Covid-19 : comment le variant anglais met l’Ile-de-France sous pression – Le Parisien

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Il y a dix jours, Benjamin Clouzeau, médecin au service de réanimation médicale du CHU de Bordeaux (Gironde), soufflait enfin. « On en avait fini avec la deuxième vague du Covid. Et puis, la semaine dernière, des patients sont revenus en masse. » Ce dimanche, c’est vers son hôpital qu’ont été transférés par avion sanitaire deux patients âgés de 33 et 70 ans, jusqu’ici hospitalisés à Meaux (Seine-et-Marne).

Le gouvernement prévoit ainsi de procéder la semaine prochaine à une centaine d’évacuations sanitaires de malades du Covid depuis l’Ile-de-France vers d’autres régions. L’opération « chardons » est notamment prévue jeudi 18 et dimanche 21 mars : elle permettra d’évacuer par TGV médicalisé cinquante patients.

« Cela permet de donner un peu d’air à des services de réa surchargés, reconnaît Benjamin Clouzeau. Mais ce n’est qu’une soupape et il faut que cela s’accompagne de mesures politiques plus strictes. » Le mot n’est pas prononcé mais il se devine aisément : confinement.

« Nous tentons d’utiliser toutes les armes à notre disposition pour l’éviter, a indiqué ce dimanche soir, le Premier ministre Jean Castex, sans rien exclure, lors de son intervention sur la plateforme de streaming, Twitch, avec le journaliste Samuel Étienne. Chaque jour qui passe est un jour de gagné ».

« Mais s’il faut confiner, on le fera », avait déjà lâché un peu plus tôt le directeur général de la Santé, Jérôme Salomon, conscient d’être « sur une ligne de crête ». Pour l’heure, l’exécutif s’accroche à sa stratégie régionale, conforté en cela par le dernier avis du conseil scientifique.

Plus de 4000 malades en réanimation

Confrontés à un rajeunissement des patients et à des cas « plus sévères », les soignants craignent eux que le variant britannique, réputé plus contagieux et plus mortel, ne transforme la troisième vague en tsunami dans les services de réanimation.

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Le point sur l’épidémie de Covid-19

Le nombre de contaminés y a, d’ailleurs, encore augmenté ce dimanche. Alors que le seuil des 4 000 malades Covid admis dans ces services spécialisés ou en soins intensifs a été franchi ce vendredi pour la première fois depuis fin novembre, ce chiffre a encore légèrement augmenté en 24 heures, à 4 127 ce samedi, dont 188 nouvelles admissions.

Covid-19 : comment le variant anglais met l’Ile-de-France sous pression

Plus d’un quart de ces patients en réa se trouvent en Ile-de-France. Le Premier ministre a tenu à souligner qu’il avait observé ce week-end « des jeunes en réanimation » lors de sa visite dans un service de soins de Seine-Saint-Denis. « À cause du variant, la crise sanitaire joue les prolongations et on n’est pas encore sorti de l’auberge », admet Jean Castex, qui préfère toutefois voir le verre à moitié plein : le cap des cinq millions de personnes ayant reçu une première dose de vaccin.

Pour éviter d’engorger les urgences, le gouvernement mise toujours sur l’accélération de la vaccination, comptant parvenir à l’objectif dix millions de Français piqués d’ici la mi-avril malgré les retards annoncés notamment par AstraZeneca. « C’est un pari qui n’est pas forcément gagné car la situation actuelle est extrêmement incertaine et il ne faut plus grand-chose pour qu’elle devienne intenable, estime la professeure en maladies infectieuses, Anne-Claude Crémieux. Tout va se jouer au jour le jour mais il faut bien avoir conscience qu’on longe un précipice. »

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