Covid-19 : au Parlement, le débat sur la crise sanitaire a tourné court entre le gouvernement et les oppositions – Le Monde

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Le premier ministre, Jean Castex, prend la parole à l’Assemblée nationale sur l’évolution de la situation sanitaire, le 1er avril.

Jean Castex aurait pu croire qu’il s’agissait d’un canular. Jeudi 1er avril, au terme de trois heures de débat à l’Assemblée nationale, les députés situés à gauche et à droite de l’Hémicycle ont tous disparu. Comme une majorité de leurs homologues au Sénat, aucun des élus de l’opposition – à part ceux du Rassemblement national (RN) – n’ont pris part au vote organisé au titre de l’article 50-1 de la Constitution, contrairement à la majorité alignée derrière l’exécutif (348 pour sur 357 votants).

Cette discussion « sur l’évolution de la situation sanitaire et les mesures nécessaires pour y répondre » avait été annoncée la veille par Matignon. Un signe comme souvent annonciateur de décisions sensibles sur le plan sanitaire.

Mercredi, à 20 heures, devant trente millions de Français, le président de la République, Emmanuel Macron, avait officialisé la fermeture des écoles pour quatre semaines et l’extension à l’ensemble du territoire métropolitain « des mesures de freinage renforcées » déjà en vigueur depuis quinze jours, dans dix-neuf départements.

Un ton particulièrement cinglant

Ce troisième confinement qui ne dit pas son nom et la prise de décision au sommet de l’Etat ont replongé les oppositions dans l’exaspération. La plupart ont ainsi eu des mots très durs pour qualifier le débat dans les deux chambres. « Mascarade », « simulacre », « fausse concertation », « déni de démocratie ». Les propos des parlementaires ont été particulièrement cinglants à l’égard de M. Castex venu détailler, jeudi, avec son gouvernement, les annonces du président faites la veille. Presque tous ces élus avaient appris devant leur écran la nouvelle stratégie de l’exécutif pour endiguer la troisième vague de Covid-19.

Cette fois-ci, pas de conférence de presse du jeudi à 18 heures pour le premier ministre, mais un discours d’une demi-heure à la tribune de chaque hémicycle. « Oui, la troisième vague est là et elle nous frappe durement », a admis M. Castex devant les députés, avant de présenter les mesures de freinage. Il a rappelé la généralisation du couvre-feu dès 19 heures, la fermeture des magasins dits « non essentiels », le recours systématique au télétravail, ou encore l’encadrement des sorties et déplacements – au-delà de 10 kilomètres, l’attestation devient obligatoire, les regroupements de plus de six personnes sont interdits.

Lire aussi : Fermeture des écoles, collèges et lycées… Le détail du calendrier et des modalités de télétravail

Blâmant « l’irresponsabilité dont font preuve certains », M. Castex a évoqué l’interdiction de la consommation d’alcool dans l’espace public et le renforcement des contrôles par les forces de l’ordre tout comme la fermeture de « sites propices à des rassemblements en extérieur » comme les quais ou les berges dans certaines métropoles. Autre pan des annonces : la fermeture des écoles et la hausse du nombre de lits – jusqu’à 10 200 – dans les services de réanimation. Un plan pas encore totalement finalisé. Plus tard, dans la journée, une source à Matignon précisera, en effet, que les enfants ne pourraient être gardés par les assistantes maternelles afin d’être « en cohérence avec les crèches ». Une « information » démentie dans la soirée, le gouvernement voulant finalement prendre une décision sur ce point vendredi.

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