Covid-19: à quoi correspond “l’organisation de crise” demandée aux hôpitaux français? – BFMTV

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En vue d’une possible nouvelle vague de contaminations, les établissements sont appelés à anticiper, en particulier en ce qui concerne les lits en réanimation.

La France est-elle prête à surmonter une possible troisième vague de contaminations au Covid-19? Comme l’a appris ce weekend BFMTV, confirmant une information initiale du Journal du Dimanche, les hôpitaux, cliniques et agences régionales de santé (ARS) ont reçu via la direction générale de la Santé (DGS) et de l’offre de soins (DGOS) une circulaire dans laquelle il leur demander de se réorganiser au plus vite.

“La situation épidémique est préoccupante”, apprend-on en préambule de ce document que nous avons pu consulter. En cause, une progression importante du virus et de ses variants dans différentes régions du pays, qui influent fortement sur la “sollicitation de l’offre de soins”.

“Cette évolution fait craindre un niveau de saturation homogène de l’offre de soins pour la prise en charge des patients Covid mais également non Covid sur l’ensemble du territoire”, note le document.

De fait, consigne est passée d’une réorganisation totale, qui doit s’articuler autour de trois axes: une “organisation de crise robuste et résiliente”, une augmentation de la capacité en terme de lits, notamment de réanimation et de soins intensifs, ainsi qu’une optimisation du “parcours de soin des patients Covid et non-Covid”.

“Cette organisation de crise doit être mise en œuvre dans chaque région, quelle que soit le niveau de tension hospitalière, et doit être opérationnelle dès le jeudi 18 février”, précise la note.

Anticiper le manque de lits

Le document note que les transfers de patients entre régions, fréquents lors de la première et deuxième vague, pourraient “s’avérer plus difficilement réalisables (…) dans l’éventualité d’une troisième vague”. Il est donc demandé aux hôpitaux français d’anticiper un potentiel manque de lits en déprogrammant certaines opérations chirurgicales “non-urgentes” de manière “graduée et adaptée”, “en fonction de la situation épidémique et de l’activité médico-chirurgicale”.

“Cela permet de ne pas déprogrammer, le couteau sous la gorge, quand on n’a plus le choix et que tout est impacté”, estime auprès de BFMTV Edouard Obadia, médecin réanimateur à l’hôpital privé Claude Galien de Quincy-Sous-Sénart, en Essonne. “Là, on réfléchit à ce qu’on peut déprogrammer en vérifiant les pathologies qui ne posent pas de problèmes pour être repoussées d’une semaine ou deux dans leur prise en charge.”

Toujours dans ce souci de préserver les lits, le ministère de la Santé rappelle la nécessité de mettre en place une “cellule régionale de recherche et de suivi des lits de réanimation disponibles” en collaboration avec le SAMU de coordination régionale et les services de soins critiques de la région. Par ailleurs, une mobilisation de l’ensemble des acteurs de la région et de l’ensemble des établissements, publics et privés est demandée, tout comme le renfort de la “réserve sanitaire”.

Impliquer la médecine de ville

Afin d’éviter l’engorgement des établissements de santé, plusieurs aménagements sont également demandés par les autorités sanitaires. Ainsi, le ministère de la Santé invite à “mobiliser les professionnels de médecine de ville” afin “d’éviter le recours systématique à l’hospitalisation conventionnelle par la prise en charge des patients infectés par la Covid-19” pour les patients qui peuvent rester à domicile.

L’hospitalisation à domicile est d’ailleurs l’une des options présentées ici afin de désengorger les hôpitaux, ” y compris de très courte durée”, tout comme le recours à la télésanté.

De manière générale, il est donc demandé de “veiller à mobiliser de manière homogène et optimale la totalité des places disponibles sur l’ensemble de la région” et de répartir les patients au sein des lits disponibles dans cette même région. Pour cela, il est de plus demandé de “déployer systématiquement une unité de soins intensifs Covid” dans chaque réanimation accueillant des patients atteints du coronavirus et de “fluidifier les transferts vers les services d’aval.”

Les soignants positifs à l’isolement, pas de “dérogation”

En outre, le document met l’accent sur la protection du personnel des établissements hospitaliers, dans la lignée d’un récent avis du Haut conseil de la Santé publique. Si l’un d’entre eux est positif au Covid-19 “traditionnel” où à son variant anglais, alors un isolement de sept jours leur sera imposé. Une durée qui monte à 10 jours en cas d’infection aux variants brésilien ou sud-africain.

“Cette règle ne doit souffrir d’aucune dérogation”, insiste la note, alors que des professionnels de santé ont parfois été mobilisés même lorsqu’ils étaient positifs.

La diffusion de ce document traduit-elle une inquiétude du côté des autorités, alors qu’un recours à un nouveau confinement ne semble plus à l’ordre du jour? Pour Antoine Vieillard-Baron, chef du service réanimation à l’hôpital Ambroise-Paré, Boulogne-Billancourt, la circulaire illustre une “prise de conscience”.

“Ça traduit la prise de conscience d’un risque qui est bien réel, (la possibilité) que survienne ce qui est arrivé aux Anglais en décembre dernier. Je pense qu’il y a une vraie prise de conscience, qu’on est à un moment où ça peut survenir, et être certains qu’on a tout préparé pour y faire face”, réagit-il auprès de BFMTV.

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