Couvre-feu renforcé : l’exécutif ouvre la voie à une gestion différenciée de l’épidémie – Le Monde

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Il serait illusoire de penser que des régions ou métropoles pourraient à l’avenir s’autoconfiner : le 1er janvier, c’est de Paris que sera annoncée la liste des départements sous couvre-feu renforcé.

Décidément, l’épidémie de Covid-19 aura mis à l’épreuve les relations entre le pouvoir central et les élus locaux. Depuis le début de la pandémie, des maires, dans toute leur diversité, ont successivement imposé le port du masque dès le printemps quand ce n’était pas encore la norme nationale, réclamé la réouverture de leurs plages, puis des petits commerces à l’automne, défiant les règles émises au niveau national.

Aujourd’hui, ils sont une poignée, de droite – Christian Estrosi à Nice, Arnaud Robinet à Reims – ou de gauche – Mathieu Klein à Nancy –, à demander un reconfinement local, au vu de la situation sanitaire dégradée. « Confiner une seule région, quelques départements, quelques grandes villes ? Toutes ces décisions appartiennent au gouvernement, mais qu’il se pose les questions avec nous pour que cette décision puisse être la plus juste possible et la plus efficace », a plaidé, lundi, le président Les Républicains de la région Grand-Est, Jean Rottner.

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Mardi 29 décembre, lors d’un conseil de défense sanitaire, la demande de mesures locales, de « sur-mesure », comme le réclame la socialiste Ségolène Royal, a été au moins partiellement entendue. Le ministre de la santé, Olivier Véran, après avoir appelé ce week-end plusieurs élus, a annoncé sur France 2 écarter « l’idée d’un confinement généralisé ou local. En revanche, nous allons proposer une extension du couvre-feu, de 20 heures à 18 heures, dans les départements où le taux d’incidence serait au-dessus du niveau national ».

Dans le Grand-Est, la Bourgogne-Franche-Comté, l’Auvergne-Rhône-Alpes ou en région PACA, en fonction des indicateurs et à l’issue d’une « concertation » avec les préfets, agences régionales de santé et élus, une vingtaine de départements pourront être soumis à ce couvre-feu renforcé à partir du 2 janvier. Une manière d’ouvrir la porte à une différenciation plus poussée, voire à des reconfinements localisés, si le besoin s’en faisait sentir.

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Matignon ne le nie pas : « Le reconfinement n’est pas envisagé pour début janvier pour les départements les plus à risque, mais si la situation venait à se dégrader dans les prochaines semaines, le gouvernement prendrait ses responsabilités », assume-t-on.

« Responsabiliser les élus locaux »

A défaut de maîtriser le virus, aurait-on enfin atteint un équilibre dans la gestion centralisée de cette interminable crise sanitaire ? Pour Sacha Houlié, député LRM de la Vienne et pilier de l’aile gauche de la majorité, on est, en tout cas, loin du précédent de septembre, lorsque l’exécutif avait annoncé abruptement la fermeture des bars et restaurants à Aix et Marseille et déclenché un tollé. « En septembre, Olivier Véran avait associé les élus en fin de course. Là, ce sont eux qui réclament des mesures. Mais, in fine, c’est à l’Etat de piloter la crise », estime-t-il.

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