Covid-19 : en attendant les annonces d’Emmanuel Macron, le gouvernement prépare les esprits à de « nouvelles mesures indispensables » – Le Monde

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La montée brutale de la deuxième vague de Covid-19 en France va conduire l’exécutif à annoncer, mercredi 28 octobre, un durcissement des mesures sanitaires dans le pays, où les deux tiers des habitants sont déjà soumis à un couvre-feu nocturne.

Le président de la République, Emmanuel Macron, doit s’exprimer à 20 heures à la télévision concernant ces nouvelles restrictions, qui pourraient aller jusqu’à un reconfinement national. Celles-ci devaient être décidées au conseil de défense, le deuxième en deux jours, qui s’est réuni mercredi matin avant le conseil des ministres à 11 heures.

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En attendant les annonces, l’exécutif prépare les esprits. De « nouvelles mesures » sont « indispensables », a affirmé le premier ministre, Jean Castex, aux responsables politiques ainsi qu’aux partenaires sociaux conviés mardi soir à une réunion de concertation.

Même discours du porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, qui a énuméré les mesures « possibles », « à savoir un élargissement du couvre-feu [ou] un confinement qui peut être [soit] territorialisé, [soit] national ». « Il faut s’attendre à des décisions difficiles », a, de son côté, prévenu le ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin.

  • Les pistes pour freiner la progression de l’épidémie

Réunion d'information et de consultation sur la situation sanitaire Covid-19 autour du premier ministre, Jean-Castex, et de son gouvernement au ministère de la santé, avenue de Ségur à Paris, mardi 27 octobre 2020.

La perspective d’un nouveau confinement, pourtant écartée depuis la rentrée par le gouvernement, se dessine alors que le « virus explose partout ». Emmanuel Macron pourrait, en effet, demander à nouveau aux Français de rester chez eux. La décision pourrait s’imposer dès jeudi soir à l’ensemble du territoire national. Un débat suivi d’un vote non contraignant sera organisé au Parlement jeudi, à partir des annonces présidentielles.

Ce confinement d’automne devrait toutefois être allégé par rapport à celui qui avait été décidé en mars. Les écoles, de la maternelle au collège, ne devraient pas fermer leurs portes, assure-t-on au sommet de l’Etat. La situation des lycées et des universités, quant à elle, reste pour l’heure en suspens. Il n’est pas encore décidé, par ailleurs, quels types de commerces et de services publics seront contraints de baisser le rideau pendant cette période, dont la durée reste inconnue.

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« Le sentiment qu’on a, c’est que ça va durer quelques semaines et que le gouvernement essaie de trouver les moyens de préserver les écoles, les services publics » et « de maintenir un semblant de vie économique pour éviter une catastrophe », a résumé François Baroin, président de l’Association des maires de France.

L’hypothèse du reconfinement est considérée comme une nécessité par bon nombre de scientifiques, à l’instar de Jean-François Delfraissy, président du conseil scientifique, de l’infectiologue Gilles Pialoux, ou encore du président de la Fédération hospitalière de France (FHF), Frédéric Valletoux. Il faut « un reconfinement total » pour « faire tenir l’hôpital », a-t-il plaidé mercredi matin sur France Inter, estimant que « le couvre-feu n’a pas donné tous les résultats que l’on pouvait attendre, il faut en tirer très vite les conclusions et prendre des mesures radicales ».

  • Plus de 500 morts et 33 000 nouveaux cas recensés en vingt-quatre heures

La France a recensé 523 décès supplémentaires entre lundi et mardi, soit 266 de plus que la veille. Ces chiffres diffusés mardi soir par les autorités prennent en compte les décès en milieu hospitalier (288 morts) et dans les établissements médico-sociaux, dont les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad), avec plus de 235 décès. Au plus fort de la première vague, en avril, plus de 1 400 morts ont été enregistrés certains jours, en additionnant ceux des hôpitaux et des Ehpad. Plus de 35 500 personnes sont mortes des suites du Covid-19 en France depuis le début de l’épidémie.

Une équipe médicale transporte du matériel destiné à être évacué vers un autre hôpital, à l’aéroport de Bron, près de Lyon, le 27 octobre 2020.

Le pays a également enregistré plus de 33 000 nouvelles contaminations, pour un total de près de 1 200 000 cas depuis le début de l’épidémie. Le nombre de personnes actuellement hospitalisées a, quant à lui, progressé de plus de 1 100, atteignant quelque 18 900. Le nombre de patients en réanimation continue de grimper, augmentant la pression sur les hôpitaux. Ce nombre s’élevait mardi à plus de 2 900 pour un total de 5 800 lits pour les services de réanimation dans toute la France.

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  • L’opposition critique le « manque d’anticipation » du gouvernement

Contrairement aux réactions observées au printemps – où la population avait été confinée pendant cinquante-cinq jours, du 17 mars au 11 mai –, cette fois les oppositions se montrent sévères avec le gouvernement pour son « manque d’anticipation » et la mise en scène d’une concertation qui serait de pure forme. « On a perdu un mois et demi dans des mesures de protection qui auraient pu endiguer l’avancée du virus. Aujourd’hui, il n’y a plus d’autre solution, c’est trop tard. La deuxième vague, c’est l’échec de la stratégie tester, tracer, isoler », a regretté le député Les Républicains (LR) Eric Ciotti sur Public Sénat.

L’ancien président socialiste, François Hollande, a, pour sa part, estimé sur France Info que le déconfinement, dont était chargé Jean Castex, « a été trop rapide » en mai et que « la rentrée de septembre a été sûrement organisée de manière trop optimiste ».

Interrogé sur RTL, Philippe Juvin, chef des urgences de l’hôpital parisien Georges-Pompidou, a estimé mercredi qu’un reconfinement était inévitable, tout en pointant l’impréparation face à cette résurgence. « On comprend qu’on ait été surpris au mois de mars, c’était nouveau, mais franchement, qu’on soit surpris au mois d’octobre, huit mois plus tard, c’est quand même assez inconcevable, » a déploré le médecin, par ailleurs maire LR de La Garenne-Colombes (Hauts-de-Seine).

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  • Un confinement total coûterait 2 à 2,5 points de PIB par mois

Fermeture d’un restaurant avant le début du couvre-feu sur la place du Ralliement à Angers, le 27 octobre 2020.

Un confinement total coûterait 2 à 2,5 points de PIB par mois à l’économie française, a fait savoir mercredi le ministre des comptes publics, Olivier Dussopt. « Lorsque l’activité s’arrête pendant un mois entier, c’est entre 2 et 2,5 points de PIB que nous perdons. C’est plus de 10 milliards d’euros de dépenses d’intervention et c’est au moins 10 milliards d’euros de perte de recettes fiscales », a expliqué le ministre sur Sud Radio. Il a précisé que, depuis le début de la crise, l’Etat avait enregistré 70 milliards d’euros de recettes fiscales en moins.

Si un reconfinement, total ou partiel, était décidé, le gouvernement renforcerait encore le soutien aux entreprises les plus touchées, a assuré M. Dussopt. « Nous préparons les dispositifs qui seront nécessaires pour accompagner l’économie quelles que soient les mesures qui seront prises », a-t-il souligné. Un reconfinement conduirait aussi le gouvernement à aggraver ses prévisions économiques pour 2020 : il table pour l’instant sur une récession de 10 % et un déficit public de plus de 10,2 %.

Lire le décryptage : Pourquoi le plan de relance en France ne sera pas vraiment de 100 milliards d’euros en 2021 et 2022

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Le Monde avec AFP

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