Covid-19 : en France, une deuxième vague qui pourrait être plus haute que la première – Le Monde

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L’unité de soins intensifs où sont traités les patients atteints du Covid-19, au centre hospitalier de Melun-Sénart (Seine-et-Marne), le 30 octobre.

Le confinement mis en place vendredi 30 octobre suffira-t-il à reprendre le contrôle de l’épidémie de Covid-19 d’ici à Noël ? C’est peu probable, selon deux documents publiés par le conseil scientifique pendant le week-end. « Il y a (…) devant nous de nombreux mois avec une situation extrêmement difficile », prévient-il dans son dernier avis, publié vendredi soir. « On peut faire une hypothèse d’une sortie de vague en fin d’année ou en début d’année 2021 », précise-t-il, soulignant que plusieurs vagues pourraient se succéder au cours de l’hiver.

Leur analyse repose sur de nouvelles modélisations de l’Institut Pasteur, réalisées à partir des données d’hospitalisation jusqu’au 29 octobre. Elles révèlent que jusqu’à 9 000 malades atteints du Covid-19 pourraient être hospitalisés en réanimation au pic épidémique – contre plus de 7 100 lors de la première vague, le 8 avril.

Dans leur « scénario de référence », les scientifiques estiment que le taux de reproduction du virus – le « R 0 » – pourrait tomber à 0,9 – contre 0,7 lors du premier confinement –, mais ils envisagent aussi un « scénario pessimiste », avec un R 0 à 1,2, à peine inférieur à ce qu’il est aujourd’hui. Le nombre de patients en réanimation pourrait atteindre 6 600 à la mi-novembre et culminer à plus de 8 600 au pic épidémique. « Il y a de grandes incertitudes sur l’efficacité des nouvelles mesures, moins contraignantes », met en garde Simon Cauchemez, modélisateur à l’Institut Pasteur et membre du conseil scientifique.

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Dans le scénario de « référence », autour de 6 000 patients pourraient être hospitalisés en réanimation dès le 12 novembre, et jusqu’à 6 600 dans le scénario « pessimiste », davantage donc que les 6 300 lits disponibles à date. Déclinées par région, ces modélisations font apparaître une situation très critique en Auvergne-Rhône-Alpes avec plus de 1 300 patients contaminés par le SARS-CoV-2 attendus en réanimation pour seulement 795 lits disponibles, et en Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA) avec 685 patients atteints du Covid-19 anticipés pour 610 lits. En Ile-de-France, la quasi-totalité des 1 425 lits pourraient être occupés.

Eviter que les hôpitaux ne soient débordés

Toutes ces projections partent de l’hypothèse d’un impact « instantané » du reconfinement. Mais s’il faut plusieurs jours pour que les comportements se modifient, le nombre d’hospitalisation en réanimation pourrait être encore plus élevé. Et le parcours des patients à l’hôpital peut aussi jouer : la probabilité d’être transféré en réanimation lorsqu’on est hospitalisé et la durée du séjour dans le service ont un impact très important sur le nombre de lits occupés au pic, à la hausse comme à la baisse.

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