déployer dans les prochains jours et les prochaines semaines ». « Quand je parle d’une course contre la montre, je pèse mes mots. (…) C’est un facteur déterminant pour les jours, les semaines et les mois à venir, et je parle aussi en jours », a-t-il insisté.

Le ministre doit faire le point jeudi à 20 heures sur TF1 sur l’évolution de l’épidémie de Covid-19, sur fond de légère hausse des contaminations et des hospitalisations, mais il ne faut pas attendre de « grande annonce », selon une source proche du gouvernement. Il n’y aura « pas d’évolution des restrictions nationales cette semaine », avait assuré mercredi le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal. « Nous donnons sa chance [au couvre-feu], il est possible que cette mesure permette de freiner la circulation du virus encore davantage dans notre pays », avait-il ajouté, alors que certains médecins plaident pour un reconfinement.

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1,4 % des contaminations

En France, le variant britannique représente à ce stade environ 1,4 % du total des contaminations quotidiennes au Covid-19, comme l’a montré une récente enquête menée sur l’ensemble des tests PCR positifs.

Repéré en Angleterre, ce variant plus contagieux inquiète la communauté internationale. Même s’il ne paraît pas intrinsèquement plus dangereux que le coronavirus classique, il risque de poser un problème majeur : davantage de personnes contaminées, c’est davantage de malades qui sont admis à l’hôpital, avec un risque accru que le système soit submergé.

Le Royaume-Uni fait face actuellement à de grosses difficultés dans ses hôpitaux, et a enregistré mercredi 1 820 décès supplémentaires liés au Covid. « Cela va continuer car ce à quoi nous assistons est le résultat du nouveau variant », a averti le premier ministre britannique, Boris Johnson. D’autres variants, dont l’un a été détecté en Afrique du Sud, préoccupent eux aussi la communauté internationale.

Une trentaine de départements en « surbooking »

Dans ce contexte, la vaccination constitue un espoir majeur pour limiter l’impact de la pandémie. Accusé d’aller trop lentement par l’opposition et de nombreuses voix dans le monde médical, le gouvernement a avancé la vaccination des plus de 75 ans en ville au 18 janvier, ce qui a provoqué une mobilisation à la hâte pour monter des centres.

Jeudi, Olivier Véran a déclaré devant la commission des lois du Sénat qu’une trentaine de départements faisaient face à une situation de « surbooking » dans certains centres de vaccination, c’est-à-dire qu’ils « se sont retrouvés avec un peu plus de créneaux qu’ils n’avaient de doses ». « Ce n’est pas parce que vous ouvrirez plus de centres que vous aurez plus de vaccins », a-t-il réaffirmé. Selon lui, il a fallu répartir les doses dans plus de centres. « Et donc cette re-répartition des vaccins qui avaient été provisionnés pour six centres par département dans une multitude de centres, peut entraîner des (…) mécanismes de hoquet. »

Le « problème » a été résolu dans une « quinzaine de départements ». Pour les autres, a poursuivi le ministre, « nous allons demander à ces départements de maintenir les créneaux de vaccination qui ont été ouverts. Au pire, dans les cas critiques – je pense à certains endroits de la région Hauts-de-France –, nous demandons de différer d’une à deux semaines les vaccinations qui avaient été organisées mais de n’annuler personne ».

Mercredi soir, la direction générale de la santé a déclaré que près de 693 000 doses de vaccin avaient été injectées, sur près de 2 millions disponibles.

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Le Monde avec AFP

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