Covid-19 : en Ile-de-France, l’éducation nationale se prépare à une explosion du nombre de classes fermées – Le Monde

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Devant une école maternelle, à Paris, en octobre 2020.

« C’est mécanique », disent les enseignants. Le tour de vis donné au protocole sanitaire, qui impose, depuis lundi 29 mars dans les dix-neuf départements reconfinés, la fermeture d’une classe dès qu’un cas positif au Covid-19 y est détecté, ne peut qu’augmenter le nombre de fermetures. En Ile-de-France, elles ont déjà flambé : 160 classes ont été recensées comme fermées à Paris lors du dernier bilan hebdomadaire, communiqué vendredi 26 mars, 315 dans l’académie de Versailles et 536 dans celle de Créteil.

Pour disposer de nouveaux chiffres, il faudra « sans doute » attendre jusqu’à mercredi et le conseil de défense convoqué par le chef de l’Etat à cette échéance, souffle-t-on dans les rectorats. Mais de Paris à la Seine-Saint-Denis, en passant par le Val-de-Marne, les syndicats d’enseignants ne sont guère optimistes.

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Ils sont d’ailleurs nombreux à avoir déposé une « alerte sociale ». « A ce stade, il y a peu d’écoles, sur les 608 que compte le département, où il n’y a pas de cas Covid », rapporte Clément Peyrottes, porte-parole du SE-UNSA pour le Val-de-Marne. « Sur la journée de lundi, on a déjà 113 classes fermées, sans avoir eu toutes les remontées. Si on ferme une classe pour chaque cas, vous pouvez compter plus de 600 classes fermées d’ici à mercredi. »

Le même raisonnement tient ailleurs en Ile-de-France, en particulier en Seine-Saint-Denis, département durement touché par l’épidémie. Là, des équipes ont déjà exercé leur droit de retrait, constatant que la nouvelle règle « un cas, une fermeture » ne répond pas à pas toutes leurs difficultés. Dans certains établissements, on parle de se mettre en grève – même si les syndicats ne relèvent, à ce stade, pas de « mouvement massif ».

« Les écoles finiront par se vider d’elles-mêmes »

Au lycée Blaise-Cendrars de Sevran, où de nombreux cas de Covid-19 se sont déclarés il y a quinze jours, le « retour d’éviction » d’une partie de la salle des profs, lundi matin, a été rude. « On réclame toujours un dépistage massif et des masques FFP2 », rapporte Clément Bernard, professeur syndiqué au SNES-FSU. Sept classes sont fermées, pour sept cas de SARS-CoV-2 parmi les élèves, rapporte l’enseignant de mathématiques. Une vingtaine de professeurs ont exercé leur droit de retrait. L’inspection d’académie évoque, de son côté, une situation « sous contrôle ».

A Paris, académie-capitale connue pour sa densité scolaire, la mairie recensait, lundi matin, déjà 156 classes fermées. « C’est une gestion au jour le jour, voire heure par heure », assure Patrick Bloche, adjoint à l’éducation de la maire (PS) Anne Hidalgo.

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