Covid-19: Jean Castex face aux critiques de l’opposition – Le Figaro

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Les responsables parlementaires ont interrogé le premier ministre sur la vaccination, le troisième confinement et les régionales.

C’est l’un des piliers de la «méthode Castex»: la concertation. Le premier ministre a donc convoqué lundi matin une nouvelle réunion avec le «comité de liaison», composé des responsables parlementaires, pour échanger sur la crise sanitaire. L’occasion pour nombre de représentants de l’opposition de se faire entendre, dans un contexte de fronde des élus locaux contre la lenteur de la campagne de vaccination et contre certaines décisions comme le couvre-feu avancé.

Lundi, Emmanuel Macron présidait une nouvelle réunion sur la vaccination pour «voir toute la chaîne et continuer la mise sous tension», a indiqué l’Élysée. Un Conseil de défense sanitaire est prévu mercredi matin, et Jean Castex pourrait s’exprimer jeudi. Ses réponses apportées lundi matin ont été jugées, une fois de plus, insuffisantes par les oppositions. Trop de sujets sont restés «en suspens», regrette Damien Abad, chef de file du groupe Les Républicains à l’Assemblée, qui a voulu assumer le «coup de gueule» de la droite ayant permis, selon lui, de pousser le gouvernement à changer de braquet et à accélérer sur la vaccination. Le parlementaire a interrogé le gouvernement sur le nombre de congélateurs (commandés et prêts à fonctionner), le retard pris dans l’organisation des centres de vaccination, la possibilité de se faire vacciner sans rendez-vous, le variant anglais du virus. L’élu aurait aimé connaître les objectifs chiffrés des vaccinations et l’état des connaissances sur leur capacité à empêcher la transmission, mais il est resté sur sa faim.

Hervé Marseille, président du groupe Union centriste au Sénat, salue pour sa part un échange «constructif et apaisé». Au moment de conclure, Gérard Larcher a d’ailleurs souligné le fait qu’en «démocratie», il était normal d’avoir des «échanges», voire des confrontations. En prenant l’exemple de l’Allemagne, le gouvernement a rappelé qu’une politique sanitaire était définie par l’État, tout en s’appuyant sur les collectivités. Manière à peine voilée de repousser la proposition des régions qui s’étaient dites prêtes à acheter des doses directement auprès des laboratoires.

Quand le gouvernement a annoncé la mise en place de six centres de vaccination par département, certains à droite ont vu là aussi une manière polie de refuser la main tendue des collectivités. Bruno Retailleau, a de nouveau réclamé la «transparence» hebdomadaire du calendrier des vaccinations concernant les Ehpad et des chiffres quotidiens par publics traités à intégrer dans l’application TousAntiCovid. «Jean Castex juge l’idée bonne mais je ne sais pas quelle suite lui sera donnée», confie le président du groupe LR au Sénat. Ce dernier préconise une différenciation territoriale dans la mise en place des centres de vaccination.

Pour la droite, la seule information réellement nouvelle aura été l’accélération du calendrier concernant l’état d’urgence, qui sera examiné mercredi en Conseil des ministres pour être présenté à l’Assemblée et au Sénat le 25 janvier. Et compte tenu des incertitudes qui planent sur la circulation du virus, Jean Castex n’a pas exclu de devoir imposer un troisième confinement du pays. «Soyons clairs, c’est un outil envisagé», rapporte Patrick Kanner, chef de file des sénateurs socialistes, qui a interrogé le premier ministre sur cette option.

Le gouvernement navigue à vue.

Fabien Roussel, député PCF

Les élections régionales, fixées en théorie au mois de juin, ont aussi été évoquées. «On voit bien que le gouvernement n’envisage pas d’amélioration avant la fin du premier semestre et dans ces conditions, faire campagne semble bien compliqué…», décrypte Patrick Kanner. «Si on ne peut pas faire campagne, comment voulez vous maintenir des élections», abonde le député communiste Fabien Roussel.

Pour le secrétaire national du PCF, «le gouvernement navigue à vue». «Le gouvernement va ouvrir des centres mais les doses de vaccin ne seront pas là», proteste-t-il, soulignant que les parlementaires communistes ont mis en valeur durant le rendez-vous, «les sévères manquements logistiques». Bref, habitué des «emmerdements», Jean Castex en a encore pris un seau complet sur la tête. «Il a eu le sentiment que ça s’est bien passé, il a fait passer les messages sur la situation sanitaire», affirme pourtant son entourage. Mardi, le chef du gouvernement participera à la rentrée des députés La République en marche.

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