Covid-19 : décès et hausse des hospitalisations chez les enfants, ce que l’on sait – Le Figaro

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FOCUS – Vendredi dernier, un nouveau-né, dont le test Covid-19 post-mortem s’est révélé positif, est décédé, alors que sa mère était également porteuse du virus. Le nombre d’enfants hospitalisés a aussi récemment explosé en Martinique et à Nice.

Une annonce aussi rare que tragique. Dimanche 22 août, l’Agence régionale de santé Occitanie a indiqué au Figaro qu’un nouveau-né, «dont le test Covid-19 post-mortem s’est révélé positif», est décédé au sein d’une maternité de la région, confirmant une information de France 3. D’après l’antenne régionale, le décès a été enregistré le vendredi 20 août «à la naissance». Comme l’enfant, la jeune mère était porteuse du Covid-19, a-t-on précisé.

L’ARS se refuse à apporter des informations supplémentaires, «au regard de la confidentialité des informations du dossier médical individuel, et par respect pour le deuil qui affecte ces jeunes parents et leurs proches». Mais il pourrait s’agir du septième enfant de moins de 10 ans à décéder du Covid-19 en France depuis le début de la crise et les premiers relevés statistiques, en mars 2020, de Santé publique France. Ce nourrisson est-il vraiment mort du Covid-19 ? Comment expliquer la hausse des hospitalisations chez les enfants de moins de 10 ans depuis quelques semaines ? Le Figaro fait le point.

Incertitude sur la cause du décès

Il est extrêmement délicat de savoir si les sept enfants concernés sont bien morts du Covid-19. «On a difficilement l’assurance que ce soit bien ça», tempère Brigitte Virey, présidente du Syndicat national des pédiatres français (SNPF). «Si un enfant meurt alors qu’il est positif au Covid-19 et qu’il n’a aucune comorbidité, on peut se dire que c’est le virus. Mais s’il a des comorbidités, on ne peut pas l’assurer à 100%, même si c’est sûrement un accélérateur», résume la pédiatre auprès du Figaro. Pour connaître précisément les raisons du décès, «il faudrait avoir accès au dossier», ajoute-t-elle. Mais dans le cas du dernier bébé, l’ARS Occitanie ne souhaite pas apporter d’«autres précisions» que celles déjà rendues publiques.

Si la mort de sept enfants de moins de dix ans en France depuis le début de la pandémie est une tragédie, certains pays payent un bien plus lourd tribut. C’est notamment le cas de l’Indonésie, où le virus a fait plus de 1200 victimes chez les enfants, dont la moitié environ chez les moins de un an, selon les données du ministère de la Santé et les experts. «Une question de niveau socio-économique, d’état de santé de base et de prise en charge médicale», selon Brigitte Virey.

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Hausse des hospitalisations infantiles

Le sujet est hautement sensible : jusqu’ici, les enfants semblaient épargnés par les cas graves et même les hospitalisations. Mais en Martinique, les médecins font face à une vague épidémique inédite, puisque 10 enfants sont actuellement hospitalisés, dont un en soins intensifs. Le 21 août, le président du Conseil exécutif de Martinique, Serge Letchimy, a même demandé en urgence des renforts hospitaliers au premier ministre Jean Castex, «alors que de nouvelles formes d’infections au Covid font jour pour les nourrissons et les jeunes mères».

En métropole, la ville de Nice enregistre également depuis le début du mois d’août une hausse des hospitalisations des moins de 10 ans : à la mi-août, l’hôpital pédiatrique de la ville a ainsi accueilli 10 nourrissons de moins de trois mois. En cause : le variant Delta, désormais largement majoritaire sur notre territoire. «Le variant Delta est extrêmement contagieux, il touche beaucoup plus de monde», rappelle Brigitte Virey. «Et quand il touche plus de monde, mathématiquement, il peut y avoir plus d’hospitalisations et de cas graves».

Fort heureusement, «en général, l’évolution est bonne. Mais ce sont tout de même des contraintes importantes pour un nouveau-né», réagissait le Pr Philippe Babe, chef de service adjoint des urgences pédiatriques de l’hôpital Lenval, à Nice, auprès de Nice-Matin , le 12 août dernier. «La plupart ont de la fièvre. Et un bébé de dix jours qui a de la fièvre, il ne bouge plus, il n’est pas bien, donc on est obligé de le garder quatre, cinq, six jours à l’hôpital», ajoutait-il.

Des risques accrus de «prématurité »

Interrogé par la chaîne La Première le 20 août dernier, le Dr Olivier Fléchelles, chef du service de réanimation pédiatrique et néonatale du CHU Martinique, alertait sur le risque d’une «épidémie de prématurité». «Les mamans enceintes font des formes graves du Covid, ça, c’était connu. Par contre, ce qui n’était pas connu, c’est qu’elles fassent des formes tellement graves qu’on soit obligé de faire des césariennes pour les sauver, sortir l’enfant pour avoir une chance de survie», témoignait-il. «Une femme enceinte avec le Covid peut accoucher prématurément», confirme la pédiatre Brigitte Virey, qui rappelle que «chaque fois qu’une maman a une pathologie particulière, il y a un risque d’accouchement prématuré».

Nécessité de la vaccination pour les femmes enceintes

Depuis le 20 juillet, la vaccination pour les femmes enceintes est recommandée en France dès le premier trimestre de grossesse. Les données concernant les bénéfices et les risques de la vaccination pour les femmes enceintes et leur bébé sont à ce jour très rassurantes. «La vaccination protège l’enfant pendant la grossesse, mais aussi à la naissance», explique la pédiatre Brigitte Virey.

«La vaccination de la femme enceinte permet la transmission d’anticorps à l’enfant, qui va être protégé quelques semaines à quelques mois», précisait déjà au Figaro , à la mi-août, le Pr Daniel Floret, pédiatre et vice-président de la Commission technique des vaccinations de la Haute autorité de Santé. Brigitte Virey se veut néanmoins plus modérée : «Nous savons que, si on vaccine une maman contre la coqueluche, elle va protéger son bébé le temps qu’il puisse lui-même se faire vacciner. Mais pour le vaccin anti-Covid, nous n’avons pas ces certitudes».

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