Covid-19: la situation sanitaire était-elle meilleure lors des précédents déconfinements? – BFMTV

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Emmanuel Macron maintient toujours son calendrier de réouverture avec notamment les terrasses autour de la mi-mai. Pourtant la situation épidémiologique, loin d’être sous contrôle, est moins favorable que lors de la sortie des deux premiers confinements.

Pas de date et pas d’objectifs sanitaires précis. L’exécutif demeure flou à moins d’une semaine de la première étape du déconfinement: la levée des restrictions de déplacements lundi 3 mai, avec la fin de la limite des 10km. Si Emmanuel Macron a en outre esquissé un calendrier pour les mois de mai et de juin prochain, le président a néanmoins prévenu que la réouverture du pays “dépendra des résultats que l’on a obtenu”.

“On va sans doute fixer un seuil d’incidence”, a expliqué le chef de l’État lundi en déplacement dans une école à Melun, évoquant un déconfinement territorialisé avec par exemple une réouverture totale des restaurants uniquement dans les départements où l’épidémie circule le moins.

La réouverture sous réserve donc d’un meilleur contexte sanitaire pour le pays – ou en tout cas pour les départements concernés. Là est la condition que s’est fixé le gouvernement pour déconfiner, mais les seuils ne sont pas les mêmes qu’au début de l’épidémie.

• Première vague de l’épidémie (mars-mai 2020)

La situation lors du confinement. Le 17 mars 2020, Emmanuel Macron annonce un confinement du pays tout en prenant soin de ne pas employer ce terme et ce, alors que la France se retrouve impuissante face à a progression du coronavirus sur le territoire national. 2972 personnes sont à cette période prises en charge à l’hôpital et 771 sont admises en réanimation. Des chiffres qui vont exploser en l’espace d’une dizaine de jours.

La situation lors du déconfinement. Le 13 avril 2020, près d’un mois après le début du confinement le plus strict mis en place en France à jour, Emmanuel Macron annonce que le déconfinement commencera à compter du 11 mai 2020. Le pic de la première vague est passé mais la situation hospitalière est toujours tendue: 31.952 personnes sont toujours hospitalisées et 6.690 se trouvent admis en réanimation.

Un mois plus tard, lorsque le pays se déconfine effectivement, 2666 patients sont encore en soins intensifs, selon Santé Publique France, sur un total de 22.219 personnes hospitalisées pour une infection à Covid-19. On recense en moyenne 148 décès quotidiens.

Si d’autres indicateurs sont aujourd’hui scrupuleusement scrutés par les autorités sanitaires, ces derniers ne reflétaient alors pas la situation épidémiologique du pays. C’est le cas notamment du nombre de contaminations: 215 cas avaient été rapportés positifs le 11 mai 2020. Une donnée non représentative en raison de la très faible capacité de dépistage au début de la crise sanitaire.

• Deuxième vague de l’épidémie (octobre-décembre 2021)

La situation lors du confinement. Six mois plus tard, les choses ont changé. Le port du masque devient la norme tant à l’intérieur qu’à l’extérieur, les tests se multiplient et les hôpitaux savent davantage comment prendre en charge les malades du Covid.

Le 28 octobre 2020, lorsque le chef de l’État annonce un nouveau reconfinement du pays, alors en proie à une deuxième vague, le nombre de contaminations est particulièrement élevé: en moyenne, 47.959 contaminations quotidiennes sont recensées cette semaine-là, et près de 200 décès quotidiens à l’hôpital. Le taux d’incidence national relevé à cette même date s’élève quand à lui à 502 cas pour 100.000 habitants.

La situation lors du déconfinement. Le jour de la prise de parole d’Emmanuel Macron, 20.184 personnes sont prises en charge à l’hôpital, dont 3036 patients admis en service de réanimation – nettement plus que lors de l’annonce du premier confinement. Le pic en réa de cette deuxième vague est atteint le 16 novembre avec 4903 personnes.

Le 24 novembre 2020, Emmanuel Macron annonce un déconfinement pour la date du 28 novembre. Lorsque le pays tout entier se déconfine, “seulement” 10.534 cas sont recensés en moyenne sur les sept derniers jours selon l’outil CovidTracker. L’incidence nationale s’élève quant à elle à 115 cas pour 100.000 habitants.

Lors de ce deuxième confinement, 28.139 patients sont pris en charge à l’hôpital, dont 3765 toujours admis en réanimation, et 358 décès hospitaliers sont recensés en moyenne chaque jour: le pays s’ouvre donc à nouveau mais cette fois avec une situation sanitaire plus grave que lors du premier déconfinement.

• Troisième vague de l’épidémie (mars 2021 – )

La situation lors du confinement. Après des semaines de couvre-feu et de mesures de freinage territorialisés, Emmanuel Macron annonce une généralisation des restrictions à tout le territoire métropolitain. Une allocution télévisée se tient alors le 31 mars 2021: deux jours plus tôt, un pic de contaminations a été atteint, avec 39.653 cas confirmés en moyenne sur sept jours. L’incidence nationale s’élève alors à 411.

Enfin, lorsque le chef de l’État s’exprime devant les Français, 28.463 hospitalisations sont recensées, parmi lesquelles 5053 personnes en réanimation, et on dénombre en moyenne 266 décès quotidiens à l’hôpital – nettement plus que lors des premier et deuxième confinement.

La situation lors du déconfinement. Près d’un mois plus tard, au moment où Emmanuel Macron esquise son calendrier de déconfinement, le nombre de cas confirmés a baissé, à 29.341 contaminations quotidiennes en moyenne selon les dernières données disponibles. Mais avec une indicence très variable selon les régions, laissant entrevoir une possible réouverture progressive mais territorialisée des établissements recevant du public.

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Cependant, deux données particulièrement suivies par les autorités n’ont pas diminué: à l’approche de ce troisième déconfinement, les hospitalisations semblent connaître un plateau avec 30.596 patients pris en charge en date du 26 avril 2021 tandis que la barre symbolique des 6000 patients en réanimation vient d’être franchie (6001). Autour de 300 décès quotidiens sont toujours recensés à l’hôpital. La France s’achemine donc vers un allègement progressif des restrictions avec une épidémie à des niveaux plus elévés que lors des première et deuxième vagues sur la plupart des indicateurs.

Hugues Garnier Journaliste BFMTV

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