Covid-19 : des vaccins aux effets indésirables fréquents mais apparemment bénins – Le Monde

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Une volontaire se fait inoculer le vaccin Moderna mRNA-1273 contre le Covid-19, à Detroit (Michigan), le 5 août.

Pour les spécialistes, c’est une confirmation. Et elle est rassurante. Comme le vaccin de Pfizer, celui mis au point par la start-up Moderna induit « des réactions locales et systémiques fréquentes mais principalement minimes ou modérées ». En d’autres termes, le produit est sûr, même s’il peut causer quelques désagréments temporaires. L’avis a été rendu public, mardi 15 décembre, par un panel d’investigateurs de la Food and Drug Administration (FDA). Il a servi de base à l’autorisation d’urgence de l’Agence sanitaire américaine, qui a été accordée vendredi 18 décembre. Moderna va donc rejoindre son principal concurrent dans la campagne de vaccination lancée aux Etats-Unis, lundi 14 décembre, alors que le pays déplore plus de 300 000 morts.

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L’examen détaillé des rapports des investigateurs de la FDA concernant les vaccins de Pfizer et de Moderna dévoile des profils d’effets indésirables très similaires. Tous deux, on le sait, s’appuient sur la technologie de l’ARN messager, qui consiste à stimuler le système immunitaire en injectant non pas des virus ou des protéines, mais seulement le mode d’emploi génétique de ces dernières, le fameux ARN, nos cellules se chargeant du reste. Tous deux prévoient deux injections – à trois semaines d’intervalle pour Pfizer, quatre pour Moderna. « Tous deux présentent une réactogénicité forte, plus forte que les vaccins habituels, même si certains vaccins récemment autorisés offraient des profils de même nature », analyse l’infectiologue Odile Launay, coordinatrice du centre de vaccination Cochin-Pasteur.

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Réactogénicité : le mot qualifie la réaction de l’organisme dans les jours qui suivent l’injection. Et les chiffres peuvent surprendre : 86 % des volontaires de l’essai Pfizer et 91 % de ceux de l’essai Moderna ont déclaré avoir éprouvé une douleur locale persistante au point d’injection pendant au moins un jour. Ils sont également respectivement 63 % et 68 % à avoir ressenti une fatigue inhabituelle ; 55 % et 63 % à avoir souffert de maux de tête ; 38 % et 60 % à avoir subi des douleurs musculaires. Frissons, fièvre et douleurs articulaires s’ajoutent à ce tableau des désagréments fréquents. Des résultats d’une ampleur sinon inédite – un récent vaccin conte le zona s’en rapproche –, du moins inhabituelle.

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De ce premier constat, les experts tirent deux enseignements. Le premier est technique. « Moderna injecte 100 microgrammes d’ARN, Pfizer 30, auxquels il faut ajouter l’enrobage lipidique, forcément plus important chez Moderna ; cela peut expliquer une réactogénicité un peu plus importante », indique Bruno Pitard, directeur de recherche au CNRS (Nantes) et spécialiste de ce type de vaccins. Du reste, l’allemand CureVac, qui prépare son propre candidat à ARN, met déjà en avant un dosage à 12 microgrammes. Surtout, les médecins insistent sur le caractère bénin et très temporaire de ces réactions, dues à la mise en action du système immunitaire, voire parfois au stress associé à l’opération.

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