Covid-19: 6 millions de Français désormais concernés par le couvre-feu renforcé – BFMTV

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Alors que l’épidémie de Covid-19 ne faiblit pas, et alors que l’effet des fêtes de fin d’année n’est pas encore quantifiable, 15 départements voient le couvre-feu être avancé de deux heures à partir de ce samedi soir.

Couvre-feu dès 18 heures pour une partie du pays et toujours 20 heures pour le reste des Français: le premier week-end de l’année commence sous de sombres auspices et toujours des critiques contre les lenteurs de la campagne de vaccination.

Des critiques qui agacent au niveau de l’exécutif, le Premier ministre Jean Castex assurant que le décalage avec les autres pays européens sera rattrapé.

“On sait tous que dans tous les pays”, la campagne de vaccination “c’est une affaire qui va durer six mois”, a-t-il affirmé en petit comité lors de son déplacement au Tchad. “Je sais que dans les mois qui viennent, à l’arrivée, la situation sera totalement équilibrée en terme de vaccination en Europe”.

Les perspectives sont en revanche sombres pour le secteur de la restauration, un poids-lourd du gouvernement ne cachant pas son fort pessimisme quant à une réouverture dès le 20 janvier pour les bars et restaurants. Au sein de l’exécutif, on attend d’avoir en main toutes les données sanitaires au retour des fêtes pour trancher définitivement, mais une reprise de l’activité au 20 semble “très, très peu probable”, souligne cette même source.

Quel impact pour le nouveau couvre-feu?

Ce pessimisme est principalement dû aux craintes d’une nouvelle flambée de l’épidémie et aux chiffres inquiétants dans l’Est qui a poussé le gouvernement à renforcer le couvre-feu dès samedi dans 15 départements (Hautes-Alpes, Alpes-Maritimes, Ardennes, Doubs, Jura, Marne, Haute-Marne, Meurthe-et-Moselle, Meuse, Moselle, Nièvre, Haute-Saône, Saône-et-Loire, Vosges et Territoire de Belfort).

“On a rajouté deux heures de couvre-feu, on aura surement un impact dans le bon sens dans 15 jours-trois semaines, mais probablement très modeste”, a estimé ce samedi sur notre antenne Frédéric Adnet, chef des urgences de l’hôpital Avicennes de Bobigny.

Certains élus du Grand Est réclamaient d’ailleurs des mesures plus restrictives, jusqu’à des reconfinements locaux. Comme le maire PS de Nancy Mathieu Klein: “Le couvre-feu est une mesure qui me semble relativement tardive et peut-être insuffisante mais espérons qu’il produise des effets”, a-t-il insisté samedi sur Franceinfo.

Quelques uns sont toutefois plus hostiles à cette nouvelle mesure. “C’est une contrainte supplémentaire que nous imposons à nos commerçants, à nos entreprises, qui va mettre l’économie un peu plus à plat”, a regretté sur notre antenne le président LR du département des Alpes-Maritimes Charles-Ange Ginesy.

Après deux confinements de plusieurs semaines depuis le printemps, le renforcement des restrictions pourraient ne pas s’arrêter là.

Le spectre d’un troisième confinement

“Si la situation était amenée à se dégrader davantage dans certains territoires, on prendra les décisions qui s’imposent”, a averti vendredi le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal sur TFI, en réponse notamment à une question sur la possibilité de reconfinements.

Les derniers chiffres de Santé Publique France publiés vendredi soir montrent une légère baisse du nombre de patients hospitalisés et en réanimation, comme les quelques jours précédents, mais le nombre de nouveaux cas par jour est toujours important, avec près de 20.000 quotidiens ces deux derniers jours.

“Les premiers mois de l’année seront difficiles”, avec une épidémie qui pèsera “au moins jusqu’au printemps”, avait prévenu le chef de l’Etat jeudi dans ses voeux aux Français.

Emmanuel Macron a toutefois également exprimé son “espoir” pour 2021 avec le vaccin, promettant qu’il ne laisserait pas une “lenteur injustifiée s’installer” alors que les critiques sur ce point ne faiblissent pas.

“Toute la communauté soignante ne comprend pas pourquoi il y a un tel écart avec l’Allemagne: l’Allemagne vaccine 20.000 personnes par jour, nous sommes à 50 personnes vaccinées par jour”, a dénoncé, sur notre plateau, le Pr Mehdi Mejdoubi, du centre hospitalier de Valenciennes. “Il faut lancer les vaccinodromes, c’est la seule solution pour vacciner rapidement”, a-t-il plaidé.

Pour tenter de rassurer, le ministre de la Santé Olivier Véran a annoncé jeudi que les soignants de 50 ans et plus pourraient être vaccinés dès lundi, avançant leur tour de plusieurs semaines. Mais cela n’a pas suffi à calmer les critiques.

“Le plus grand fiasco qu’on aura jamais eu”

“C’est ahurissant (…) Il n’y a rien qui a été organisé”, s’est emporté vendredi soir sur LCI Martin Blachier, médecin de santé publique. “Si jamais on voulait rater la campagne de vaccination on ne s’y serait pas pris autrement”, a-t-il ajouté, dénonçant “le plus grand fiasco qu’on aura jamais eu dans le domaine de la santé”, “fiasco sur le plan logistique et de la communication”.

Les critiques portent notamment sur les procédures mises en place dans les Ehpads, où la vaccination a commencé en premier, avec une visite pré-vaccinale pour déceler d’éventuelles contre-indications et recueillir le consentement de la personne.

Le Conseil scientifique a dit cette semaine craindre un probable rebond “incontrôlé” dans les prochaines semaines, notamment à l’occasion des fêtes de fin d’année.

Jé. M. avec AFP

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