Covid-19: comment la France peut-elle faire pour ne pas gaspiller ses doses de vaccin? – BFMTV

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Les contraintes que soulèvent le vaccin Pfizer/BioNTech et la stratégie vaccinale mise en place par le gouvernement pour l’administrer aux personnes prioritaires font craindre une perte importante de doses.

Un véritable défi logistique. Alors que le gouvernement a annoncé la montée en puissance de la campagne de vaccination contre le Covid-19 en France, plusieurs contraintes viennent freiner cette accélération, certaines venant notamment du vaccin Pfizer/BioNTech. Et un nouveau risque est apparu: celui de gaspiller des doses alors qu’il n’y en a pas assez pour tout le monde à l’heure actuelle.

Face à cette lenteur critiquée, l’exécutif a pris la décision de mettre en place des équipes de vaccination mobiles et d’ouvrir entre 500 et 600 centres d’ici la fin du mois. Autre mesure prise pour atteindre au plus vite l’immunité collective: étendre jusqu’à six semaines le délai entre la première et la deuxième injection du vaccin américain. Objectif: immuniser le plus de personnes au plus vite malgré les recommandations du groupe pharmaceutique.

Problème: le gouvernement promet 2,6 millions de doses livrées en France d’ici fin janvier alors qu’environ 5 millions de Français doivent alors être éligibles à cette étape de la vaccination. Si toutes les personnes concernées ne se vaccineront pas, chaque goutte de flacon devra alors compter pour atteindre les objectifs d’immunité collective que se sont fixés les autorités sanitaires.

Vacciner les soignants pour éviter le gaspillage

D’autant plus que le vaccin Pfizer pose d’importantes difficultés de conservation et d’acheminement. Les doses, devant être placées à très basse température, doivent être utilisées au cours des quelques heures qui suivent son ouverture. Passé ce délai, le vaccin n’est plus efficace et comme pour les aliments il n’est pas possible de le recongeler. Un impératif d’autant plus dur à respecter que les vaccins sont jusqu’ici apportés aux personnes prioritaires.

Les contraintes liées au vaccin Pfizer se font sentir notamment en fin de journée lorsque les centres de vaccination se retrouvent avec des flacons ouverts et des doses disponibles, mais personne à qui les administrer et dans l’impossibilité à cause du temps de conservation de se rendre dans de nouveaux centres avec.

À l’AP-HP on a recours au système D en injectant les doses restantes aux soignants pas encore prioritaires mais qui le souhaitent. Selon Le Parisien, une plateforme a même été créée pour eux afin qu’ils s’inscrivent et se tiennent informés en cas de stock de doses en fin de journée.

Recourir à six doses au lieu de cinq par flacon

Cette problématique autour de l’administration du vaccin Pfizer risque de s’intensifier au fur et à mesure que la campagne vaccinale va avancer, et que le public prioritaire, davantage enclin à se faire vacciner, aura déjà reçu ses injections. De la même manière, l’Agence européenne du médicament a recommandé de passer de cinq à six injections par fiole. Une démarche qui ne suit pas les recommandations du fabricant mais qui augmenterait les capacités de vaccination de 20% et permettrait d’obtenir des centaines de milliers de doses supplémentaires. Reste à savoir qui en voudra et qu’en faire si personne à proximité n’en veut.

Selon un conseiller de Matignon interrogé par Le Figaro, “entre 25 et 30% des doses de vaccin pourraient être perdues” en France en raison des contraintes logistiques.

Face à la crainte de gaspillage, Olivier Véran a annoncé mardi que les Français désireux de se faire vacciner pourront s’inscrire en ligne pour être tenu informés de la disponibilité de doses qui seraient sinon définitivement perdues. S’appuyant sur les recommandations de la Haute Autorité de Santé, le ministère de la Santé a envoyé cette semaines une instruction aux ARS les appelant à ce qu'”aucune dose ne doit être perdue”.

“Cela signifie que les vaccins peuvent être utilisés le cas échéant pour vacciner des personnes ne relevant pas de la population ciblée”, explique le ministère, soulignant toutefois l’exceptionnalité de cette consigne.

Les fonds de flacon aux volontaires, la stratégie d’Israël

La question se posera moins avec l’arrivée du vaccin Moderna, bien plus facile à conserver. Les corps soignants recommandent donc d’administrer ce dernier aux populations les moins à risque, plus hostiles à la vaccination, pour amoindrir d’éventuelles pertes.

En attendant sa large distribution, la France semble suivre le modèle d’un pays pour le vaccin Pfizer: celui d‘Israël qui en quelques semaines seulement a vacciné près d’1,5 millions de ses habitants. Disposant d’une logistique de premier niveau, le pays utilise en fin de journée le surplus du vaccin Pfizer/BioNtech pour les personnes non prioritaires mais volontaires, ces dernières étant prévenues directement via messagerie.

Reste que le pays ne compte que 8,8 millions d’habitants, la très grand majorité habitant en agglomération. Une stratégie payante mais a priori difficile à imiter en France.

Hugues Garnier Journaliste BFMTV

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