Covid-19 : le confinement aura-t-il le meilleur sur nos réseaux internet ?

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Covid-19 : le confinement aura-t-il le meilleur sur nos réseaux internet ?

Le télétravail, la fermeture des écoles, l’éloignement social et l’isolement s’imposent aujourd’hui comme autant de facteurs qui conduisent à une explosion de la demande de bande passante sur les réseaux de données qui assurent la connectivité, la diffusion de contenu vidéo en continu ou le travail en collaboration. Alors que l’épidémie de Covid-19 est encore loin d’avoir dit son dernier mot et que la France se retrouve confinée de manière totalement inédite, la question se pose de savoir si nos connexions internet pourront surnager et survivre à cette période de surchauffe.

La Toile saura-t-elle faire face à l’augmentation de la demande, alors même que le cours des événements devrait faire exploser la demande pour une évolution à la hausse du plafond individuel de données durant le pic de l’épidémie ? Et si les lumières clignotantes de votre routeur passaient du vert rassurant au rouge furieux ? « Nous entrons dans une phase exceptionnelle qui nous amène à regarder de près les pics (de trafic) auxquels nous nous sommes habitués », prévenait en début de semaine Arthur Dreyfuss, le secrétaire général d’Altice France et président de la Fédération française des télécoms.

Des premiers chiffres commencent aujourd’hui à percer et vont dans le sens d’une telle augmentation de la demande. Pour autant, la société Ookla, qui surveille de près les performances et la qualité des réseaux mondiaux de téléphonie mobile et d’Internet à haut débit, se veut rassurante. Bien qu’elle ait constaté une dégradation des performances, en particulier dans les pays les plus durement touchés comme la Chine, l’Italie, l’Espagne et la France, celle-ci fait savoir que les réseaux tiennent pour le moment le choc.

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Les réseaux français tiennent le coup

« En France, la vitesse moyenne de téléchargement sur le haut débit fixe a été plus rapide au cours des semaines du 2 et du 9 mars que pendant toute autre semaine de cette période. En revanche, les vitesses de téléchargement sur les réseaux mobiles sont restées relativement stables en France, en Allemagne et en Espagne », relève ainsi l’institut de mesure. Selon elle, « la latence n’a également connu que de légères fluctuations sur le haut débit mobile et fixe ». Des conséquences qui semblent donc loin d’être alarmantes pour l’heure.

Situation plus difficile en revanche en Italie du nord, l’une des régions les plus touchées par l’épidémie jusqu’à maintenant. Le quotidien s’avère en effet plus compliqué pour les internautes italiens que nulle part ailleurs dans le monde, alors que ceux-ci font face à une augmentation de la latence ainsi qu’à une diminution des débits descendants et montants.

 

« Hormis quelques variations de performance en Italie en décembre, nous n’avons pas constaté de changement majeur dans les vitesses ou la latence du haut débit mobile ou fixe jusqu’à la semaine du 17 février, lorsque les vitesses de téléchargement mobiles et fixes ont commencé à ralentir en Lombardie et dans l’ensemble de l’Italie », fait ainsi savoir Ooka. Reste désormais à savoir si les réseaux pourront, là-bas comme en France, tenir le choc alors que la période de confinement pourrait durer plus longtemps que prévu.

Call of Duty pointé du doigt

La société Cloudflare a également constaté une augmentation substantielle du trafic, allant jusqu’à 30 % chez nos voisins italiens. « En examinant les types de domaines auxquels les Italiens accèdent, nous constatons des changements dans la façon dont les gens utilisent l’Internet », révèle ainsi la société. Celle-ci pointe du doigt les systèmes de chat en ligne, dont l’utilisation a été multipliée par trois dans le pire des cas, mais également la diffusion de vidéos en continu, qui semble avoir pratiquement doublé. L’accès aux sites d’informations et d’actualités a augmenté de 30 à 60 % et les jeux en ligne de 20 %, relève également la société.

Quoiqu’il en soit, celle-ci se veut optimiste, affirmant qu’aucun « de ces changements de trafic ne suscite d’inquiétude. Nous n’avons pas vu, et ne prévoyons pas, d’impact sur la performance, la fiabilité ou la sécurité de notre réseau au niveau mondial », résume-t-elle, sans charger uniquement l’épidémie actuelle pour l’augmentation du trafic constatée ces derniers jours.

Hasard du calendrier, c’est également cette semaine qu’a été commercialisé le jeu vidéo Call of Duty : Warzone et ses énormes fichiers d’installation de 18 à 23 Go. Le lancement de ce blockbuster vidéoludique a provoqué une forte congestion des réseaux de niveau 1, même si ces derniers ont tenu le coup, comme l’assure Cloudflare, qui reconnaît tout de même avoir observé quelques pannes. Si le réseau mobile britannique a bien subi un choc en début de semaine, ce problème a été imputé à des « problèmes d’interconnexion » entre les opérateurs et non à la hausse de la demande de connexion.

La vidéoconférence a également explosé cette année. La plateforme Zoom a ainsi connu une augmentation massive du nombre de réunions. Malgré cela, le service a affiché des niveaux de fiabilité élevés. En fin de compte, la Toile semble être assez robuste pour tenir le coup dans cette période de crise sanitaire et de confinement. C’est du moins ce que confirme l’Internet Society, pour qui « les fournisseurs d’infrastructures internet de base devraient être en mesure d’absorber facilement l’augmentation du trafic et de la demande ». Reste désormais à espérer que cela soit bien le cas.

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