Covid-19 : la mise en place du nouveau “protocole renforcé” risque d’être un casse-tête dans les lycées – franceinfo

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Pour faire face à une troisième vague de l’épidémie de Covid-19, le gouvernement a notamment annoncé un “protocole renforcé” dans les établissement scolaires. La nouvelle règle implique une fermeture des classes dès la découverte d’un seul cas. Une mesure effective à partir du lundi 29 mars. “Cela va nécessairement signifier plus de fermetures de classes dans les prochains jours”, a reconnu Jean-Michel Banquer, le ministre de l’Éducation nationale, lors d’une conférence de presse vendredi 26 mars.

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Concrètement, si un élève est positif, il est placé au moins dix jours à l’isolement, et sa classe ferme pour sept jours. Sous réserve, que d’autres cas ne se déclarent pas dans ce laps de temps. Sinon, on reprend tout à zéro. Attention, il s’agit d’un élève positif car si c’est l’enseignant qui est malade, sa classe ne ferme pas, il est “censé” être remplacé. 

L’application de cette règle sur le terrain est forcément un peu plus complexe. Il s’agit même d’un vrai casse-tête, particulièrement au lycée. Depuis la réforme du lycée, les élèves de première et de terminale ne sont pas affectés à une seule classe, mais à plusieurs groupes en fonction de leur choix de spécialités. Alors, quand un élève est positif et qu’il faut déterminer qui renvoyer chez soi parmi ses camarades – ou “mettre en éviction”, selon le jargon de l’Éducation nationale – cela prend de très grosses proportions. “Dans mon établissement scolaire, une élève de terminale a été testée positive samedi, raconte Marianne Dodinet, proviseur à Paris et membre du syndicat Indépendance et direction. On ‘met en éviction’ sa classe. Cette jeune fille suit deux enseignements de spécialité, on met également en ‘éviction’ tous les élèves qui sont dans ces groupes et qui n’appartiennent pas à sa classe. Donc, pour une seule élève positive, on se retrouve avec 75 élèves en ‘éviction’. Un tiers des effectifs de la terminale.”

Enfin, l’autre angle mort de ce nouveau protocole est que les établissements dépendent majoritairement des familles pour connaître les cas positifs. Si les parents ne le déclarent pas ou ne font pas tester leur enfant, impossible d’aller plus loin. Donc, il y aura clairement des trous dans la raquette. Des cas potentiels à l’école sans que l’établissement n’en soit informé. C’est par exemple ce que nous explique un directeur d’école dans l’Ouest parisien. Il raconte que les cas se multiplient dans son quartier, autour de son établissement, mais pas dans son école, curieusement.

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