Covid-19 : il était « extrêmement difficile d’anticiper » la deuxième vague, assure Jean Castex devant les députés – Le Monde

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Le premier ministre Jean Castex lors de la séance des questions au gouvernement,  à l’Assemblée nationale, le 17 novembre.

En guise de conclusion, un long plaidoyer pro domo. Pendant plus de trois heures, mardi soir 17 novembre, à l’Assemblée nationale, le premier ministre Jean Castex – dernier responsable à être auditionné par la commission d’enquête chargée de faire la lumière sur la gestion de la crise – a défendu devant les députés la politique sanitaire du gouvernement.

Brandissant graphiques et courbes en appui de sa démonstration, le chef du gouvernement a notamment dû expliquer pourquoi l’exécutif avait semblé si surpris par l’arrivée de la deuxième vague cet automne, alors qu’il avait eu plus de quatre mois pour s’y préparer, depuis le déconfinement du 11 mai.

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Plus ou moins sous contrôle à la rentrée, grâce à des mesures de freinage ciblées par régions, l’épidémie s’est « brutalement » accélérée en octobre, « pour des raisons que les scientifiques eux-mêmes n’expliquent pas bien », a-t-il avancé. Une accélération pandémique qui a pris tout le monde « de revers » et qu’il était « extrêmement difficile d’anticiper », a ajouté Jean Castex, en arguant qu’aucun autre pays européen n’avait fait mieux.

Le premier ministre a toutefois noté que la possibilité d’une deuxième vague « était connue de tout le monde et le risque d’un reconfinement prévu ». Cette éventualité faisait partie du rapport qu’il avait remis à son prédécesseur Edouard Philippe au printemps, au terme de sa « mission déconfinement » à Matignon. Jean Castex avait alors préconisé une série de dispositions afin de préparer le système hospitalier à l’éventualité de cette deuxième vague.

Ne pas « baisser la garde »

Face à des députés un peu las, le premier ministre est revenu sur les 10 000 lits de réanimation promis par Emmanuel Macron et le ministre de la santé Olivier Véran pour faire face à la seconde vague. Ce chiffre répété à différentes occasions, parfois gonflé à 12 000 voire à 14 000 lits, avait été qualifié d’« illusoire » par de nombreux réanimateurs. « Le problème, ce n’est pas les lits, mais les bras », s’étaient-ils agacés.

Aucun plan détaillé n’a jamais été présenté par le gouvernement pour étayer ce chiffre, mais devant les députés, Jean Castex a tenu à clarifier ce qui serait un malentendu. « Il n’a jamais été question, en un mois, deux ou six, d’augmenter le nombre d’infirmiers spécialisés ou de médecins anesthésistes-réanimateurs. Aucun pays ne l’a fait, c’est impossible », a-t-il admis. « Ce que nous faisons (…) c’est réallouer les ressources pour les affecter à la réanimation », a-t-il précisé, expliquant qu’« il n’y avait pas de baguette magique ». Le chef du gouvernement a appelé les Français à ne pas « baisser la garde », car la situation dans les hôpitaux reste « tendue ». « Il faut à tout prix éviter de mettre les médecins dans ce dilemme éthique consistant à choisir les patients », a-t-il rappelé.

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