Covid-19 : dans les Bouches-du-Rhône, élus et professionnels ont le sentiment d’être « injustement punis » – Le Monde

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A Marseille, le 26 août 2020.

Les annonces du ministre de la santé, Olivier Véran, font l’effet d’une bombe dans la région de Marseille. Quinze jours après que le premier ministre, Jean Castex, a prôné la concertation avec les collectivités et les acteurs économiques locaux, la décision unilatérale de renforcer les mesures sanitaires et de fermer notamment les bars et les restaurants dès le samedi 26 septembre déclenche une colère unanime des élus de tout bord – parlementaires et cadres LRM exceptés – et des professionnels.

« Décisions politiques que personne ne peut comprendre », pour la maire EELV de Marseille, Michèle Rubirola ; « véritable catastrophe économique », selon la présidente LR de Métropole Aix-Marseille-Provence, Martine Vassal ; « quasi-reconfinement » et « punition collective », aux yeux du président LR de la région, Renaud Muselier. Ou encore « violence inacceptable » pour le premier adjoint PS, Benoît Payan. Ce dernier a réclamé jeudi matin un délai de dix jours avant la mise en œuvre de nouvelles mesures.

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Tous deux s’étonnent, chiffres officiels à l’appui, que ce renforcement des contraintes intervienne alors que le taux d’incidence et le taux de positivité sont en baisse depuis une semaine dans le département. Le week-end dernier, les élus provençaux louaient la nouvelle méthode de dialogue du gouvernement, portée à Marseille par le préfet Christophe Mirmand. Aujourd’hui, ils ressentent un sentiment épidermique de trahison.

« L’Etat ne nous respecte pas et va nous tuer »

Les professionnels n’en pensent pas moins. Au siège départemental de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (UMIH), sur le cours Julien, dans le 6e arrondissement de Marseille, plusieurs dizaines de professionnels se sont réunis spontanément, mercredi 23 septembre. Et l’accablement a rapidement cédé le pas à la tension.

« Le gouvernement ouvre des parapluies qui sont plus grands que des parasols. Nous imposer une fermeture est une solution de facilité pour un ministre qui n’arrive pas à résoudre son problème sanitaire », tempête Bernard Marty, le président de l’UMIH des Bouches-du-Rhône. « Nous représentons 7 500 entreprises dans le département et nous apprenons par BFM que nous devons fermer. L’Etat ne nous respecte pas et va nous tuer, mais nous n’allons pas mourir sans nous battre », prévient déjà le patron des cafetiers du département, qui réfléchit, avec ses adhérents et leurs fournisseurs, à des « actions coup de poing ».

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