Covid-19 : face aux variants, la situation sanitaire en France est en sursis – Le Monde

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Sous la menace des nouveaux variants circulant sur son territoire, la France connaît en quelque sorte une situation sanitaire en sursis. « La pression reste forte mais elle n’augmente pas, a affirmé jeudi 11 février le ministre de la santé, Olivier Véran, lors d’un point sur l’épidémie de Covid-19. Les prochaines semaines nous diront si les mesures actuelles suffisent ou s’il faut se résigner à prendre des mesures de type confinement. Nous ne faisons pas de pari sur l’avenir mais nous constatons que nous avons déjà gagné du temps et nous espérons en gagner suffisamment pour l’éviter. »

Depuis trois semaines, le nombre de nouvelles contaminations reste stable, « aux alentours des 20 000 cas par jour en moyenne », selon M. Véran. Dans cet intervalle, le nombre de nouvelles hospitalisations stagne avec environ 1 500 entrées quotidiennes, de même que le nombre total de patients en réanimation, entre 3 000 et 3 200. Dans son dernier bulletin publié jeudi 11 février et portant sur la semaine du 1er au 7 février, Santé publique France juge que le maintien à un niveau très haut du nombre d’hospitalisations et d’admissions en réanimation est « préoccupant du fait de la tension du système de soins depuis plusieurs semaines ». La circulation du SARS-CoV-2 reste « à un niveau très élevé dans le contexte d’augmentation de la prévalence des variants plus transmissibles », résume l’agence de santé publique. 

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Depuis début décembre 2020, le nombre de nouveaux cas quotidien n’a fait que progresser lentement vers 20 000 cas, « sans jamais redescendre vraiment ni repartir en phase exponentielle, avec un taux de reproduction [le nombre moyen de personnes infectées par un cas] autour de 1, analyse Antoine Flahault, directeur de l’Institute of Global Health (Institut de santé globale) à l’université de Genève (Suisse). Un R = 1, c’est inquiétant quand l’incidence est à un niveau élevé, ce qui est le cas actuellement », avec une moyenne nationale hebdomadaire de 207 nouveaux cas pour 100 000 habitants, selon Santé publique France.

Scruté par les épidémiologistes pour suivre la dynamique de l’épidémie, ce nombre de reproduction autour de 1 peut être interprété comme la résultante de deux composantes : l’une, associée aux anciennes souches du virus, à la baisse ; l’autre, due à la circulation des nouveaux variants, plus transmissibles, à la hausse. Avec les mesures sanitaires décrétées, et notamment le couvre-feu, « la France aurait pu faire baisser ce fameux R mais cette baisse s’est arrêtée net depuis début décembre, conduisant à un plateau. L’une des explications possibles est que ces nouveaux variants demanderaient davantage d’efforts encore pour pouvoir baisser complètement », avance Antoine Flahault.

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