Covid-19: à J-3 d’une nouvelle levée des restrictions, que disent les indicateurs sanitaires? – BFMTV

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La situation épidémique s’est beaucoup améliorée ces dernières semaines, mais des inquiétudes persistent. Les autorités sanitaires ont ainsi peur d’un relâchement des Français, mais aussi de l’émergence du variant indien.

Couvre-feu décalé à 23 heures, réouverture des restaurants en intérieur, assouplissement des jauges dans les cafés, cinémas et commerces… Après une première levée des restrictions le 19 mai, une nouvelle étape du déconfinement aura lieu ce mercredi, le 9 juin, comme l’avait annoncé le Premier ministre Jean Castex début mai.

“De façon globale, la situation épidémique continue de s’améliorer fortement dans l’ensemble du pays”, a déclaré le ministre de la Santé Olivier Véran ce dimanche sur notre antenne. Selon lui, “le déconfinement progressif annoncé par le président de la République mis en place à partir du 19 mai – mais aussi en amont la réouverture des collèges, des écoles – n’ont pas cassé cette dynamique vertueuse de réduction de l’épidémie”, il semble donc logique de continuer la levée des restrictions.

Une forte baisse de la tension hospitalière

Depuis fin avril, les chiffres des admissions à l’hôpital comme en soins critiques, ainsi que le nombre de cas positifs au Covid-19, dégringole. “On voit que depuis deux mois ces indicateurs sont en baisse constante, autour de – 20% par semaine”, explique ce dimanche sur BFMTV Elias Orphelin, contributeur de CovidTracker. Il ajoute qu’actuellement, “une personne en moyenne contamine 0,8 personne”, ainsi, “comme il y a moins de nouvelles personnes contaminées, que de personnes qui étaient contaminées, l’épidémie régresse”.

“On a un taux d’incidence qui est en dessous de 100, on atteint les 2500 patients covid en réanimation, et tous les indicateurs sont, à l’échelle macro du pays, au vert”, déclare également Olivier Véran.

Le taux d’incidence pour 100.000 habitants sur les sept derniers jours est de 84,4 au niveau national, selon les dernières données samedi soir. Il est sous la barre des 150 partout en France, même si des pics sont observés par endroits, comme en Seine-Saint-Denis, qui enregistre un taux d’incidence de 122 actuellement. Le gouvernement avait évoqué des “freins d’urgence”, soit la remise rapide de restrictions en place, si dans certains territoires, l’épidémie reprenait. Cela a par exemple été le cas en Guyane, où des restrictions ont de nouveau été imposées. Le taux d’incidence y est de 325 selon les derniers chiffres.

“L’accélération de la décrue de l’épidémie et de la vaccination observée ces dernières semaines nous place dans des conditions favorables pour l’été”, écrivaient les chercheurs de l’Institut Pasteur fin mai, soulignant toutefois que “pour éviter un risque de rebond épidémique cet été, il est préférable que la décrue actuelle des infections et hospitalisations soit maintenue pendant encore quelques semaines et que le rythme actuel de vaccination soit maintenu ou augmenté”.

“Certains, après avoir reçu une injection de vaccin, relâchent leurs efforts”

La deuxième partie de ces projections est particulièrement importante, car si la population française est de plus en plus vaccinée, et que la circulation de l’épidémie décroit en effet, les efforts ne doivent pas être relâchés. “La réouverture ne réussira que si elle peut s’appuyer sur l’implication de chacun. Cela suppose le respect, par tous les Français, pour un temps encore, des mesures barrières et des règles de prudence que chacun a su adopter depuis plus d’un an”, souligne le gouvernement sur son site.

“Les Français se font vacciner en masse, et c’est heureux, mais on constate un réflexe qu’il faut absolument quitter: celui chez certains qui, à peine après avoir reçu une injection de vaccin, relâchent leurs efforts. Dans les services d’urgence et hospitaliers, on a un certain nombre de patients qui ont été primo-vaccinés, qui n’ont donc pas encore une protection complète, mais qui se sont cru trop tôt à l’abri”, rappelle Olivier Véran.

La protection complète conférée par le vaccin arrive en effet deux semaines après l’injection de la seconde dose. Et alors que toute la population n’est pas protégée, il est important de, même vacciné, continuer à observer les gestes barrières pour éviter de contaminer d’autres personnes.

“Nous entrons dans une phase inédite de l’épidémie, avec pour la première fois un contrôle de la circulation du virus grâce aux mesures de restriction, et une couverture vaccinale qui va bientôt nous permettre de prévenir une reprise. Ne gâchons pas cette chance d’en finir et portons les derniers coups au virus pour revenir enfin à notre vie d’avant”, déclarait fin mai dans le JDD l’épidémiologiste Arnaud Fontanet. “Tous les petits efforts” respectant les règles de distanciation sociale “peuvent avoir de grands effets sur la courbe des contaminations”.

“La circulation de variants préoccupants doit inciter à maintenir l’ensemble des mesures de contrôle”

Autre phénomène potentiellement inquiétant pour la circulation future de l’épidémie, l’arrivée du variant delta, anciennement appelé “variant indien”, sur le territoire français. “Dans le contexte de levée de mesures de restrictions sanitaires, la circulation de variants préoccupants doit inciter à maintenir l’ensemble des mesures de contrôle”, écrit Santé Publique France dans son point du 3 juin 2021.

Plus d’une centaine de cas ont été confirmés par séquençage en France, avec une prédominance dans la région Nouvelle-Aquitaine, où 31 cas ont été avérés dans les Landes, alors qu’une vingtaine d’autres sont soupçonnés. “Semaines après semaines, nous n’enregistrons pas de diffusion communautaire de ce variant, c’est à dire qu’il n’y a pas d’extension de l’épidémie”, explique Olivier Véran. “En revanche il y a des clusters, notamment un cluster dans les Landes avec des transmissions intrafamiliales”.

“Jusqu’ici on a réussi à contenir ces clusters avec ces variants plus inquiétants”, déclarait samedi soir sur BFMTV Benoît Elleboode, directeur général de l’ARS Nouvelle-Aquitaine. “Ils sont inquiétants parce qu’ils contaminent plus mais pour l’instant on n’a aucun indicateur qui nous montre que ce serait résistant au vaccin, et tous les gens atteints ne font pas de forme grave.”

Pour éviter toutefois que ces variants inquiétants ne se dispersent davantage, des campagnes de dépistages massifs, avec criblage, sont organisées dans les zones où les mutations du coronavirus sont repérées, et les campagnes de vaccination y sont également accélérées.

“Tant que ça tient à l’hôpital, ça tient”

Ces deux phénomènes maîtrisés, la situation devrait a priori continuer de s’améliorer en France. Et même si par endroits le taux d’incidence augmente ou stagne, comme c’est le cas en Nouvelle-Aquitaine, cela n’aura pas forcément de retombées concernant les restrictions, selon le directeur de l’ARS.

“Aujourd’hui en Gironde, on a beau avoir un taux d’incidence à 80, il est plutôt de 110 chez les jeunes, et de 25 chez les plus de 65 ans. Donc on ne risque plus la saturation des hôpitaux”, souligne-t-il, “et c’est cela l’indicateur important, puisque c’était cet indicateur qui avait conduit à prendre des mesures un peu plus contraignantes (…) Avec la progression importante de la vaccination, les hôpitaux sont préservés” et “tant que ça tient à l’hôpital, ça tient”.

Il rappelle toutefois que l’évolution de cette pandémie mondiale a plus d’une fois surpris, et qu’il faut rester prudent sur les prévisions à long terme. La surveillance se fait “au jour le jour, semaine par semaine, et comme toujours on s’adaptera si on voit qu’il y a des indicateurs qui inquiètent”. Le gouvernement avait expliqué dès la fin avril qu’il remettrait en place des restrictions par endroits en cas d’augmentation brutale du taux d’incidence ou encore d’une menace de saturation des services de réanimation.

Après le 9 juin, la prochaine étape du déconfinement aura lieu, si l’évolution épidémique reste positive, le 30 juin. Le couvre-feu doit alors être complètement levé, ainsi que les limites de jauges.

Salomé Vincendon

Salomé Vincendon Journaliste BFMTV

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